‹ Allan Caméron, roman inédit. Par Sir Walter-Scott. Tome premierChapitre 6 sur 58 · IV.—LES CAMÉRONS · texte numérisé non relu

IV.—LES CAMÉRONS

Ils s’en allérent à la brune,

Se glissant le long des buissons :

Ils étaient trois joyeux garçons,

Ne craignant que le clair de lune.

Buuxs,

En parlant ainsi, Evan avait replacé sa toque sur sa tête; son teint était animé; son regard jetait des flammes. Mais tout à coup, en apercevant Mac-Ferlane, qu’il avait oublié dans le premier mouvement de sa colère, il poussa un cri, et ses lèvres devinrent blanches comme la neige. Ce n’etait pourtant pas le moment de perdre la tête. Déjà on entendait les clairons retentir sous les voûtes du château. Prompt comme la pensée, Evan saisit la main du fauconnier, et l’entrainant vers une des portes de la salle : Ce n’est pas ici votre place, lui dit-il : nous sommes assez nombreux pour nous défendre.

Mac-Ferlane essaya en vain de se dégager de la rude étreinte du montagnard; il fut oblige de le suivre. Mais Evan eut à peine ouvert la porte, qu’il fit un pas en arrière ct repoussa avec effroi le fauconnier.

— Malédiction ! dit-il, les portes sont gardées; je me suis laissé surprendre. — Eh bien! nous nous

défendrons, répliqua Mac-Ferlane d’un ton insouciant. L’antre du leopard est toujours ouvert; mais on n’en sort pas, mon cher Evan, aussi aisément qu'on y peut entrer. — Voici les habits rouges! les voici! crièrent à la fois tous les highlanders en brandissant leurs poignards et leurs claymores, et se rangeant autour du Chef.

Mac-Connuill porta les yeux vers une galerie située à l'extrémité de la salle, et vit s’avancer deux officiers de l’armée anglaise. Ils marchaïent sans escorte et n'avaient pas tiré leurs épées hors du fourreau.

— Qu'on laisse entrer ces deux hommes, dit Evan- Dhü, qui avait retrouvé tout son sang-froid.

Les deux officiers, qui n'étaient autres que le capitaine Gédéon et son inséparable lieutenant De Profundis, entrèrent ensemble dans la salle, au milieu des murmures et des menaces des montagnards.

— Qui vous envoie? dit le Chef après avoir imposé silence aux Camérons, et que venez-veus chercher dans cette maison ?— Qui nous envoie? répondit Gédéon avec son emphase accoutumée. C’est le genéral Cromwell, le bras droit du Seigneur.

Le Chef leva les épaules.

— Abrégez, abrégez, dit tout bas De Profundis; ce n’est pas le moment de faire un sermon.— Quant à ce que nous venons faire ici, reprit le capitaine, vous allez le savoir. Vos gens ont enlevé hier un convoi à notre avant-garde. Le général nous a charges de vous demander, à ce sujet, une petite satisfaction. — Et laquelle? — Mon Dieu! c’est peu de chose. — Parlez

donc !— Il s’agit, premièrement, de restituer le convoi. — Accordé. —Secondement, de nous compter, à titre de contribution de guerre, deux cents guinées. C'est un prix fait. Il serait inutile de marchander. — Accordé. — Troisièmement, de nous livrer trois hommes de votre clan pour être passés par les armes.

Aussitôt un cri terrible s’éleva dans la salle. Tous les montagnards portèrent leurs regards sur le Chef, r’attendant qu’un signe de ses yeux pour exterminer les envoyés de Cromwell. Mais Evan se mordit les lèvres, broya dans sa main la poignée de son glaive, et répondit d’une voix sourde : Accordé.— Il n’y à pas moyen de faire fâcher cet homme; il est doux comme un agneau, murmura Gédéon en se penchant à l’oreille de son lieutenant,—Est-ce tout, Messieurs? reprit le Chef avec inquiétude.— Quatrièmement, dit De Profundis, de nous faire servir à l’instant une cruche de wisky, car nous mourons de soif. N’est-il pas vrai, Capitaine ? — Silence! s’écria Mac-Connuill en s'adressant aux highlanders. Vous allez rengainer vos épées, remettre vos poignards dans vos ceintures. M'entendez-vous, Allan? Malheur à celui qui me fera répéter cet ordre! — Ainsi, dit Gédeon, toutes nos conditions sont acceptées? — Toutes, Monsieur. Dans un quart d'heure, vous serez satisfait. espère qu’alors, le but de votre mission étant rempli, vous viderez le château et quitterez ces montagnes? — Avec empressement, répondit De Profundis.— Veuillez, en atlendant, vous retirer dans la chambre voisine. Je vous y ferai porter une cruche ct des verres. Quand les deux officiers furent sortis, Evan dit aux

montagnards : On me demande trois de mes hommes. J'ai promis de les livrer. Mais il est juste que ceux qui ont dirigé l'expédition se découvrent. Où sont-ils ?

Allan s’avanca, suivi de deux highlanders.

—Ils sont devant vous, dit le jeune Caméron; voici Rob et Hamish qui ont fait le coup avec moi.— Vous n'etiez que trois? dit le Chef avec surprise.— Ni plus, ni moins, frère. — Hamish est un robuste garçon, reprit Mac-Connuill, et je suis content de lui. Quant à Rob, 1l a mérité la corde, ces jours derniers, pour avoir volé et vendu le cheval de notre hôte, M. Ramsay. de lui fais grâce. Mais raconte-moi, Allan, comment s’est passée l'affaire. — Hier, dit le jeune Caméron, James Derncleugh, à sonretour de Linlithgow, nous apprit que l’armée anglaise prenait le chemin de nos montagnes. Je n'avais jamais vu en fait d’armée que nos lartans noirs rassemblés dans la prairie et defilant en désordre au son des cornemuses. Il me prit envie de voir de près les habits rouges en attendant que je pusse les saluer l'épée à la main. Je me levai donc la nuit au premier chant du coq. Je réveillai Rob et Hamish, et, après avoir détache le chien de garde qui hurlait dans la cour, nous nous acheminâmes sur la route de Stirling. Bientôt, comme nous suivions à pas de loup le bord du chemin, nous entendimes le cliquetis des armes, le bruit de la marche, et, ce qui m’étouna, le mugissement des troupeaux. Nous nous blottimes derrière un arbre, et la troupe, soulevant des tourbillons de poussière, ne tarda pas à passer devart nous. À mon grand regret, ce n'etait qu’un convoi d'avant-garde. Il emmenait

avec lui plusieurs centaines de bêtes à cornes.— Oh! les belles vaches! dit Hamish.—Les beaux moutons! s’écria Rob, on voit bien qu’ils ont mangé l'herbe de la plaine. — Parbleu! dis-je à mon tour, je suis sùr qu'ils n’ont pas coùté bien cher à ces maudits Anglais, et, si vous m'en croyez, nous pourrons les avoir au même prix. — Passez devant et je vous suis, dit Hamish. Aussitôt je m’elance, je tombe sur l’escorte en poussant notre cri de guerre. Hamish criait de son côle, et l’on a dû l'entendre à trois milles à la ronde. Les guides, qui appartenaient au clan des Campbell, se sont comportés avec nous en amis. Ils se sont assis sur l'herbe et nous ont laissés faire. Pendant que la confusion se répandait parmi les habits rouges, Rob ne perdait pas de temps. Tantôt il beuglait comme un taureau qui appelle une génisse, tantôt il bêlait comme un agneau qui appelle sa mère. Le troupeau, sensible à ces avances, suivit notre compagnon dans les détiles, tandis que le chien ralliait les moutons trop attachés au parti de Cromwell. Enfin nous jugeèmes à la voix de Rob, qui s’affaiblissait peu à peu dans le lointain, qu’il était temps de battre en retraite. Nous laissèmes donc les Anglais s'appeler au milieu des ténèbres, se Lirer des coups de fusil les uns aux autres et panser leurs blessures. Au point du jour, le troupeau était dans vos étables et je dormais sur les deux oreilles.

Un hourra des Camérons accueillit le récit du jeune highlander. Allan avait modestement gardé le silence sur cet exploit.

— Vous avez eu tort... c'était une folie... Vous

pouviez être tué dans la mêlée, dit Mac-Connuill avec émotion; mais c’est égal, Evan-le-Fort, notre père, serait content s’il vivait encore. Mère, avez-vous entendu? ajouta le Chef en se tournant vers une vieille femme qui pleurait dans un coin de la salle. — Et c'est pour cela que vous le livrerez à ces chiens d’Anglais? s’écria une voix dans la foule.

Evan-Dhà fit un bond en arrière. Il porta la main à son front avec désespoir, et dit en serrant les dents : Mort de ma vie! je l'avais oublié !

En parlant ainsi le Chef promena ses yeux autour de lui comme pour compter ses hommes, mais il apercut Mac-Fcerlane debout près de la fenêtre et la tête penchée sur sa poitrine. Aussitôt il sentit ses genoux fléchir; il s’assit sur un banc et une larme roula sur ses joues basanées.

— Le vent va tourner, dit un montagnard à son voisin. Voici la pluie. Gare la tempête! Je ne voudrais pas être à la place des Anglais. — Attention! voilà le Chef qui se lève.

En effet, Mac- Connuill, devenu maitre de luimême, élait déja debout. I reprit avec fermeté : Vous allez partir, Allan. Dites adieu à votre mère.

Allan, sans changer de visage, tendit la main à son frère.

— Et vous, Evan, dit-il, ne m’embrasscrez-vous pas ?

Tandis que les deux Camérons se jetaient dans les bras l’un de l’autre, un vieux highlander sortit des rangs, s’avanca vers son Chef, et croisant ses bras sur sa poitrine, dit à demi voix : Depuis quand Pai-

gle se laisse-t-elle enlever ses aiglons sans les défendre? — Depuis quand, Mac-Drummond, répondit le Chef, les vieillards oublient-ils la prudence et deviennent-ils téméraires comme des enfants? — Eh quoi! reprit le vieillard, vous n’avez que ce frère; c'est le dernier du nom de Lochiel, et vous l’enverriez à la mort, comme un agneau marqué par le berger! Je croyais que vous l’aimiez, ce pauvre enfant! car il a grandi sous vos yeux ; c’est vous qui lui avez appris à tendre l'arc; c’est vous qui lui avez servi de père, et, depuis que votre femme s’en est'allce làbaut, on disait dans le clan que vous ne prendriez pas une autre épouse; on disait que votre jeune frère était devenu votre fils, et devait être un jour le maitre de nos montagnes. Voilà pourtant que vous le sacrifiez! Qui donc portera votre claymore, quand votre bras sera trop faible pour la tirer du fourreau? qui donc sera désormais la joie de votre maison ? Ah! j'ai eu des fils, moi! et ils sont morts; mais c'était sur un champ de bataille, et pour le service du roL.

Evan-Dhù, qu’avaient paru émouvoir les premières paroles du highlander, et qui avait baissé la tête en gémissant, la releva tout-à-coup, et, passant la main sur son front couvert de sueur, s’ecria : L’arrêt est prononcé: Vous partirez, Allan. — Non! reprit Mac-Drummond, il ne partira pas! Il y a dans votre conduite un mystère que je ne puis pénétrer. Mais, puisqu'il faut des victimes, choisissez-les, Evan, parmi ceux d’entre nous qui ne sont plus bons qu'à mourir, et qu’une mort peu glorieuse attend

dans ces vallées. Ma main tremblante ne peut soutenir le poids d’un bouclier et mes yeux distinguent à peine, à une faible distance, un ami d’un ennemi : c’est à moi de partir.

Plusieurs highlanders du même âge que celui qui venait de parler s’avancèrent et, découvrant leurs cheveux blancs, s’écrièrent d’une seule voix : C'est à nous de partir. — Oui, Mac-Connuill, continua le vicillard, vous ne pouvez nous refuser cette grâce. Nous l'avons, je crois , achetée par une vie sans tache et par trente ans de loyaux services. Gardez cés jeunes gens, l’espoir et l’orgueil de ces .montagnes. Ils doivent vous ressembler un jour. Respectez la tige encore verte, le jeune chêne qui grandit sur la colline, et abattez l'arbre qui n’a plus de sève ni de feuilles, et que le vent doit renverser demain. — Non! dit Evan-Dhù, ce n’est pas à moi d’épargner mon frère. Je ne suis ici, en ce moment, que le Chef des Camérons.—Eh bien ! reprit le vieillard , c’est au Chef des Camérons que je m'adresse. Croit-il que le clan sera beaucoup mieux gardé quand 1l n’aura que des hommes comme moi pour le défendre? Avezvous oublié que lorsque nous avons voulu détruire les loups dans nos montagnes, nous avons commencé par prendre les louveteaux? Pensez-y bien, Evan. Aujourd'hui on vous demande trois victimes, demain on vous en demandera de nouvelles. Et quand il n’y aura plus dans nos cabanes que des veuves et des vieillards, on mettra le feu aux quatre coins du village, comme on bràle les.chaumes, lorsque la moisson est coupée. Alors, Mac-Connuill, si le roi fait

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appel à ses fidèles montagnards, qui donc suivra votre bannière? Et que répondrez-vous à notre souverain seigneur, lorsqu'il vous demandera compte des hommes que vous aurez livrés à l'ennemi?

Le Chef hésitait encore, et Allan, résolu à partir, le suppliait de rejeter la demande des vieillards. Mac- Drummond continua : Prenez garde, Evan, à la sentence que vous allez rendre. Vous en répondrez devant Dieu ! Quant à moi, si vous me refusez la faveur que je vous demande à genoux...

Ici le vieillard mit un genou en terre, ct, se relevant aussitôt, dit d’une voix ferme : Je prendrai mon bâton de voyage et j'irai jusque dans le camp __ ennemi offrir à Cromwell ce reste de vie que vous aurez en vain épargné. — Faites rentrer les officiers anglais, s’écria Evan-Dhàù en serrant la main du vieil- | lard. — Nous voici, dit Gédéon, à qui quelques ver- | res de wisky semblaient avoir donné une nouvelle | | dose d’assurance. — Ah! c’est vous, Monsieur. Votre | | général exige de moi un grand sacrifice, mais vous | voyez que je suis résigné. On va vous apporter ici les | deux cents guinées. Allan, voici la clef. Montez dans |

ma chambre. — Laissez passer cet homme, dit Gé- | déon aux soldats qui gardaient l’entrée.

| Quand le jeune Caméron fut sorti, le Chef reprit | lentement : J'ai promis de vous livrer trois hommes. | Quand vous voudrez les emmener, ils sont prêts. En même temps, Evan désigna Mac-Drummond et | deux autres vieillards. Ceux-ci reçurent aussitôt les

adieux du clan. On les entoura, on baigna leurs mains de pleurs ; mais ils conservèrent leur tranquil-

lite d'âme, ct n’ouvrirent les lèvres que pour consoler les amis et les parents qu’ils allaient quitter pour jamais.

Au milieu de l'émotion générale, le fauconnier, qui, jusque-là, était resté à l'écart , plongé dans une rêverie profonde, s’avança vers le capitaine, et, prenant sa toque dans sa main, lui dit d’un air indolent : C’est moi qui suis le chef des pâtres. Les troupeaux sont à Connuill, dans un pâturage éloigné. Il me faudra bien un quart d'heure pour Îles rassembler. Mais si je reste ici, ils ne viendront pas d’euxmêmes, comme ces vieillards, se mettre sous votre garde. — Eh bien! qu’attendez-vous ? réponditle capitaine. Allez les chercher. — Bah! reprit Mac-Ferlane, est-ce que vos soldats me laisseraient passer? — Voici mon gantelet, repartit Gédéon; vous n'aurez qu’à le montrer aux sentinelles pour circuler librement.

Le fauconnier prit le gantelet et sortit d’un picd nonchalant.

— Allez donc plus vite! s’écria Usquebaugh. — Ab! dit Mac-Ferlane , le temps vous dure donc bien de me revoir? — Vous trouverez la barque sous les saules, murmura le Chef à l'oreille du fauconnier, en le reconduisant vers la porte. Dieu vous accompagne i

Evan s’approcha ensuite d’une fenêtre ct bientôt vit Mac-Ferlane traverser le pont-levis, passer au milieu des gardes et gagner le bord de l’étang. Le fauconnier n’était pas seul. Allan marchait à ses côtés. Les deux highlanders s’élancèrent dans le cur-

ragb, ct, à force de rames , ne tardèrent pas à disparaitre à l'horizon. Un éclair de joie brilla dans les yeux de Mac-Connuill.

— Si, vous voulez passer dans la chambre voisine, Messieurs, dit le Chef en se retournant vers les officiers, je vais vous envoyer quelques bouteilles de vin de France. Gela vous fera trouver le temps moins long; cela vous donnera des forces pour continuer votre route...

Usquebaugh et De Profundis n'étaient pas gens à refuser une pareille proposition. Ils entrèrent donc de nouveau dans la pièce qu’ils venaient Ge quitter, et Evan, se voyant seul au milieu des highlanders, ira Mac-Drummond à l'écart.

— Vous vous étonnez peut-être de ma conduite, Jui dit-il à voix basse, et depuis une heure ne reconnaissez plus en moi le fils de Connuill ? — C’est vrai, dit le vieillard. — Eh bien! je puis tout vous dire à présent, et vous allez comprendre ce qui semble inexplicable. Quand les Anglais sont entres dans cette

chambre, le Roi était la. — Le Roi! — Le roi Charles II en personne! J’ai cru un moment que c’elait lui qu'on venait chercher. — Ah! c'était Mac-Fer-

lane ! s’écria le vieillard. Et je ne l’ai pas reconnu! Il a pourtant la figure de son père. — Comprenez-vous maintenant pourquoi je n’ai pas voulu faire de cette salle un champ de bataille? pourquoi je sacrifiais mon frère? pourquoi je vous sacrifiais, Mac. Drummond? pourquoi je n’ai pas mis, de ma propre main, le feu à ma maison, plutôt que de courber la tête sous ces misérables?

— Mais, reprit le vieillard, êtes-vous sûr que le Roi soit sauvé?

van serra la poignée de sa claymore, et jetant un coup d’œil sur la porte de la chambre où étaient enfermés les officiers : Ah! dit-il, si j’en étais sûr! Mais patience, dans quelques minutes il se passera ici de belles choses. Oh! vous ne partirez pas, Mac- Drummond; c’est moi qui vous le dis... J’amuse ces Anglais pendant que le Roi s'éloigne, et c’est mon frère qui lui sert de guide... Bientôt ils auront gagné les bois et Charles Stuart sera en süreté... Ce noble jeune homme ! je tremblais à chaque instant qu'il ne fût reconnu, rien qu’à la majesté de son visage! Je tremblais que, n’écoutant que sa vaillance, il ne voulüt pas accepter nos sacrifices. Mais, Dieu soit loué!'il est parti.

En disant ces mots, le Chef se leva avec impatience et alla ouvrir la porte : Messieurs, dit-il d’une voix tremblante de colère, vous allez à lPinstant quitter cette maison.

— Ah! Girent les montagnards, voici le lion qui se réveille. — Oui-dà! s’ecria Gédéon, quand nous aurons fini cette bouteille, quand nous tiendrons l’argent, les troupeaux et les prisonniers. Si par hasard cet arrangement ne vous convient pas, vous n'avez qu'un mot à dire; j'ai là cinq cents hommes, et je ne demande pas mieux que de vous apprendre à vivre. — Camérons! tirez vos claymores! dit Evan- Dhù d’une voix forte. Mort aux habits rouges! — Mort! mort aux habits rouges! crièrent les montagnards. — À moi mes braves! s’écria le capitaine en se précipitant vers la porte, l'épée à la main.

Mais au même instant la porte s’ouvrit et Mac-Ferlane entra dans la chambre.

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