CHAPITRE XV
Le uouTeau &<anberls.
C'est sans doute à cette puissante influence qu'il faut attribuer la pensée de pardon qui fit que le gouverneur de la colonie de la Nouvelle- Galles du Sud accorda à Allan remise des quatre années qu'il avait à faire encore pour subir sa peine entière. Sa bonne conduite, plaidée avec succès par son frère, lui valut aussi cette grâce : et non-seulement il fut rendu à la liberté , mais on lui concéda un assez vaste terrain à son choix pour être cultivé comme il rentendrait. Il quitta donc son maître, non sans lui avoir tenu compte
fîii prix (le la boussole qu'il lui avait dérobée autrefois, et alla avec Meredith , qui renonça alors à ses fonctions d'aumônier, pour choisir un emplacement favorable.
Après avoir long-temps exploré les contrées nouvellement livrées aux concessions , ils trouvèrent , sur le bord de la rivière qu'xillan avait naguère traversée pour aller se livrer à mille dangers dans l'intérieur, une immense prairie qui s'élevait en une douce pente jusqu'à une centaine de pieds au-dessus de l'eau. Elle était couverte d'un gazon riche , velouté , compact , et qui annonçait la fertilité du sol. Çà et là , on remarquait sur les tiges des herbes de petites effiorescences d'un blanc éblouissant, signes certains de la présence du sel dans quelques sources qui serpentaient sous la terre et la fécondaient , car le sel est un engrais puissant eu ce qu'i hâte la fermentation du sol.
Allan et xMeredith choisirent ce site sur le bord de la rivière. Le voisinage de l'eau était encore une précieuse circonstance pour une habitation, dans ce climat brûlant. Quand le soleil de midi fait que toutes plantes baissent la tête et meurent
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de soif, Allaii aurait du moins le bonheur de faire du bien , lui qui avait fait taîït de mal , et de voir de pauvres créatures du Ciel relevées et ranimées par ses soin?.
Les deux frères s'emjTessèrent donc , après avoir obtenu la concession de ce terrain , de l'entourer d'une forte palissade pour le garantir de l'invasion , non -seulement des bêtes sauvages et des noirs , mais aussi de la visite des déportés fugitifs errant dans les bois. Quand la clôture fut achevée , et pendant que les grains livrés à la terre germaient et préparaient une abondante récolte , Allan et ^îeredith construisirent une petite maison de deux étages, avec une galerie couverte à l'entour et que les Indiens nomment verandah ; et ils eurent grand soin de donner h l'intérieur la même distribution qu'au presbytère de Lanberis. La petite salle basse qui devait être le lieu de réunion ressembla tout-h-fait au pai'loir du presbytère. Les deux frères parvinrent à y réunir des meubles à peu près pareils , et un chèvre-feuille, destiné à ombrager les fenêtres de ses rideaux de verdure , fut planté avec le plug grand soin.