CHAPITRE XX
A chacun selon ses œuvres.
Pendant cette nuit de terreur et de tumulte , que devenait Allau ! Que l'on se rassure tout d'abord ; il était arrivé à Port-Jackson , sain et sauf, si l'on excepte son cœur bien gros et bien cbagrin. Ses premiers pas dans la ville furonl dirigés vers le bureau de la poste.
— Avez-vous une lettre pour moi ?
Il n'eut pas besoin de faire de questions plus détaillées ; on le connaissait , il y était venu si souvent ! On cherche tout aussitôt , et à chaque paquet qui passait pour lui être remis , il éproii-
vait comme un coup violent dans la poitrine. Enfin le commis eitaminait le dernier.
— Non, rien encore , lui dit-il d'un ton d'intérêt qui inspirait l'affliction cpie décelaient ses regards et tous ses gestes. Il demanda alors en grâce pour la centième fois qu'on lui dépêchât un exprès sur-le-champ s'il arrivait des nouvelles , et pour la centième on le lui promit.
Ne croyez point qu'en partant du bureau de poste il reprit son cheval pour retourner au nouveau Lanbcris : il voulut , comme toutes les fois qu'il venait à la ville , aller sm' le port , recueillir les bruits qui y couraient sur l'Angleterre et sur les arrivages récents ou attendus. Il était donc interrogeant tour à tour les matelots et les ouvriers, quand il fut accosté par un homme fort bien mis et qui dirigeait le déchargement d'un navire. Il ne le reconnut pas tout d'abord ; mais, comme il l'avait salué du nom d'Allan , ce devait être un de ses compagnons de crime , de misère et de repentir. Il ne se trompait pas ; et bientôt il se rappela un des plus actifs de la bande qui avait achevé comme lui son temps , et depuis s'était établi marchand en villa. Ses affaires