‹ "Allemagne au-dessus de tout!"Chapitre 13 sur 39 · GOERRES · texte numérisé non relu

GOERRES

Me voici arrivé au moment de prononcer un nom bien peu connu de ce côté du Rhin, et si plein pourtant de génie et de toutes les sortes d'audace, que ce n'est pas un faible effort d'en parler sans passion. Celui-là a reçu évidemment une force herculéenne et une puissance titanique. La nature l'a armé dans son temps pour un duel corps à corps avec son propre pays. C'est lui qui a reçu mission de jeter pour jamais dans l'arène cette masse inerte de l'Allemagne, et de démuseler le monstre. 11 l'enchante, il le séduit, il le blesse, il l'aiguillonne, il le désespère, il le terrasse, il le foule aux pieds, il s'en fait haïr, il s'en fait dévorer; c'est le toréador qui va chercher dans son bois le buffle germanique. Il l'amène tout saignant à la lice de l'Europe, il le harcèle, il se met à sa merci, il en meurt; mais le taureau, une fois déchaîné, n'ira plus ruminer sous son frêne la vieille glèbe du passé.

Dites ce que Gcerres n'est pas : c'est le martyr

(1) Les principaux ouvrages de Gœrres sont : l'Histoire des Mythes de l'Asie; la traduction en prose du Schanameh de Ferdoussi, précédée d'une introduction très étendue; les Livres populaires de l'Allemagne; Introduction au Lohengrin ; un volume d'Aphorismes : la Physiologie universelle ; Leçons d'histoire générale; l'Europe et la Révolution ; Histoire du mysticisme. (Note de 1857.)

et l'hostie du panthéisme. Partout où un principe succombe, il se met à sa place, pour le soutenir seul et se faire écraser sous ses ruines. Il traite les idées comme les chevaliers faisaient les veuves et les orphelins. Il les prend sous sa protection, dès qu'il les voit assez nues et délaissées; peuples ou rois, il ne les connaît plus dès qu'il les a couronnés. Il est jacobin, il est absolutiste, il est prêtre, il est démagogue, il est papiste, il est ultramontain, il est patriote, selon que l'une de ces causes faiblit, et tout cela à un degré où personne ne l'a jamais été. C'est un héros qui épuise dans son àme les passions sociales et cosmopolites, comme d'autres font des passions individuelles, avant de remonter tout vivant à son Dieu à lui, le plus vaste, le plus abstrait, le plus visible, le plus obscur, et cependant le plus éblouissant qu'un poète ait chanté. Pas un homme dans son pays n'a plus fait, ni plus souffert pour l'indépendance et pas un homme n'a été plus haï au nom de l'indépendance. Par une combinaison que l'on ne peut rencontrer ailleurs, il unit l'énergie d'un montagnard de la Convention aux divines illuminations d'un alexandrin; il y a en lui du Danton et du Plotin. Pendant huit ans, il a été mis par la Sainte- Alliance au ban de l'Allemagne; et c'est lui qui disait, dans son patriotisme asiatique, en parlant de l'infidélité de l'Alsace : « Brûlez Strasbourg, et ne laissez debout que la flèche de sa cathédrale pour l'éternelle vengeance des peuples allemands. »

A cette imagination héroïque, le mouvement de l'invasion avait apparu comme le signal d'une nouvelle ère sociale pour le genre humain. Mais, de

cette épopée sanglante, quand il vit sortir un jour, confus et dépenaillé, ce haillon d'à présent, qu'on appelle monarchie constitutionnelle; quand il vit tout ce sang-, tout ce bruit, toute cette gloire, tous ces peuples aboutir à ce pauvre oripeau, dont il sentait déjà la chute; quand il vit que ces armées, qu'il avait exaltées si haut, n'avaient rapporté dans leurs sacs de toutes leurs batailles que ce triste plagiat et ces couronnes de laiton, et qu'il fallait que l'Allemagne se mît encore une fois sur sa porte à mendier en politique le pain du reste de l'Europe; oh! alors il répudia ces demi-libertés, il démasqua ces tristes joies, il jeta le gant à ces bourgeoises conquêtes où s'entravait et se dénaturait à ses yeux la mission de son pays. Les querelles du régime représentatif et sa chétive condition ne lui semblèrent qu'un jouet posé là par hasard pour amuser un moment les larges destinées de l'Allemagne. '

Retrouver et refaire, après Luther, l'unité des races germaniques et les pousser de nouveau dans l'histoire, comme un cavalier tout armé, c'était là, pour lui, la question. Mais quel serait le lien de ce faisceau de langues et de peuples? La royauté constitutionnelle, étroite et impuissante, divisait tout, morcelait tout. Un principe religieux pouvait seul rassembler pour jamais ces membres des fils de Cadmus semés sur chacune des grandes routes de l'Europe; où était-il donc, ce principe? Gœrres crut qu'un catholicisme renouvelé à la source des traditions du genre humain aurait cette puissance. Dès cette heure, il se mit en guerre avec tout le présent. Il fit le procès à la Réforme qui avait gaspillé son peuple, et au libéralisme qui avait achevé

la Réforme; il conçut au profit de l'Allemagne une papauté révolutionnaire, qui, assise sur le corps de l'Autriche, exercerait, pour le nord, cette puissance de cohésion que la papauté du moyen âge avait exercée sur le midi; il provoqua une dictature de nationalité à tout prix; il appela une restauration religieuse, un Napoléon mitre, un Luther oriental, pour détruire l'œuvre du Saxon.

Entre ses mains, la liberté allait se perdre dans la foi, comme chez nous elle s'était un jour perdue dans la gloire. En voyant autour de lui tous les peuples entamés au dedans, et qui s'ouvraient nonchalamment au premier occupant, il voulut, à la manière d'un législateur asiatique, murer le génie de l'Allemagne. Avant de l'envoyer, novice et imberbe, à la conquête de l'avenir, pour la raidir à sa haute discipline, il l'aurait volontiers, comme Moïse, amusée quarante ans dans le désert.

Telle est l'idée politique de Gœrres, idée qui pèche au fond, plutôt par le manque que par le trop d'audace. Que sert de mettre debout l'orgueil national pour lui dire : Courbe ta tête sous l'aube du vieux catholicisme! Il s'en va, lui, comme le maître des Huns, à la rencontre de Rome, et il manque aussi là sa fortune, au même endroit, pour avoir tourné bride devant la crosse du chef de la ville des morts. Qu'a-t-il donc vu pour faire ainsi rebrousser son projet en chemin? Quand il fallait être réformateur et prophète, et qu'il en avait le cœur, qui lui a lié la main? Dites-moi donc, vous qui le savez, quelle si grande merveille est cachée sous cette ruine de l'Église, pour que des hommes aussi forts que celui dont je parle ne

la peuvent toucher sans en rapporter sous leur manteau le tremblement et la peur d'un enfant? Voilà Gœrres, le fier Sicambre, qui a vu le Vatican. Il a plié le genou, lui, l'audacieux! A présent sa fortune est (inie; personne ne le connaît plus. Il s'en va seul, il retourne seul en arrière, sans étoile et sans guide, dans son génie orageux, lui, hier encore si vanté, si aimé, si idolâtré, à présent si méconnu, si délaissé, si lapidé par son propre pays, qui ne pardonne pas plus que le monde à qui le sert, le refait, le trouble ou le ruine à demi.

De tous les prosateurs de son pays, Gœrres est peut-être celui qui est le plus Allemand sans mélange. On peut retrouver dans Gœthe la clarté limpide de Voltaire, dans Herder le repos de Buffon. Les chefs de cette école se sont tous appliqués à modérer, par l'art, l'exubérance de leur langue virginale. Gœrres est un des premiers qui ait mis son effort à exagérer encore cette inculte indépendance. Emporté qu'il est par un idiome indompté, qu'il ne conduit plus, qu'il ne régit plus, ne fermez pas la barrière à ce Mazeppa avant qu'il soit rentré dans les traditions échevelées et dans la poésie sauvage de son peuple au berceau. C'est le Jean-Paul de la science et de la philosophie, la végétation désordonnée d'une forêt primitive, où tout germe, où tout meurt, où tout s'entasse à la fois, les troncs blancs des chênes centenaires, les palmiers nés d'hier que la fourmi courbe sous son pied, les carcasses des crocodiles et des serpents du déluge, le bec du vieil aigle, les os des races évanouies. Quand cette langue ainsi démuselée veut expliquer les intérêts actuels et ceux de la

civilisation moderne, rien n'égale la gaucherie de cette voix de géant. L'impuissance où elle est de se discipliner fait trop éclater son impuissance à gouverner son époque.

Mais, quand Gœrres l'applique, comme il fait presque toujours aux âges héroïques de l'humanité, elle produit alors un effet surprenant. Cette langue, tout d'une pièce, confuse, mugissante, rumeur inarticulée d'un peuple d'idées qui grondent et s'amoncellent, prend peu à peu un corps : elle se dresse, elle se ramifie. La voilà presque svelte et diaphane, qui s'élance et se cisèle elle-même à l'image d'un massif d'architecture gothique. Sans se briser, sans s'interrompre jamais, elle se couronne à chaque mot d'ornements et d'arabesques; elle s'enracine partout; elle prend terre partout; elle s'épanouit et s'effeuille partout; elle se noue en faisceaux sur ses piliers ; elle grimpe, elle descend, elle remonte sans prendre haleine, ni s'arrêter nulle part dans sa tour résonnante; et quand lui, il a bâti ainsi son monument d'une seule pierre, et presque d'une seule phrase, la pensée s'en échappe à la fin, éclatante et hurlante, comme la voix d'une cathédrale, sous les voûtes et les arceaux de sa parole.

Sorti de la philosophie de Schelling, Gœrres l'a appliquée à l'histoire, comme Oken aux sciences naturelles. Dans son esprit de réformateur, sa tâche à lui est de recueillir les traditions universelles de tous les lieux, ou chrétiennes, ou païennes, pour s'en faire une bible nouvelle. Son histoire des cultes de l'Orient, malgré l'immensité des recherches, est une œuvre d'art et de divination, plutôt encore que de science. Je ne connais aucun

livre qui soit plus rempli de l'enivrement de la nature. Il a la marche triomphale du Bacchus indien, qui porte dans sa main la grappe cueillie au cep de l'infini. Chacune des religions de l'Asie primitive apparaît là, à son tour, sous le manteau et la physionomie de son climat. 11 y en a qui bondissent enflammées dans leurs hymnes avec les lionnes de l'Iran, d'autres qui rampent dans leurs liturgies, tristes et caverneuses, avec les serpents de l'Abyssinie; d'autres qui hennissent altérées d'avenir dans leurs prophéties, et qui frappent de la corne de leurs pieds la terre promise avec le cheval de Juda, d'autres qui s'accroupissent dans leur éternité avec les sphinx et les canopes du Nil. Ce n'est point l'Orient naïf et matinal, qui se lève de son lit, comme un enfant dans la première nuit de l'univers, pour appeler son père. C'est un Orient refait, transfiguré, un Orient savant, ressuscité de son sépulcre, pour s'expliquer son enfance par sa vieillesse, son Eden par son Alexandrie, et son berceau par sa tombe.

Tous ces cultes qui se suivent à des siècles d'intervalle forment entre eux une procession infinie qui va à la même fête et un catholicisme païen qui chante par des voix de peuples son hosannah dans la basilique de l'Asie. Oh! le merveilleux rite, qui tend sur sa tête le ciel de l'Inde et de la Perse, quand les empires se lèvent, les mains jointes, et s'agenouillent dans leurs ruines, comme des diacres à l'autel; quand Babylone met sa mitre d'or sur son front; quand Bactres secoue sur sa montagne l'encensoir de diamant, quand l'Egypte s'assied pour prier bas sous son dais de granit, quand la Chaldée sème autour d'elle ses dieux

à pleines mains, comme une jeune fille sème par les carrefours les marguerites et les roses de mai de sa corbeille sur le chemin du prêtre. Voyez! les religions errantes bénissent, dans l'Orient, le seuil où doit passer le genre humain pour entrer dans la vie. comme on bénit les trois degrés de pierre et le porche d'une église. Le soleil d'Asie est le calice de vermeil qu'un bras tient haut levé pendant la fête sur la tète courbée de l'Arabie et de l'Iran. L'infini se cache dans la nue, le prêtre sous son aube. Silence aux éperviers du Nil sur leurs obélisques! Silence aux licornes de l'Euphrate! Le sacrifice avance. La Judée est la victime. La voilà immolée sur son Liban. Rompue et partagée comme un pain d'expiation, que chacun, Asie, Europe, goûte un peu de sa chair à ses lèvres et emporte avec soi dans sa maison un peu de ses reliques! Et à présent, la fête est finie; l'Orient lève sa tente. Ninive etBabylone, rendezmoi vos habits d'or et vos aubes brodées. Ecbatane et Persépolis, rendez-moi vos manteaux empourprés et vos mitres de diamant. Jetez bas pour un autre que vous, vos couronnes de créneaux et vos surplis de murailles dentelées ; passez, tombez, croulez, et si quelqu'un vous demande : Holà! qu'avez-vous fait du dieu? répondez : Je ne sais pas.

La nature, qui a ouvert au Nord le large horizon de l'Allemagne, pour que les sociétés modernes s'y trouvassent à l'aise sur les champs de bataille, et que chaque contestation politique de peuple à peuple y eût ses coudées franches, a voulu aussi, ce semble, que cet horizon servît de champ clos pour une grande épreuve des opinions et des phi-

losopliies humaines. Tant que les doctrines qui y sont à présent aux prises ne firent que commencer à croître, jeunes et inoffensives, prenant chacune peu de place, elles vécurent ensemble sans querelles. C'était plaisir alors de les voir toutes arriver et se mouvoir en liberté. Longtemps elles purent croire qu'elles continueraient de grandir ainsi en paix sous l'étendard du panthéisme. Mais à mesure qu'elles eurent gagné leur rang et leur maturité, chacune suivit son humeur et marcha à sa guise. Dans ce pays de repos, ce n'est plus aujourd'hui que froissement de croyances qui s'usent l'une par l'autre, que conflit de renommées qui en viennent aux mains, que systèmes blessés au cœur, que théories désarçonnées, que docteurs qui ferraillent. Le catholicisme est désarmé par le protestantisme, le protestantisme par le piétisme, le piétisme par le rationalisme. C'est un cercle fatal qui est tracé dans le sable et au delà duquel on ne peut faire un pas sans marcher sur un mort. La gloire de Schiller se retourne contre la gloire de Goethe. La philosophie de Hegel sert à tuer la philosophie de Schelling; Schelling sert à tuer son maître.

Toutes les opinions humaines se sont donné rendez-vous là comme dans une Alexandrie moderne, pour se développer chacune à sa manière. Parvenu à son plus haut faîte, l'édifice tout spirituel de la vieille Allemagne s'écroule sans fracas. Lui-même, il jette de ses créneaux sa poussière aux quatre vents, poussière non de mort, mais de vie; non de matière, mais de pensées; poussière d'idées que le Dieu de l'humanité ramasse dans le

creux de sa main pour en pétrir avec sa salive un nouveau monde civil à son loisir (1).

Avril 1832. «

(1) Nous supprimons la fin de l'article de la Revue des Deux Mondes, — deux pages environ en style romantique, ajoutées après coup, sur le « vertige » qui s'empare du pouvoir en Europe. « L'article n'est pas assez long; j'y ajouterai quelque chose en chemin, » écrit Edg. Quinet à sa mère le 20 mai 1832. Cette addition n'a que peu de rapport avec ce qui précède. Elle est également supprimée dans les Œuvres complètes.

POÈTES ALLEMANDS HENRI HEINE

Cette étude sur la poésie allemande et sur un de ses plus illustres représentants, Henri Heine, a paru dans la Revue des Deux Mondes le 15 février 1834. Elle a été reproduite, plus modifiée encore que les précédentes, dans le tome I d'Allemagne et Italie, édition de 1839, page 59, sous ce titre : III. Poésie. Elle commence dans cette édition par les mots : » Dormez-vous, ou veillezvous, ma sœur'? » et se termine par : « Il ne pliera pas la voile avant qu'il n'ait touché la rive où la vie a sa source et qui s'appelle Éternité. »

Dans l'édition des Œuvres complètes, cet article en forme deux : le numéro VIII, Progrès dans le scepticisme. Les Schlegel. Tieck. Voss, et le numéro IX, Henri Heine.

Quinet vient de publier, en décembre 1833, son poème d'Ahasvérus (1), ce « poème de l'humanité religieuse », qui est, en partie, une sorte d'autobiographie poétique, dont le romantisme nous étonne parfois, mais séduisit vivement les contemporains. Il ne faut pas oublier que Quinet est poète et que Lamartine a dit de lui : « On nous broierait tous dans un mortier

(1) In-8° Je 31 feuillets, plus une lithographie. Iuipr. d'Auffray, Paris; chez Guyot, place du Louvre.

Ht « ALLEMAGNE AU-DESSUS DE TOUT »

que nous ne fournirions pas la quantité de poésie qu'il y a dans cet homme. » Le lyrisme de Quinet se donne libre carrière dans cet article sur les poètes de l'Allemagne.

Cette année 1834 verra, d'ailleurs, se produire dans l'esprit, dans l'œuvre de Quinet et jusque dans son style, une transformation profonde. C'est, en effet, en 1834, le 21 décembre, qu'il épousa cette Minna More, dont l'amour, deux ans auparavant, avait jeté un si grand trouble dans son cœur Cette passion connut plus d'un orage. Mais désormais Quinet est réconcilié avec sa fiancée, avec lui-môme, avec le bonheur, avec la vie. Cette âme, tendue à l'excès, va connaître un état délicieux, nouveau : elle sort de cette crise purifiée, assouplie. « Une ère de repos et de sérénité (1) » succède aux orages.

Quinet n'en est pas là encore, à la fin de 1833, date où il écrit son article sur les Poètes allemands. Il y a encore dans ces pages de bonnes traces de cette couleur d'un lyrisme exalté, qu'on nomme « romantique », et que l'on reproche parfois à tort à Quinet; car elle ne lui est pas spéciale, elle est une des façons d'être du romantisme, la langue à la mode aux environs de 1833, deLélia et de la Confession d'an enfant du siècle. Il existe, à ce point de vue, une différence remarquable entre cet article de février 1834 et le suivant d octobre 1836.

Quant à Henri Heine, qui est le sujet de la dernière partie de cet article, on trouvera dans la Correspondance de Quinet, en particulier avec sa mère, le jugement, non plus sur le poète, mais sur l'homme, qui lui était fort peu sympathique, « avec son sourire judaïque et

(1) Edg. Quinet avant l'exil, p. 232. — Voir les lettres de Minna More à Edgar Quinet, conservées à la Bibliothèque nationale {Xouv. acq. fr., 20800). Ces lettres, écrites tantôt en allemand, tantôt eu français, révèlent une âme inquiète et passionnée.

doucereux (1). » Autant Quinet aimait le noble Mickiewicz, autant il fuyait Heine : « Voilà certainement, disait-il, deux antipodes les plus distants l'un de l'autre : c'est l'ange et le démon. » Mais il était trop perspicace pour ne pas voir ce qu'il y a de profondé ment original dans l'œuvre de Heine, qui lui révélait cet esprit nouveau, imprévu, de l'âme allemande moderne : l'idéalisme qui s'achève en un éclat de rire.

POETES ALLEMANDS HENRI HEINE

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