‹ Allan, le jeune déporté `a Botany BayChapitre 10 sur 36 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Mon fils Toleur !

Cette menace frappa Allali de terreur. Être encore attaché aux chaînes du gouvernement pour défricher du matm au soir ! Il résolut de se soustraire à ce danger , non en faisant mieux , ce qui eût ramené son maître à lui , mais en prenant la fuite comme avait fait l'Irlandais. M. Davids, qui par sa présence seulement, l'eût peutêtre détourné de ce projet ; mais il était parti pour retourner en Europe. Allaii le regrettait. — Rien ne put le retenir.

S'échapper, c'était désobéir encore et ma*-

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quer de résignation an chàtimeiil qu'il, avait bien mérité; c'était une faute de plus, et elle ne lut point la seule. Il lui fallait des provisions , des armes , des munitions ; il déroba tout cela , plus une boussole ; et un soir , quand tout le monde était couché dans l'habitation, [Allan, se dirigeant du côté où l'on voyait apparence de montagnes, partit à la clarté d'une lune radieuse.

M. Davids , quand Allan prit ce parti désespéré, était en mer depuis quatre mois, et le vent ayant toujours été favorable, le na^ire qui ie portait venait de laisser derrière lui 3Iadère. Il allait donc revoir bientôt sa cbère petite ville de Saint-Asaph où il allait rentrer recteur.

A quelques lieues de là seulement, à Lanberis, le presbytère , si triste depuis long-temps, venait de reprendre un }>eu de bonheur. M. Madock et sa femme, bien persuadés quAllan était mort , lui avaient pardonné et soignaient les fleurs de sa tombe comme celles qui croissaient sur ses innocentes sœurs , puis ils furent consolés de toutes leurs afflictions par Mercdilh. Il avait fait de si rapides progrès, qu'à vingttrois ans , l'ovéquc de Langor wnait de le

consacrer et de l'adjoindre à son père en qualité de vicaire. C'était là toute la félicité désirable sur terre pour M. Madock , et la pauvre mère faillit s'évanouir de joie en entendant le premier sermon prononcé par son fds. A cette joie cependant était venue se mêler une pensée douloureuse , car le cœur d'une mère est assez vaste pour tous ses enfans , et son bonheur n'eût été complet que si elle eût écouté son fils, au milieu de ses deux filles et d'AUan. Le souvenir de ce dernier était plus amer encore — cet aigent des pauvres volé ! Alors elle priait pour lui.

Et il avait bien besoin de ces prières, car plus il allait en avant vers l'intérieur, plus il s'égarait. Il a\ait entendu dire cent fois que la boussole marquait toujom's le nord ; et il savait que TEurope était au nord-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud : c'était donc celte direction quil fallait suivre au moyen de l'aiguille aimantée ; mais il ne savait pas qu'elle ne montre jamais exactement le nord, et que, selon les temps et les ieux , elle varie et décline à l'est ou à l'ouest. Peu lui importait ; il marchait intrépidement vers le point que l'aiguille indiquait : il ne dou-

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