‹ Allan, le jeune déporté `a Botany BayChapitre 9 sur 36 · U.LAN · texte numérisé non relu

U.LAN

ne pensait plus qii'h cette chaîne bleuâtre à l'horizon ; il ne voyait plus qu'elle , et un matin on ne le retrouva plus : il était parti pour l'Irlande en s'enfonçant dans les forêts de l'Australie. Le beau chemin !

Comme, au bout de quelques mois, on ne le vit pas revenir, chaque déporté, et Allan le premier , conclut qu'il était rentré dans son pays. Il eût été plus naturel de conclure qu'il avait été dévoré par quelque homme ou quelque bête féroce , mais la passion , aidée surtout de l'ignorance, ne raisonne point. On trouva qu'il avait été bien heureux de se sauver, et l'on ne pensa plus qu'à retourner en Angleterre , en Europe et au pays de Galles.

La terre, comme l'avait prédit M. Davids, fut très-fertile pendant ces deux premières années , et la petite portion cultivée donna quatre récoltes. Cette abondance , dès qu'elle fut connue en Angleterre , y attira des planteurs , et , comme ils avaient le droit de choisir leurs serviteurs parmi les déportés les plus rangés, un d'eux \'\n{ en demander quelques-uns, au nombre desquels se trouva Allan.

Il n'était pas cepeudaut encore assez corrigé pour sortir de dessous le joug d'une discipline inflexible. Le planteur lui laissa plus de liberté et il en abusa poui' redevenir paresseux ; il ne pensait plus cju'à cet Irlandais qui , à coup sûr , — il n'en doutait pas dans la présomption de son ignorance , — avait rejoint son pays ; il ne faisait rien , pour son maître , cjui fut enfin obligé de le menacer de le rendre aux chaînes du gouvernement

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