ROMAINS
Les relations des deux peuples entre eui furent réglées par les mis romaines , prasoue sans modification. Quant a» amirét mû ne regardaient que IM WihK elles rarent jugées d'après leurs coutunes nationales. Pour le reste»
Théodoric ma^'nt toute Tadministratîgn romaine. Q y eut , comme à la cour de Théodose et de Valentinien , un préfet du Prétoire , ihi préfet de Eome, an questeur , un mattre des offices, un trésorier public, etc., etc.
8 s'attacha à copier servilemtiht tout qui avait été a?ant lui. Ce dessein, on le retrouve dans une foule de lettres de Cassiodore, son préfet du Prétoire, qui écrivait sans cesse aux Barbares :
^Revêtez les moeurs romaines. P^estU mbd marlbustof€Uis,r^ C'est un curieux spectacle de voir ce Barbare ûiire tous ses efforts pour vivre à la romaine. Il n'ose prendre le costume impérial; "mais il écrit à l'empereur d'Orient, iLoasthase, que leurs états sont deux Mtmes r^moUques, deux sœurs, qui doivent suider mutuellement. U ne nomni»qu'un consul pour Rome, parce qu'Anasniase nomme celui de Constaotinople , et que la république romaine ne doit pas avoir gus de deux chefs. Ainsi Théodoric s'enoroe de réalisa la pensée ai naïvement exprimée par Atattif , le frère d'Alaric. Mais poan|uoi les Barbares aundent-ils renversé rempire romain , s'ils ne devaient faire autre chose que relever le ridl édtfk» avec les ruines qu'euxmêmes avaient fiâtes ? Les épouvantables calamités de l'invasion auraient éCétomiementsondertes mr le monde, s^ies Barbares eussent dû conserver r«8clavage, le fisc impérial, et toutes ces plaies hideuses dont l'Empire était mort Non , il n'en pouvait pas être ainsi. L'édiice renversé resta a terre, et la première génération des Barbares qui l'aiaient voulu reconstruire , passa sans rien laisser après elle. A peine Théodoric était-il mort, que la décadence de sa monarchie se fit sentir.
DBGAOUfCS ET CHJ^E DÛ EAiaUMB M
05t&oooi;bs.
La chute fut prompte. Vingt -s^ ans suffirent C) pour iaftenrentrer un moment l'Italie sous la domination de Byzancë. Ni la savante AmSlasonthe, qui parlait grec et latin, ni son éponx Théodat, qui lisait Cioéron et Platon , n'étaient capables de continuer les desseins de Théodoric. Ces Barbares dégénérés, abâtardis par le passage trop rapide d'une vie dure et grossière à une cirilisation énervante , ne purent tenir contre les Grecs décrépits de Constantinople. L'eunuque Marsès les battit une dernière fois près de Ffome, et ce qui resta de la nation se perdit sans laisser aucune trace d'elle-même.
BiRNiimi rémxoDs ds i.*nrf aston. — fondation BS mOTAUMBS VKAIMUrr OBRMA« NIQUIf.
Après avoir montré la Germanie débordant par toutes ses fW)Btières sur l'empire romain , pour en inonder une à une toutes les provinces , nous avons suivi les destinées de ses plus illustres tribus; mus les avons suivies dofïB leurs courses à travers l'Emph^e, Jusau'aux extrémités de l'Espagne et au pied de l'Atlas; mais ce cerele immense a été en se rétrécissant, rapprochant sans cesse sa circonférence du point central. Nous voici maintenant , après ce long voyage, atuc firontièreue la Germanie, aux Alpes, aur bords du Rliin , à la grande Ile qui regarde les cêtes de la Fnse et de la Belgique ; là sont trois peuples : les Saxons, les Lombards et les Francs , qui vont seuls désormais attirer notre attention.
Les deux premiers , bien ou'ils aient fondé des sociétés où prévalent les moeurs et les coutume» germaniques, ne nous occuperont oue quelques instants ; car ils sont s^ares de la Germanie , et nous avons hâte d'y rentrer. Mais les Francs nous arrêteront plus
(*) Théodoric meurt Tan 596, et Téiu ferma en 553, par une mort tragique, I4 liste si courte des rois ostrogolhs d*Itafie.
long-temps , parce que leur histoire est celle de la -Oermanie elle-même.
SAtONS.
t^Ops aïoqs* vu, aTdnt Tinvasioa Attila dans la Gaules les. Saxons descendre et s'établir dans la Grand»-Breta^e.Leursprétentionsak»^ n*étaient pomt^levées ; ils ne demandaient que la petite lie de Thanet. Mais il leur fallut bientôt la Bretagne tout entière. Peu à peq le nombre des étrangers s'était accru ; Henghîst avait fait venir de nouveaux renforts, et les Bretons, inquiets d*avoir à nourrir des hôtes si nombreux , refusèrent d'envoyer au camp
Elus de provisions que de coutume. Ce it le signal de la guerre. Les Saxons invitèrent les Pietés à descendre de leurs montagnes, et, à la faveur de cette diversion , s'avancèrent dans le pays de Kent, forçant les Bretons à reculer devant eux, «comme devant un incendie dévorant. »
Hengbist, resté seul par la mort de son fcère, devidt chef de province et roi du pays de Kent. Ces succès, si Ton en croyait les traditions bretonnes, ne seraient dus qu'à la trahison de Guort^rn. Henehist, disent-elles, avait unejeune fille nommée Rowna; elle séduisit par ses charmes le chef breton, qui abandonna à son beau-père le pays de Kent. Mais les Bretons ne sanctionnèrent i>oint cette cession de leurs terres à un étranger; ils prirent partout les armes et fercèrent les Saxons, repoussés jusqu'à la mer, de remonter sur leurs vaisseaux.
Henghist erra cinq ans sur l'Océan, et les Bretons croyaient Im pirates rejiartls pour leur pays, lorsqu'un jour Henghist reparut, et réclamait les terfes qu'il avaitjadis occupées, obtint que de part et d'autre on enverrait trois cents députés pour-décider la qi^tion ; mais au 'milieu des conO^nces , les Saxons tirant les épées qu'ils tenaient cachées, massacrèrent les envoyés bretons, à la réserve du seul Guorteym, qui ne fut rendu qu'en échange du pays de Kent. C'est ainsi que le chro-
niqueur breton derchait àe^xr'le toofenhr pénible de la c(jilquéte.
FOHDATIOV Dl L*ItBFTAyaiII.
Hençhiit mourut en 488 ; mais déjà s'élevait à cdté de son royaume un antre royaume ^on. En479S<^la était débarqué bu sud du territoire de Kent.
Dix-huit ans plus tard,Kerdîe fbndait le royaume de Wessex (4^-519). En 580 fut établi celui d'Essex. Pendaqt ce temps, toute la nation des^ngles , attirée par le biliit du succès des premiers conquérants, vint débarquer sur la côte nora-est de la Bretagne. Tel fut l'effroi inspiré%ux indigènes par ces nouveau| envahisseurs , que les Bretons appelé?
rent le chef des Angles V Homme de feu. Ils n'en combattirent pas avec moins de courage ; mais pressés par les Scots et les Annes, Ils perdirent une sanglante batailfe d'où bien peu échappèrent. « A leur retour, dit un vieux « poète, ils contèrent à leurs femmes « un récit de paix ; mais les femmes « sentirent sur leurs habits l'odéur du ' « sang. »
Les Angles , maîtres de tout le non!
de la Bretagne, y formèrent quatre royaames, dont l'un retint leur nom et s'appela Est-Anglie, les trois autres furent ceux de fiemide, de Deira et de Mereie. Les indigènes , refoulés de tous les points de l'île vers la côte occidentale, surent au moins s'y défendre opiniâtrément. Les montagnes du pays de Galles devaient y protéger longtemps leur indépendance.
tTSTàMB FéODAI. CIBX LU lULOn. —
LnriaATUBB,
Cest vers J'an 560 que fut accomplie l'ecoupation de la Bretagne par les Angles et les Saxons; cette conquête^ plus que toute *autre , entraîna d'ef- Ëroyables désastres pour la population indigène; car les Saxons n'avaient point, comme les premiers Germains entrés dans les provinces romaines , perdu en partie le caractère et les nabitudes de la vie sauvage. Mais de cette invasion sortit au moins pour
YÂMfJifbBnt une société nouvelle , où la ciTÎlîsation aurait pris sans doute de rapides accroissemràts , si d'autres • peuples di4 Nord D*étaibot venus trou- Dler rétat naissant par leurs incursîoos. L*on parait croire souvent que les Nmnands ont apporté le système fiodal en Angleterre , que 111e , avant eux , était le tnéâtre de désordres et de luttes cottinvelteSf le sétour de Id barbarie. Nul doute oue les Normands n'aient donné à la féodalité une forme plus précise, plus arrêtée; nul doute encore que les Normands n'aient fait beaucoup pour la civilisation de la Grande-Bretagne; mais n'oublions pas que les Sàxons avalent su établir une société régulière, où se retrouvent presque tous m principes du régime féodal;
3 u'une civilisation, inconnue jusqu'alors ans cette tle , naquit et devint assez brillante pour que Cbarlemagne recourût aux Saxons quand il voulut faire revivre les lettres dans la Gaule. « Le tout-puissant maître des princes, qui otdonne des rovaumes et des temps , après avoir brise l'étonnant colosse aux pied&de fer ou d'argile de l'emnire romain, a élevé par les mains de rfllustre Charles un autre colosse non moins admirable, età téte d'or, celui de l'empire des Francs. Au moment où ce monarque commença à r^er seul sur les ré-
S'ons occidentales du monde , l'étude «lettres était tombée partout dans un oubli presque complet : {e hasard amena dlrimle, sur les c^tes de la Gaule, et avec des marchands bretons, deux Écossais, hommes profondément versés dans les lettres profanes et sacrées.
Us n'étalaient aucune marchandise; mais chaque jour ils criaient à la foule qui accourait pour £aiire des emplettes : « Si mielqu'un désire de la science , « qu'il vienne à nous et qu'il en prenne, « car nous en vendons. » Ils aisaient ainsi qu'ils vendaient la science, parce qu'ils voyaient la multitude avide d'acquérir plutôt ce qui s'achète que ce qui •e donne gratuitement; et, soit pour exciter le peuple à la désirer aussi ardemment que les autres biens qui s'obtiennent à prix d'argent, soit, comme la suite le prouva, pour frapper d'admi-
ration et d'étonnement par une teHe annonce, ils la répétèrent si long-tefhps oue les gens, émerveillés ou lescroyapt fous , la Grent parvenir aux oreilles de Charles. Toujours pl(in d'un insatiable amour pour la science , il fit venir en toute bate- les deux étrangers en sa présence , .et leur demanda s'il était vrai oue, comme le publiait la renomméejlsapportassent i^sdence avec eux.
« Oui , répondirent-ils, nous la possS- « dons et sommes prêts à la donner à « ceux qui la cherchent sincèrement, St « pour la gloire de Dieu. » Charles s'enquit alors de ce qu'ils prétendaient pour l'accomplissement de leur ofire.
« Nous réclamons uniquement , répli- « quèrent-ils , des emplacements con- « venables, des esprits bien disposés, « la nourriture et le vêtement , sans « lesquels nous ne pourrions subsister « pendant notre voyage ici. » Comblé de joie par ces réponses , le monarque les ffarda quelque temps , d'abord tous les aeux auprès de sa personne; mais bientôt apr&, forcé de partir pour des expéditions militaires, il enjoignit à l'un d'eux , nommé Clément, de rester dans la Gaule, et lui confia, pour les instruire, un grand nombre d enfants appartenant aux plus nobles fEunilles, aux familles de classe moyenne et aux plus basses. Afin que le maître et les élèves ne manquassent point du nécessaire , il ordonna de leur fournir toA les objets indispensables à la vie, et assigna pour leur habitation des lieux commodes. Quant à l'autre Écossais , Charlesl'emmena en Italie, et lui donna le monastère de Saint-Augustin , prèsdePavie, pour y réunir tous ceux qui . voudrdent venir prendre ses leçons.
« Albin, Anglais de naissance , ap-
{irenant avec auel empressement Chares, le plus religieux des rois, accueillait les savants, s'embarqua et se rendit à la cour de ce prince. Disciple de Bède, le plus érudit des commentateurs aprâ saint Grégoire, Albin surpassait de beaucoup les autres savants des temps modernes dans la connaissance des écritures. Charles, à l'exception du temps où il allait en personne à des guerres importantes, eut
l'UNiVERS.
cpastamment et jusqu'à sa mort Albin avec lui' se feisait 'gloire de se dire son disciple," rappelait son maître, "^t lui donna l'abbaye de Saînt-Martin, près de Tours, pour s'y* reposer, quand luimême s'éloignerait, et instruire ce«x
fui accouraient en foule pour l'entenre (*). »
ron-seulement Charlemagne appeprès de lui les lettrés saxons , mais il puiéait encore dans leurs bikiiothèques, empruntait leurs livres pour les faire copier par ses clercs. De riches bibliothèques se trouvaient en effet à Cantorbery, au monastère de Wcremouth et surtout dans cehn d'York , qui possédait presque tous les écrivains grecs et latins célèbres dans la littéraire sacrée ou profane.
Il n'est point de notre sujet de présenter ici un tableau de la civilisation anglo-saxone. Nous nous contenterons de rappeler quatre noms qui suffisent à la gloire littéraire de l'Angleterre, sous la domination de ses premiers conquérants : Alfred, l'héroïque roi de Vessex; Aldhelm, abbé de Malmsbury, et plus tard évêque de Sherburne, longtemps célèbre par ses poésies; Bède , le vénérable, qu'un concile d'évéques français tenu, cent ans après sa mort, à Aix-la-Chapelle, qualifia de vénérable et d admirable docteur ; Alcum enfin , qui aida si puissamment Charlemagne à établir des écoles dans tout son empire et à régénérer les études alors mourantes.
Nous n'avons point voulu ^itter les Saxons sans indiquer au moms ce que cette peuplade germanique porta sur la terre ou elle s'établit. Le reste de son histoire, le tableau plus complet de ses mœurs et de la civihsation qu^elle développa , appartiennent désormais à l'histoire d'Angleterre.