XXIV.—LES MILICIENS
Demain à Bath on vera ton supplice; Prends garde à ,toi ! j'ai requis la milice, Barxen.
Le juge ne se trompait pas. Déjà Peters avait arrété le cavalier et lui offrait la main pour mettre pied à terre. Patrickson, couvert de poussière, le corps brisé par un exercice auquel il n’était nullement accoutumé, s’avança elopin clopant vers l'auberge. Si ses jambes avaient perdu quelque chose de leur élasticité, son esprit avait conservé toute sa souplesse,
sa figure toute son impudence, et son sourire toute sa fausseté. Aussitôt qu’il aperçut mistress Deborah, il ta son chapeau à cornes et lui demanda d’un ton nasillard si quelques voyageurs n’élaient pas descendus, au point du jour, dans son hôtellerie.
— Tous les voyageurs de qualité descendent chez moi, Monsieur, répondit la veuve; ils sont sûrs d'y trouver au moins des draps blancs, de la chandelle pour se coucher, et de la véritable ale d'Ecosse. Chez
etty Taunton, au contraire, vous ne verrez jamais que des matelots sans argent ou des soldats de la milice qui cassent plus de verres qu’ils ne boivent de bouteilles. — Je vous crois, ma belle dame, reprit le clerc d’un air galant, et je vous serai obligé de me faire donner une chambre. Quoique j'aie peu de bagage dans ma valise, je ne crains pas la dépense, et vous serez bien payée.
— Faut-il vous servir du vin de Porto ? dit l’hôtesse avec empressement. — Hum! fit Patrickson avec hésitation. — Votre Honneur préférerait peutêtre un vin plus léger? j'ai dans ma cave quelques vicilles bouteilles de Bordeaux qui ont fait deux fois le voyage des Antilles. Je les vends une livre. C'est une bagatelle pour Votre Seigneurie. Peters! une bouteille du cachet vert! — Pardon, ma belle dame, dit Patrickson, j'aime beaucoup la petite bière. C'est une boisson rafraichissante lorsqu'on vient de faire une longue course.
A ces mots Deborah leva les épaules, et tourna brusquement le dos au voyageur.
— Peters! dit-elle, tirez un scau d'eau pour Mon-
sieur! c'est une liqueur rafraichissante et économique. Ah! j'aurais dù m’y attenûre, ajouta-t-elle entre ses dents. La mine de cet homme m'avait deplu. — Ecoutez-moi donc, belle dame! s'éeria le clerc. N’avez-vous pas vu arriver ce matin trois officiers anglais? — C’est à eux que vous en voulez? dit l'hôtesse en se retournant. Tenez, voici leur père, adressezvous à lui.
En parlant ainsi, mistress Rosewinter désigna le juge qui, depuis quelques instants, cherchait à deviner dans les yeux de Patrickson quel dessein avait pu l’amener dans ce pays. L'honnèête fils du barbier leva la tête et ne parut point déconcerté en reconnaissant son ancien patron.
— J'en tiens un, dit-il tout bas, en ouvrant sa boite à corne.
Pour se faire une idée de l'air satisfait avec lequel Patrickson prononça ces mots, il faut savoir que ce rusé personnage, en sortant, la veille, de la cabane du braconnier, s'était empressé de se mettre au courant des bruits qui circulaient sur l'évasion du jeune prince. Il avait appris que les trois officiers, après avoir essuyé le feu de B:etson, avaient disparu, tout à coup, près de Rosewill. Il se rappela alors que Île juge se premenait à la même heure sur ia route de Bristol, ct il fat frappé de cette étrange coïncidence. Aussitôt, il se rendit à Boscobel- House, escalada les murailles, et pénétrant dans la maison, ’assura par lui-même que M. Ramsay et sa fille étaient absents. Entrer à lecurie, monter sur la meilleure bête ct
prendre le chemin du sud, fut pour lui l'affaire de
quelques minutes. Ilne mit personne dans son secret, soit qu'il craignit de rencontrer pour confident ua autre Mathias, soit qu’il voulüt garder pour lui tout le mérite de sa belle action. Il voyagea donc toute la nuit, et ne tarda pas à découvrir les traces des fugitifs.
Une seule pensée l’occupa d’abord pendant ce trajet : il ne songeait qu’à atteindre le Roi, à le faire arrêter, et à gagner ainsi la récompense promise par le parlement. Mais, tout bien calculé, il lui sembla qu'il ferait de la sorte un marché de dupe; qu'il serait beaucoup plus avantageux pour lui d'entrer en composition avec M. Ramsay, de l'effrayer par des menaces et d’arriver enfin, par cette voie, à Paccomplissement de son plus beau rêve. Il avait dressé &ans ce sens toutes ses batteries, lorsqu'il arriva à Shoredham et se présenta devant le juge.
— j'ai bien l'honneur de saluer sir John Ramsay, dit-il d’un ton patelin; j'espère qu’il a fait un bon voyage.— Trop court seulement, dit le juge, puisque vous voilà. — Je viens ici avec des intentions amicales, reprit le clerc, et c’est le seul désir de vous être utile qui m'amène. — Je n'ai pas besoin de vos services, Monsieur; je sais ce qu'ils coûtent, répliqua Île juge. — Il pourrait vous en coëter plus cher de Îles refuser, continua Patrickson. Mais parlons sans nous fâcher ; on s'entend mieux. Je sais en quelle compagnie vous êtes venu faire une promenade sur le rivage de la mer. — En ce cas, dit sir John, vous êtes plus heureux que moi, car je lignore.— Sans doute, sans doute, dit Patrickson; tout mauvais cas est niable.
Nousautres gens de justice, nous savons ce que valent de pareilles dénégations. IL n’en est pas moins vrai que l'officier de marine est ici, et que si je dis un mot il sera arrêté avec tous ses complices.
— La belle capture que vous feriez là! s’écria M. Ramsay. — Hum! vos biens seront confisqués, poursuivit Patrickson, vous serez traduit devant une cour martiale, et vous ne pouvez guère attendre d'autre consolation que de voir votre fille assise auprès de vous sur les mêmes bancs. Vous savez, sir John, combien la justice des cours martiales est expéditive. — Je me soucie de vous et de la cour martiale comme des culottes du Prophète, entendezvous? et si vous ne partez pas plus vite que vous n'êtes venu, vous allez avoir de mes nouvelles. Vous m'avez vu châtier ma meute; prenez garde à vous, ajouta M. Ramsay en brandissant le fouet qu’il tenait à la main.
Patrickson s'attendait à une semblable réception, mais il avait de trop bonnes armes contre le juge pour s’effrayer de sa colère. IL reprit donc, avec assurance, ct en remettant sur sa tête son chapeau à COrnes.
— Souvenez-vous, sir John, de votre voisin lord Buttler! Lui aussi avait, comme vous, des amis puissants; mais cela ne l’a pas empêché de voir ses biens vendus, sa famille persécutée, sa tête mise à prix. Qu’avait-il fait pourtant? Il avait donné asile à quelques pauvres Cavaliers. Vous avez fait davantage, sir John. Réfléchissez-y bien. C'est un homme dévoué qui vous parle, un homme pour qui vous avez
tout fait, que vous avez tiré du néant, et qui veut vous prouver sa reconnaissance.
La voix du clerc s'était presque attendrie en articulant ces derniers mots.
— Parlez-vous franchement? répondit le juge, presque abusé par cette apparence de bonhomie. Dites-moi votre affaire, mais le plus vite possible. — La chose est toute simple, dit Patrickson; il n’y a que moi qui sache où vous avez passé cette nuit, et la part que vous avez prise à la fuite du bücheron. Si je garde le silence, le proscrit s'embarque, nous déjeunons ensemble, et nous allons coucher cessoir à Boscobel. Qu'en pensez-vous? — Je vous rends ma confiance, Patrickson, dit le juge. Ce Mathias est un imbécile. Vous reprendrez demain la plume et Péeritoire à lheurc de l'audience. Cela fera enrager les gens qui vous ont calomnié, et je vous avertis qu’ils sont nombreux.
Le elere aspira lentement une prise de tabac, secoua son jabot et reprit, en s’emparant comme par distraction du fouet que le juge avait posé sur le
canot : Si je faisais mon devoir et dénonçais votre compagnon de route, cela me rapporterait une somme assez ide, ce qu on peut appeler une petite fortune. Je pourrais vivre tranquille, exempt de travail et de peines. Cependant j'y renonce; je ferme les yeux, et je n’ai rien vu. — Je double vos appointe-
ments, Jeremy ! s’écria M. Ramsay. — Doubler nes
appointements ! dit le clerc, lorsqu’en faisant seulement un signe je puis m'en retourner chez moien carrosse et écheter le quart de vos domaines. Vous
n'êtes pas raisonnable, sir John. Parlons franchement; jouons cartes sur table. Je vous sauve, vous et votre fille, vos biens et vos amis... Est-ce trop { exiger que. de. vous demander, pour toute re- 1 compense, la main de miss Judith?
| Lt Le juge laissa tomber ses bras de surprise. Il ne | | pouvait en croire ses oreilles, et se fit repeter deux | fuis l'étrange proposition du liberateur desinté- [ER resse, ELLE — Qui, mon cher monsieur, dit Patrickson, je | n'ai pas d'ambition. Je ne vous demande pas votre |! fortune. Ma femme et moi, nous vivrons chez vous sans facon en attendant l'heure de votre mort, que \} Dieu puisse retarder longtemps encore. Hein?
— Hein! dit le juge, vraiment ! vous vous contenteriez de devenir mon gendre, vous ! le fils de Patrice le barbier! ma fille unique deviendrait mistress Patrickson!... Damnation! Qu'est desenue ma cravache? ajouta M. Ramsay en cherchant des yeux l'instrument que Jeremy avait prudemment caché sous
les pans étroits de son habit.—Ne vous emportez pas, répondit le clerc en reculant d’un pas en arrière. IL y a sans doute près d'ici un poste de milice, et dans 1 quelques minutes il ne sera plus temps de réfle- | || chir.
|] Patrickson n'acheva pas. Une telle colère se peilt gnit sur le visage du juge de Boscobel, que le sage | LE négociateur prit le parti de rompre la conference et 1) de battre en retraite vers le village.
— Après tout, se disait-1il en courant: à loutes
jambes vers un soldat qui entrait en ce moment chez
Betty Taunton; après tout, je n'aurai pas perdu ma journée. Le Roi est certainement dans l’auberge des Trois-Ecus, et du diable s'il m'échappe. — Ab! tu prétends épouser ma fille, archi-coquin , pendard ! criait sir John en menaçant de loin le fugitif. Tu crois que tu me fais peur avec {a milice. Je n’ai jamais tremblé devant personne. et le conseil d'Etat lui-même ne me forccrait pas à prendre à gauche quand je veux prendre à droite. Si je mariais Judith, ce serait à mon gré, vilain oiseau de malheur. Je lai refusée ce matin à quelqu'un qui valait cent fois mieux que toi. Oui, je l'ai refusée... Et pourquoi lV'ai-je refusée ? Si je voulais la donner à ce brave garçon, est-ce toi qui m'en empêcherais, elere de Satan? Cest ce que nous allons voir, poursuivit le juge avec un redoublement de fureur, en se dirigeant vers la chambre où les voyageurs devaient être rassemblés en ce moment pour se faire leurs adieux.
AL, Huddleston était assis auprès de Judith et cherchait à la consoler, tandis que Charles Stuart essayait en vain de calmer le désespoir d’Allan.
Mac-Ferlane , où êtes-vous ? dit le juge en cherchant des yeux l'officier de marine, couxme un Capi- {aine vaincu dans la mêlée choisit au milieu de ses adversaires celui qui semble le plus digne de recevoir son épée; vous pouvez annoncer à M. Mac-Connuill que je consens à Sa demande, mais à-une condition, c’est que le mariage aura lieu à l'instant même : nous
avons ici un prêtre, des témoins, il n’en fault pas davantage.
Allan étonné regarda M. Ramsay.
— Oui, je vous donne ma fille, continua le juge, vous l’aimez, elle vous aime, et il ne sera pas dit que je me sois opposé à votre bonheur; qu’avez-vous donc à pleurer, jeune homme? est-ce que cette nouvelle vous afflige? — Oh, je pleure, Monsieur, dit le jeune Caméron en tombant aux pieds de M. Ramsay, mais c’est de plaisir maintenant.— Allons! allons! relevez-vous, dit sir John en contenant son émotion. J'avais tort; je le reconnais, vous êtes un brave jeune homme.
Judith s’était approchée de son père en rougissant. Elle cacha sa tête dans le sein du vieillard, et jeta son bras autour de son cou. La colère du juge avait fait place à un attendrissement involontaire.
— Assez, Judith, s’écria-t-il, je vais être tout à l'heure aussi enfant que toi. Mon Dieu! qui m'aurait dit qu'un mot pouvait me rendre si heureux ?
La joie de M. Ramsay était si vive qu’elle lui fit oublier entièrement la visite de Patrickson. Il ne songea qu’à hâter le moment de la cérémonie. Toutes les portes furent closes, et après quelques minutes de recueillement et de silence, les deux amants s’agenouillèrent: à côté l’un de l’autre. Les assistants se découvrirent, et l’abbé Huddleston commença d'une voix grave les prières nuptiales.
Cependant, Patrickson était entré dans l'auberge de Betty Taunton, et avait poussé un cri de joie en apercevant autour d’une table chargée de cruches et de verres, toute la milice de la commune. Les soldats campagnards chantaient à rompre les vitres, et une
épaisse fumée de tabac était répandue dans la salle. Le clerc ne put d’abord, à travers ce nuage, distinguer le chef de la troupe. I s’adressa donc à l’hôtesse, femme de cinquante ans environ, qu’à ses traits masculins on aurait pu prendre pour un vétéran de la garde civique.
— Où est le capitaine? dit-il. — Regardez sous la table, mon beau Monsieur, répondit mistress Taunton. Mademoiselle Deborah prétend que je ne vends que de la petite bière. Allez voir si l'on trouve chez elle du porter qui démonte son homme à la quatrième bouteille, — A la quatrième bouteille! dit un sergent, vous en avez menti, vieille sorcière, c’est à la seconde. — Bah! bah ! il aura beau faire, il en paiera quatre, dit l’hôtesse, et vous, Obadiah, vous en paierez dix, ce que vous avez bu.
Patrickson se trouva fort en peine de savoir à qui
parler. H se résigna à aborder le sous-oflicier qui venait de donner une si étrange marque de sa galanterie.
— Monsieur le sergent, dit-il, au nom de la loi, je vous requiers de me suivre, — Que nous veut ce corbeau? dit Obadiah en jetant sur le clerc un regard mal assuré. Honnête étranger, avez-vous connu feu notre lieutenant? 11 est mort, le digne homme, et nous célébrons ses funérailles. Nous pleurons tous. Ne venez pas nous troubler, à moins que vous ne veuillez pleurer avec nous et payer votre écot, ajouta le sergent en tendant une bouteille à Patrickson.
Celui-ci n’était pas d'humeur à écouter une parcille proposition.
Au nom du Ciel! s'écria-t-il, suivez-moi avec vos hommes, et je paierai, s’il le faut, une tonne d'ale. — Vrai? dit Obadiah; en ce cas, je vous suis.
Le sergent-ramassa son sabre, porta la bouteille à ses lèvres et la vida tout entière; il voulut ensuite se lever, mais ses forces trahirent son courage : il perdit équilibre et faillit aller rejoindre sous la table son inconsolable capitaine.
— Attendez, dit-ilen balbutiant, je vais me lever. La maison tourne... tourne...; quand la porte passera, nous sortirons. — Malédiction! dit le clerc, voilà une côte bien gardée. — Qu'est-ce qu’il dit la? s’écria l’un des convives en s’avançant le sabre levé sur Patrickson; le côte est mal gardée, dis-tu? eile est si bien gardée que tu ne sortiras pas d'ici sans avoir déclaré qui twes. Et d’abord, où sont tes papiers?
Patrickson était parti à limproviste, et n'avait point songé à se munir d’un sauf-conduit. Cependant, comme il avait de l’argent dans ses poches, il tira quelques shillings, les uns après les autres, el les donna en gémissant au milicien scrupuleux, qui alla reprendre sa place en mettant le passeport dans sa ceiniure.
Le clerc, écumant de rage, résolut alors de frapper un grand coup. Il monta sur une chaise et, élevant
sa voix aigre au plus haut diapason qu’elle put atteindre, ils’écria : Qui veut gagner cinquante livres sterling ?
À ces mots il se fit un demi-silence, et tous les
ET Lo
ALLAN CAMÉRON. 297 soldats qui avaient gardé une lueur de raison tourntrent les yeux sur le nouveau venu qui con inuait en ces termes : Je donnerai à tous ceux qui voudront me suivre cinquante livres en bonne monnaie. — Où voulez-vous aller? dit une voix ; vous faire tuer par quelques contrebandiers? — Non, répondit le clerc reprenant un peu d'espérance, il s’agit seulement d'arrêter deux hommes et une femme. — N'y allez pas, dit Betty Taunton, c’est sans doute un pauvre diable de débiteur que ce recors veut arrêter. Eh! non, maiheureuse que vous êtes! c’est le Roi d’Ecosse en personne. — Le Roi d’Ecossel s’écrièrent à la fois les convives ; il s’est embarqué à Cardigan, il y a trois semaines. Bob la vu partir et il nous l’a raconté. — Mais je vous dis qu’il est à Shoredham, ici même, et que, dans quelques minutes, il nous échappera: Je viens de le voir comme je vous vois. — Et où cela? dit un milicien. — À l’auberge.des Trois-Ecus, reprit le clerc, à trois cents pas d'ici. — C’est une histoire, dit Obadiah. Restez ici, mes enfants, et versez-moi du vin. — Cnère Deborah! dit mistriss Taunton, je ne suis plus étonnée à cette heure si elle faisait tant la fière ce matin. Allons, ma petite, tu vas me payer Les grands airs; tu loges des proscrits ! Levez-vous, chiens d’ivrognes, vous en avez assez pour aujourd’hui. Je ne donnerai plus rien si vous n'allez fouiller de fond en comble la taverne des Trois-Ecus.
A cet argument irrésistible, plusieurs convives se levèrent. Patrickson courait de groupe en groupe et
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employait toute son éloquence pour réveiller l’ardeur des miliciens. Après avoir longtemps péroré, il rassembla enfin devant l'auberge douze hommes plus ou moins solides sur leurs jambes. Il se mit à leur tête, et avec un empressement qui tenait du désespoir , s’'achemina avec eux vers le logis de mistress Rosewinter,
— On fermera ta laverne, ma jeune miss ; j’achè- {erai ton enseigne pour trois pences, criait de Join Betty TFaunton, qui, les poings sur ses hanches, accompagnait des yeux la trop nonchalante cohorte.
Après une marche de quelques minutes, qui dura un siècle pour le pauvre elerc, il arriva devant l'hôtel des Trois-Ecus. Mistress Deb était sur le pas de sa porte et s'avança d’un air plem de grâce vers les miliciens ébahis : Qu'y a-t-il pour votre service, Messieurs? dit-elle. — Vous allez nous conduire à Pinstant même, dit Patrickson, vers la chambre où sont les voyageurs que vous avez reçus ce matin. Soldats, en avant! — Peters, dit mistress Rosewinter sans paraitre avoir entendu, servez à cette honorable compagnie la meilleure ale que nous ayons dans le caveau. C’est moi que la dépense regarde: Messieurs, entrez, je vous en prie. Bonjour, Bob; bonjour, Tony; comment se porte votre femme, Christian?
À cet accueil flatteur, les miliciens jetèrent bas les armes et poussèrent un hourrah en l'honneur de l'hôtellerie. Ils s’attablèrent ensuite dans la grande salle, où Patrickson les suivit en poussant des cris de