‹ Allan, le jeune déporté `a Botany BayChapitre 21 sur 36 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Mon frère i

Après une course presque continue d'une heure environ , il arriva , exténué de fatigue tant du corps que de l'àme , sur les bords d'une assez grande rivière. Il mourait de soif et il n'osait y prendre une gorgée d'eau : si elle allait être salée ! Il essaya cependant : elle était bonne ! la lune avait alors remplacé le soleil à l'horizon , et quelque danger qu'il y eût à chercher à traverser cette rivière sans le flambeau du gi'and jour, il avait derrière lui un péril bien plus grand encore , et il sentit qu'il ne serait trancfuillc que

sur l'autre bord de l'eau. Il fiuil donc par trouver un tronc d'arbre qui barrait le courant , et s'élançant hardiment sur ce pont qui dansait et flottait sous lui , il arriva enfin sans encombre à la rive opposée.

Rendons-lui justice : dès qu'il se trouva dans ce lieu qu'il regardait comme un asile assuré , il tomba à deux genoux , il se prosterna encore la face contre terre pour remercier le Dieu clément qui lui avait pardonné ses crimes , car il lui semblait voir la preuve assurée du pardon céleste dans sa merveilleuse délivrance. Dieu avait eu de la pitié puur lui qui n'en avait pas eu pour les pauvres. Dans ces momens de prière et d'adoration, il jura encore de travailler pour les pauvres de Lanberis et d'y envoyer ses épargnes, en demandant grâce à son père et à sa mère. Ayant dans l'àme cette bonne résolution qui le purifiait , il put penser avec moins de terrem' et de honte à ses parens. Il éprouva même une émotion qui n'avait jusqu'alors été que vague et indécise en lui ; c'était une sorte de conlenlementfier, un sentiment de bien-être; il se repré'scntait M. et mislress Madock, et lui, tombant

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