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lent ces myriades d'insectes lumineux , vers luisans des ondes.
Enfin , après deux mois passés eu pleine mer , Allan fit remarcpaer , le premier , une branche d'arbre et des touffes d'herbes qu'apportait le courant. Ce fut pour l'équipage un signe aussi consolant que le rameau d'olivier qu'apportait la colombe sur Timmensilé du déluge, et bientôt on aperçut la terre de Van Diémen, que d'autres appelaient à bord la Tasmanie ; puis les bâtimens, ayant un vent favorable , ils entrèrent dans le détroit de Bass. Les matelots et les déportés , en passant devant l'île des Kangourous , virent des troupes de ces étranges animaux bondir dans les hautes herbes; mais les navires filaient très-vite, et 'ûs n'eurent pas le temps de les examiner alors.
La mer était si douce et la brise si caressante, que le navire put longer de très-près la côte de la >'ouvelle-Hollande que , depuis tant de jours , chacun désh'ait si ardemment : car , bien que la plupart des déportés fussent paresseux et sussent que le travail les attendait à terre , cependant l'homme a tant besoin de mouvement, de grand air et de soleil , qu'ils saluèrent d'un cri de joie
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unanime le premier aspect du rivage suspendu d'une manière pittoresque au-dessus des flots. C'était d'abord une dune de sable blaucbàlre , derrière laquelle s'élevaient eu amphithéâtre des masses d'une verdure éternelle au milieu desquelles le soleil étincelait dans les clairières. Allan , qui , sur le désert des eaux , avait peut-être conçu quelques graves pensées qui pouvaient le mener au repentir , les oublia toutes , à coup sûr , pour se réjouir à la vue de ces beaux arbres, de ces vallons verdoyans, de ces petits lacs que l'on entrevoyait à travers les forêts peu épaisses. C'est ainsi qu'il s'était figuré les colonies et qu'il se les représentait dans les momens où le saisissait le frénétique désir de quitter le toit paternel sous lequel il eût pu être si heureux et si honoré. Ces graves réflexions, nous les faisons pour lui , car, certes, il ne les concevait aucunement à l'aspect des rians paysages qui passaient à mesure que le vaisseau filait. De temps à autre, on voyait s'élev(îr du milieu de ces bois de petites fumées qui annonçaient la présence de l'homme, et Allan était tout prêt à s'en réjouir si ses camarades n'avaient murmuré entre eux , en pàhssant , des
paroles effroyables sur l'usage que ces sauvages faisaient souvent de leurs feux et de leurs broches. Allan en fut tellement saisi , qu'il poussa un cri de terreur en voyant , sur une petite langue de terre, un noir qui sortait d'un taillis. Une demi-lieue de mer les séparait ; cependant Allan trembla comme s'il voyait déjà les dents du sauvage le menacer.
On passa devant la baie Botanique {Botany- Bay) que Cook nomma ainsi, à cause de la belle collection de plantes qu'y recueillit son équipage ; et , à trois lieues do là , on entra dans une autre baie appelée le Port-Jackson , gardé par deux promontoires élevés et qui vont en se renflant ; on dirait deux têtes énormes. On apercevait déjà, au fond de la baie , deux blanches constructions entre les arbres : c'était d'abord la maison que l'on avait préparée pour le gouverneur , et puis il n'est pas difficile de deviner , d'après la composition de l'équipage , que l'autre maison était une prison. Plus les navires avançaient à l'ouest vers ces habitations dans Sydney -Cove (l'anse de Sydney ) , \Aws les rivages s'élevaient à pic , roupés de dislance en distance jxir de petites bares
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pittoresques , aux bords de sable blanc semés de verdure , qui s'ouvraient à droite et à gauche ; ou bien c'étaient des vallées étroites d'où s'élançaient des rochers de toutes les teintes et par où descendaient , vers la mer , des fdets d'eau luisant au soleil. De temps en temps on rencontrait de petites îles éparses dans le port , tellement chargées de verdure , que l'on eût cru voir des corbeilles.
C'est en vain que la beauté du paysage allait toujours croissant : l'aspect de cette prison avait tout flétri aux yeux des déportés : l'éclatante verdure était terne, le ciel d'azur avait des nuages, et la clarté radieuse du soleil était pâle à leurs regards. C'est ainsi que la conscience troublée ne laisse rien voir de beau ni rien sentir de bon à l'homme.
Les navires arrivés à leur destination jetèrent l'ancre , et les chaloupes mises à la mer opérèrent le débarquement.