I.*UNIVEtlfl
tient la reine. Cependant Brunhilde diifère son départ et rassemble autour d'elle une foule immense de parents et de Vassaux. Sigfrid alors va chercher du renfort dans le merveilleux pafs des Niebelungs, habité par des nains et par des géants, pays qu'il avait autrefois «oumis par les armes , et d'où il avait rapporté son trésor et son chaperon. Brunhilde cède enfin et accompagne son vainqueur. Sigfrid réclame de Gunther la main de Crim- Ivide ; il l'obtient , et Ton célèbre à Worms les deux mariages le même jour. Tout se passe à merveille entre Sigfrid et sa jeune épouse. Il n'en va pas de même pour le roi Gunther. Au moment où il se croit le plus sûr et le
Klus près de posséder la fîère Brunilde, elle lui défend de toucher sa blanche chemise ; et comme il veut braver cet ordre, la.robuste héroïne lui attache les pieds et les mains et le suspend à un clou contre la muraille. Le lendemain, Sigfrid paraît très - satisfait , mais Gunther est soucieux. Il raconte sa mésaventure à son beau-frère, oui est toujours son recours dans Tes grandes difficultés. Sigfrid, d'accord avec lui, s'introduit le soir dans la diambre royale, invisible au moyen de^ son chaperon. La reine le prend pour' son époux et veut le traiter comme elle a traité celui-ci la veille. Il a beaucoup à faire pour Venir à bout de cette terrible femme, qui tantôt le
f)resse contre le mur, tantôt serre es doigts du fort Sigfrid de manière à faire jaillir le sang de ses ongles. Enfin il s'irrite de la résistance a une femme; quand elle veut le lier, if la serre à son tour de manière à faire crier tous les membres de son corps.
Alors elle se confesse vaincue ; Sigfrid lui enlève son anneau, et Gunther qui , caché dans un coin , a assisté à cette étrange lutte, vient profiter de la tictoîre de Sigfrid. « Je ne m'opposerai
Elus à ton noble amour , lui ait Brunilde; j'ai éprouvé maintenant que tu étais digne de commander à une femme. »
« Sigfrid retourne dans son pays avec Chrimliilde. Dix ans se passent sans
événements. Enfin Gunthet les invile à une fête qui dure onze jours. Pendant ce temps, une disnute s'élève entre les deux reines , à roccasion de la prééminence de leurs époux. Le dialogue devient de plus en plus pressé et mordant; enfin Cnrimhilde dit dans son emportement à la femme de Gunther : Tu as été la concubine de Sigfrid. Brunehilde tout en larmes va se plaindre à son époux. Sigfrid «e justifie ; mais la vindicative Brunhilde demande à son mad la mort du héros.
Le plus farouche de ses guerriers ,
3ui hait Sigfrid , Hagen achève de l'y écider. On fait une grande chasse , et dans cette chasse, tandis que Sicfrid se penciie pour boire au bord drune fontaine, Hagen le perce entre les épaules, dans le seul point où il fût vulnérable, et que la trop confiante Crimhilde lui avait révélé.
« Le héros s'élance de la fontaine, « un long manche de pique sortait de « sa poitrine ; il espérait trouver son « arc ou son glaive , et alcnrs Hagen « aurait été pavé de ses services. »
« Ne trouvant que son bouclier, fl le lance à son assassin et le renverse,
Euis il lîieurt, et l'on apporte à Chrirailde son cadavre sanglant. On cherche à lui cacher les auteurs du meurtre , mais elle les devine sur-le-champ par , un instinct de douleur. Le vieux pere de Sigfrid, Sigemond^ veut attaquer la Bourgogne. & Nous ne sommes pas < les plus forts, dit-elle, attendons. » Après lui avoir ravi son mari, se^ frères et Hagen lui enlevèrent encoré le trésot des Niebelungs qu'il lui avait laissé : on le précipita dans le Rhin. Dépouillée de tout, Ghrimhilde « supà porta beaucoup de maOx pendant « treize années sans pouvoir oublier « la mort du brave. » Enfin vhrt l'heure de le venger.
« Attila, roi des Huns (qai s'appelle ici Etzel), ayant perdu safemmeHe^a, envoie demander en mariage la veuve de Sigfrid , dont la renommée est venue jusqu'à lui. Ses messagers la troiH vent encore noyée dans les larmes | elle reftise d'abord d'éponser ce païen. Mais enfin^ contrainte pat ses frères ^
elle cède et part pour le pays des Huns. Ils arrivent a la cour d'Attila où étalent tôutes sortes dé peuples et m grand nombre de héros.
«Au bout de treift autres années , lâ peoiée de venser Sigfrid , qui ne quittait Cluîmhilae ni Te jour ni la nuit , lui fait demander i Attila d'engager «es frères à venir la voir. Attila y consent. Elle a soin de comprendre dans l'invitation le terrible Hagen, son ennemi le plus abhorré. Des ménestrels viennent de la part d'Attila ad pays des princes bourguignons , et les engagent en son nom à le visiter en Hongrie, au solstice prochain : ils hésitent. Hagen leur dit de se déûet de Chrimhilde. Ënfin ils partent avec une nombreuse suite de guerriers. Avant leur départ et pend nt leur voyage, des prédictions ratales leur annoncent qu'ifs ne reviendront pas du pays des Huns. Un sombre pressentiment les eagne, mais ne les détourne pas; et Ha^en brise avec un farouche héroïsme b barque dans laquelle ils ont passé le Rhin , parce qu'il sait qu'elle ne leuf servira pas pour le retour.
«Arnvés chez Attila , Ils y trouvent Dietrich de Berne (ThéodorIc de Vérone) , qui les avertit que Chrimhilde pleure encore. Hagen répond :
« Qu'elle pleure tant qu'elle voudra; A il est couché depuis maintes années , « frappé à mort. Qu'elle aime raainte- « nant le roi des Huns; Si^rid ne < reviendra pas , il est enterre depuis « long-temps. » Chrimhilde pense a sa vengeance : eUe se prosterne aux pieds des suerriers d^ Attila pour leur deinaoaer la mort d'Hagen. Cependant lté Niebelungs , comme on appelle dans cette partie au poème les princes boarçiignons, sont assis à un festin magnifique. La nuit vient; Hagen et son ami le ménestrel Volker font la garde et empêchent les meurtriers envoyés par Chrfmhilde de pénétrer dans fa salle où lés prinôes sont couchés. Le lendemain après la messe, un grand tournoi a lieu; dans le tournoi, un chef hun est percé par la lance d'un Bourguignon , cepeudant Attila est encore pour le maintien de la pais. Mais bientôt la
lutte s*engag6 1 Chrimhilde cherche à ârmer, contre ses frères, Théodorie 0t soii vient compâgnôn d'armes, Uild^ brand : comme ils refusent, elle s'adresse à Blésa, frère d'Attila; celui-ci va chercher querelle au Boutguigûoa et il est tué. Les guerriers huns s'avahcent pour venger Blésa. Le Bourguignon qui l'a frappé est frère d'Hagen; il supporte quelque temps seul reffort des Huns, qui lancent tant de traits dans son bouclier, qu'il ne peut plus en supporter le poids. Hagen arrive enfin à son aiae^ et la mêlée S'enéage alors d'Une manière terrible; le f4»*oce Hagen tue le jeune enfant d'Attila et jette sa t^te dans le sein de sa mère. Les Bourguignons se retranchent dans une salle hors de laquelle ils lancent les corps de leurs ennemis , et sept mille morts roulent le long des marches de l'escalier jusqu'au milieu des Huns qui les recevaient avec de grands cris. Vingt mille se présentent pour remplacer leurs frères; les Boni^uignons combattent encore; ils combattirent ainsi tout un long jour d'été. La nuit vient. Épuisés de fatigue, ils demandent la paix et à racheter le dommage qu'ils ont causé.
Les Huns sont prêts à y consentir, mais Chrimhilde les en empêche. « Ne les laissez pas sortir de cette salle, dit-elle, qu'ils y périssent tous. » Son plus jeune frère, Gîselher, lui demahde grâce : « Très-belle-sœur, dit-ll , je me « doutais bien peu que tu m'avais en- « voyé inviter au bord du Rhin, pouf « me faire venir dans ce pays au sein « de tant de maux. Qu'ai-je fait aux « Huns pour mériter la mort ? — Je ne * puis vous fairegrace, répondit-elle, on «c ne me l'a pas faite. Hagen m'a causé « une trop profonde peine; pour cela il « n'y a point de rançon tant que je vi- « vrai, il faut que vous payiez tous pour « lui.» Cependant elle ajoute: «Voulez- <t vous me donner Hagen seul en otage, « et je vous laisserai vivre , car vous « êtes mes frères et ftous sommes les <* enfants de la même mère... «Les guerriers refusent, et Chrimhilde dit aux siens : « Que pas un ne sorte d'iei; qu^il « mette le feu aux quatre coins de \â
L'UNIVERS
« salle ; ainsi sâroot Teneëes toutes mes « douleurs. » On lui obéit et on pousse *âans la salle à coups de traits et de glaive ceux qui étaient encoie à Textérieur. Un des guerriers était tourmenté par la soif, dagen lui cria : «Si tuas « soif, boîs du sang.» — «Alors le brave
< s'en fut là où il trouva des morts : il « s'agenouilla près d'une blessure, il « leva sa visière, il détacha son casque.
' « Là , il commença à boire le sang qui « ruisselait : quoiqu'il n'y fût pas ac- « coutumé , cefa lui sembla grandement « bon. »
Cependant le feu pleut sur leurs têtes ; ils le reçoivent sur leurs boucliers, iiagen leur crie d'éteindre les tisons sous* leurs pieds, dans le sang.
« Ils passèrent ainsi la nuit. Le lendemain six cents vivaient encore.
< Pour ranimer le courage des Huns, Chrimhilde remplit d'or leurs boucliers : elle force à combattre contre ses frères le bon margrave Rtidigert qui les a^iit accueillis a la frontière, et
3ui avait fiancé sa fille au plus jeune 'entre eux. Attila se joint a elle. Rûdiger répond : ^ Seigneur roi, reprenez « tout ce que vous m'avez donné, terres « et châteaux... Mais comment voulez- « vous queje fasse? Je les ai reçus dans « ma maison; je leur ai offert à boire « et à manger, et je leur ai donné un « don : comment pourrai-je travailler à « leurperte?» Ce^ndant Chrimhilde le supplie encore. Alors il dit : « La vie de « Rûdiger paiera aujourd'hui l'amour « que vous et mon seigneur m'avez « montré; « puis il va aux assiégés.
«Braves Niebelungs, leur dit-il, dé- « fendez-vous mieux que jamais. Je « devais vous servir, et je viens vous
< combattre. »
« Plût à Dieu, ajouta-t-il, que vous
< fussiez encor^B sur les bords du Rhin « et que ie fusse mort < »
Ses adversaires sont consternés et touchés de ce lan^ge. L'un d'eux , Gemot, lui dit : «Et maintenant que « Dieu vous récompense, seigneur Rû- « diger , pour les riches dons que vous
< nous avez faits! Si je dois être funeste « à un si noble courage, j'aurai regret t à votre mort. Je porte ici l'arme que
« vous m*avez donnée , bon héros ; elle
< ne m'a jamais manqué dans le péril;
< maint chevalier est tombé sous son « tranchant; elle est franche et sûre : « jamais guerrier ne fit un plus, nche « don.
« Et si vous ne voulez pas renoncer « à votre dessein ; si vous voulez venir à « nousj et me tuer, avec les amis qui « sont ici près de moi; si alors, avec « votre propre glaive, je vous ête la « vie , j en serai fâche pour vous , « Rùdiger , et votre noble épouse. »
« Puis le plus jeune des frères, celui qu'il a fiance avec sa fille, lui demande s^il veut la rendre sitôt veuve.
«- Que Dieu ait pitié de nous ! « dit le brave homme ; et ils élevèrent leurs boucliers pour combattre. Cependant Hagen adresse encore un mot à Rû-.
diger :
« Je suis en grand souci. Le bouclier
< que dame Gotelinde m'a donné , les « Huns l'ont haché à mon bras. Plût au « Dieu du ciel que j'en eusse un aussi « bon que celui que tu portes, Riidiger ! « je ne demanderais pas une autre ar-
< mure.
— « Je te donnerais volontiers mon « bouclier si j'osais le fairedevantCrim- «hilde; mais n'importe! prends -le, « Haçen, et porte-le. Puisses-tu le por- « ter jusqu'au pays des Bourguignons ! » Alors tous sont émus; ae chaudes larmes tombent des yeux de ces guerriers farouches. Tous pleurent de ce qu'on ne peut éviter cette nécessité ternble ; puis lecombat commence, et Rûdiger meurt percé de son propre g^laive par Gemot, qui meurt ainsi que lui.
« La mort de Rûdiger produit une consternation générale. Les guerriers de Théodoric, tous ces héros qui, dans la tradition allemande, l'entourent comme les douze pairs entouraient Charlemagne , en cherchant à arracher le corps de Rûdiger aux Niebelungs , en viennent aux mains avec eux, et alors commence un carnage auprès duquel tout ce qui a précédé n'est rien ; presque tous les grands noms du cycle germanique sont en présence.
Ces héros d'une force et d'une vaillance gigantesques se heurtent dans une
épouvaotablAViâée. LisgueiTiers marebent dans le sang , et le sang r^illit au-dessus de leurs têtes. Enfin il ne reste plus , du coté de Théodoric , que le vieil Hildebrand, et de celui des Niebelungs , que Haéen et Guntber.
« Théodoric leur onre de se rendre à . lui ; ite refusent avec colère . Alors il combat contre chacun d*eux, l'un après l'autre, se rend maître d'eux et les remet à Crimhilde, en lui recom'> mandant de les épai^er. Elle le promet : puis faisant venir Hagen , elle lui demande où on a caché le trésor de Sigfrid. « J'ai juré, dit-il , de ne le révéler à personne. »
« U faut en finir, > dit la noble dame, et elle ordonne de tuer son frèrel'On lui coupa la téte. Elle l'apporte par les cheveux devant Hagen.
« Hagen lui dit : « Le noble roi des « Bourguignons est mort. Maintenant « nul autre que Dieu etmoi ne sctU où ^ est le trésor; et toi, diablesse , tu • ne le scturas jamais.
Elle dit : «Vous m'avez gardé injus- < tementmonor ; mais j'aurai au moins « l'épée de Sigfrid, celle oue portait « mon bien-aimé quand je le vis pour « la dernière fois. «
«Elle la tira du fourreau : line pouvait s'y opposer. Elle se prépara a lui ravir la vie ; elle lui coupa la téte avec le glaive. Le roi Attila le vit et en fut très-affligé. »
«Alors le vieil Hildebrand, indigné de .voir périr un tel mierrier de la main d'une femme , la trappe elle-même à mort. C'est le dernier incident de ce grand drame , qui £e termine en nous montrant tous les guerriers couchés morts, Crimhilde hachée en morceaux, et ks deux héros, Théodoric et Attila , restés presque seuls , qui pleurent les amis et les parents qu'ils ont perdus. >
ATTILA D*AyaiS L*BDI>A fCAirBlVATI.
Attaa joue un assez triste rôle dans cette ptrtîe des Niebelungs; ce n'est plos le fléau de Dieu , l'homme qui a ef&oé du sol tant de cités romaines el gauloises. H assiste sans y prendre
part à l'efifînoyable mêlée qui termine le ipoëme laisse sa femme prendre ellemême répée, tuer les héros et mourir de la main des siens. C^t une figure froide et impassible comme celle de Charlemagnedans les poèmes carlovingiens. A mesure qu'on s'éloigne des temps de la scène , la terreur qu'inspiraient ces grands noms s'ef&ce peu à peu ; ils n'apparaissent plus que comme des puissances qui dominent encore les événements, mais sans descendre jusqu'à eux. L'Edda se termine d une manière plus sombre ^ plus historique
S eut-être. Atli y meurt au milieu des ammes, comme l'ont cru quelques historiens. Sa femme, Gudruna, sœur de Gunar et d'Hogni , a elle-même allumé l'incendie. L'extrait qui suit est également emprunté à M. J.-J. Ampère.
« Un jour qd'Atli revenait du carnage , son épouse s'avance à sa rencontre avec aes vases remplis de miel.
Un grand festin a lieu, après quoi elle s'adresse ainsi à Atli :
« Roi des glaives , tu as mangé dans « ce miel le cœur sanglant de tes fils. « Le noble Atli, me suis-je dit, peut « manger de la chair d'homme dans un « festin et la distribuer à ses braves.
« Tu n'appelleras plus à tes (genoux « tes deux enfants , Eirp ni Eitil , le « cliarme de tes heures de festin ; tu ne
< les verras plus, cniand, assis sur ton « siège royal , tu distribues l'or à tes « guerriers, mettre un manche à une « pique, couper la crinière des che- « vaux , ou dompter des poulains. » — « 11 se fit un grand tumulte sur les « bancs et sous les tentes. Le« guer- « riers poussèrent des eris étranges.
« Les en/ieuits des Huns pleuraient.
« Gudruna seule ne pleure point ; car « elle ne pleura Jamais depuis la mort « de Sigurd, ni ses frères au cœur « d*ours , ni ses teadres enfants , ses « enfants sans défiance, qu'elle avait « engendrés avec Atli. »
« Puis elle profite du sommeil où « l'ivresse avait plonM son époux.
« Sa main meurtrière abreuve son
< lit de sang : elle lâche les chiens , « qui s^élancdht hors de la salle, et « âle réveille les serviteurs par un
« incendie. AiDSÎ elle vengea ses frères.
« £i|e livra aux ilaniuies tous ceux « oui étaient dans Piatéricur , et qui « étaient revenus du lieu sombre où « périrent Gunaret son frère. Lesvieii- « Tespttiitres tombèrent, le trésor était « fumant, les dmeuses royales brûlé- « rent , les guerri^ qui y étaient ren* « fermés tombèrent, priVé^ de la vie, « dans le feu dévorant.»
mUIirs DU ftOTAUMES VOSDÉS PAR L*iinr4-
Ainsi que nous Pavons dit pluç haut, il est heureux qu'Attila n^ait point réussi dans ses projets, parce que cette invasion était trop barbare; elle aurait tout emporté avec elle. Nous verrons de même tomber promptement les royaumes fondés par les premiers conquérants. Il faut nous débarrasser de ces Germains abâtardis, qui se sont vieillis eux-mêmes pour se mieux faire Komains : peu de mots sufOront.
COKQCÊTE t>S L*lSPAGirZ PAR LSS THIQûrEtf.
XX4 PSRQRKT LEURS PROVIVCES.
Le plus illustre de ces royaumes barbares était celui des Visisoths.
Maîtres du midi de la France, us essayèr^t bî#ntdt d> réunir le nord ; mais là cliosé était difficile, car là se tçQuvaient les Francs qui, sans cesse
Srutés par Imjn frèrei d'eiMelà du Q, n'étaienl>pointdiq)QSé8i céder aux Goths ce que leurs armes avaient acquis. Il fallut se contenter de pousser ses frontières jusqu'à la Loire, aiais ils se dédommagèrent sur l'Espagne. Sous le réglée conquérant d'Euric, les Visigotlis passèrent eiu-ore une fois les Pyrénées, prirent SiU-;^gosse et Pani|n^!ii!;(> , s\'i\a(ii;<M-c[it jusqu'au coeur de la Lu^itanie, et ne laissèrent aux SM^ves leur royaume de Galice qu'à condition de le tenir oomme une dépendance de la monarcbie des Qoths.
Lorsque les Francs plissèrent enfin la Loire sous Cbvisi, ude bataifle, dans laquelle le roi de TouloMse, Alaiic II, fut vaincu et tué, fit perdre aux Gutks
VERS
leurs possessions au nord des Pyrénées, et les réduisit a la poss^i'on de l'Espagne,
DSCADESCS DES TISIOOTHS.
Séparés du reste du monde, librei, derrière leurs montaenes, de toute inauiétude, les Visigotns s'endormirent dans une longue paix qui leur fit Qu'huer quels avaient été leurs pères. Leur adhésion à Thérésie d'Arius leur avait fait perdre la Gaule, en aliénant les esprits du clergé catholique. Le changement qui l^s fit rentrer dans le sein de l'église orthodoxe ne leur fut pas plus utile : les évéques prirent
Earmi eux trop d'influence ; les assemlées de la nation devinrent des synodes, des conciles, où les prêtres dominèrent. Kinfluence ecclésiastique se fit partout sentir, mais d'une manière énervante. Si du moins l'esprît de religion avait pu prévenir les troubles et les guerres civiles : loin de là ; leur histoirç ramène à chaque instant des récits de meurtres et d'usurpations qui affaiblirent la monarchie et permirent aux Grecs de Constantino|3le 4e ressaisir quelques places maritimes.
Justini^n put se dire le maître et le suzerain des descendants d'Alaric.
Et cependant cette monarchie si faible dura deux cents ans, sans doute parce qu'il ne se présenta aucun ennemi pour la renverser ; car il suffit, au con^ menoement du huitième siècle, d'une poignée d'Arabes, d'enfants perdus du mahométisme, pogr coiîquerir l'Espagne dans une seule bataille.
Conmie les Ostrogoths, comme les Vandales, les Yisigoths pe laissèrent rien après eux , sur un sol où ils s'étaient cependant arrêtés deux cents ans. Livrés de bonne heure à l'influence romaine et ecclésiastique, ils restèrent impuissants à rien fonder.
Chez eux, presque rien des coutumes
{germaniques: Il y eut bien d'abord deux ois : le code romain pour les Espagnols, la loi visigothe pour les Barbares; mais l'une des deux disparut bientôt dans l'autre, et ce fut la loi barbare. Là , point d'assemblée géilérale de la
nation ; point de malhtm comme chez les Francs; de witenagemot ^ comme diez les Saxons, le roi y est élu par les prêtres et les grands; ce sont eax aussi qui font les lois. Point non plus de féodalité; des terres, mais point de charges héréditaires. Et Oip«pdapl îl n'était pas temps encore de reconstruire de grandes monarchies :
il -était bon gu*on rompît une unité factice, que la société se fractionnât en mille petites sociétés, pour que rhomme reprît le sentiment de sa propre valeur, de sa dignité person^ nelle (*). 1-es Visfgoths voulurent continuer le vieux monde ; ils moururent a la peine comme tous ceux des Barbares qui tentèrent la même chose.
fKUIini Au ROTAUltSDSS VANDALES. raOSPSRITS DES VAHOAI^ SOUS GERSÉeIC. — SAC DE ROME.
Nous avons laissé les Vandales maîtres de Carthage et pillant librement toutes les cotes de la Méditerranée.
lUmie, qui avait échappé à Attila, les vit bientôt arriver. Quelque bas que fût tombé le titre d'empereur d'Occident, il y avait cependant encore des hommes qui l'ambitionnaient jusqu'à l'usurper par un crime. Valentinien II avait été assassiné, et son meurtner Maxime voulait contraindre sa veuve Eudoxie à l'épouser. La malheureuse en fut réduite à implorer le secours du roi des Vandales. Genséric ne pouvait hésiter; il se fît le défenseur dè ^impératrice, et promit de la ravir < aux emhrassements ■ d'aa monstre encore souillé du sang « de son époux. » Il vint donc débarquer à Feinbouchure du Tibre.
B(^ime ne songea qu'à fuir ; mais lorsou'il se disposait à sortir de Rome , un des siens, un soldat bourguignon, indigné de sa lâcheté, le perça de son fyée. Son corps fut jeté dans le Tibre, (jenséricse présenta bientôt aux portes
(•) Oeî a peul-éire besoin pour être bien compris , d'être édatiri par ce que nous auront i dire sur \e régime féodal; uoiis y ttsTojoiu le lecteur.
AGHE. • H
de Rome. Il ne fallait pas songer à résister. Le pape Léon, couvert Je ses habits pontificaux, s'avança avec tout son derçé pour obtenir (lu Barbare des conditions favorables. Genséric promit tout; Rome n'en fat pas moins pillée pendant quatorze jours. Tout ce qui restait encore de richesses fut transporté sur les vaisseaux des pirates ; ils prenaient tout, ju^u'c'^iix statues grecques, jusqu'aux vases antiques. Un vaisseau, chargé de ce« merveilles de l'art, fut englouti par la mer. Les dépouilles du temple de Jérusalem, apportées jadis par Titus, la sainte table, le mystique chandelier aux sept branches, partirent pour Carthage. Ils emportèrent même la couverture en cuivre doré du temple de Jupiter Capitolin.
Rome expiait enfin ses longues spoliations, et enrichissait à son tour son ancienne rivale , devenue la capitale d'un roi barbare. Les habitants eux-mêmes contribuèrent à omér ce triomphe qui s'en allait de Rome à Carthage. Genséric voulait aussi avoir son sérail comme les rois de l'Orient. Plusieurs milliers de jeunes garçons et de jeunes filles d'une rare oeauté furent transportés en Afrique. Eudoxie partit avec celui qu'elle avait appelé ; mais ce tut pour
Sasser de longues années renfermée ans une étroite prison.
ouniRs AVEC i.'BiiPSRmum i»VmxEirr.
Genséric s'avisa enfin de prendre un titre pour piller légalement l'empire d'Occident. Il fit epousev à sou fils aîné, Hunéric, sa prisonnière Eudoxie.
Mai3 il eut bientôt enlevé tout ce qu'il
Îr avait à prendre sur les côtes de 'Espagne, oe ^Italie ou de la Grèce.
Il ne (allait pas soQ§[er à &ire, avecsea pirates et sa cavalerie maure, dés cod*. quêtes continentales ; aussi quand rempire d'Occident ne lui offrit plut que des côtes désej^ et vingt fois pillées, il songea aux provinces de rOrient. L'empereur Léon osa le Rieoacer. « Je lui épar^iuirai la peine de « faire tout le cliemin, » dit Genséric^ et il envoya ravager les côtes de l'Es
gypte et de la Thrace. Les Grecs retrouvèrent cruelle énergie. Une flotte nombreuse m équipée, et une armée débarqua à Tripoli. Pendatit queOenséric arrêtait le débarcfùement commencé par de feintes négociations, ses brûlots incendièrent toute la flotte.
En même temps, les troupes à terre furent attaquées et taillées en pièces.
Les Grecs ne s'exposèrent pas une secondé fofs. Le successeur de Léon demanda la paix 0^75). Deux ans après Genséric mourut.
COVQuirS OB l'aF&IQUB WAM BBLXS4I1B.
Après lui tomba la puissance des Vandales. Ces hommes du Nord, transportés sous le soleil brûlant de TAfrique, perdirent bientôt leur ancienne videur. Tant que vécurent les premiers conquérants, les compagnons de Genséric , ces hardis pirates qui couraient incessamment la Méditerranée des bouches du Nfl à celles de FÈbre, les Vandales furent la terreur de TOccident. Mais leurs fils dégénéré ne songèrent qu'à jouir des richesses entassées par leurs pères. De continuelles disputes entre les ariens et les catholiques, des querelles sanglantes avec les Maures, des usurpations et des meurtres dans la famille royale, permirent bientôt aux Grecs de Constantinople d'espérer la conquête de l'Afrique. Justinien chargea Bélisaire de soumettre cette province à l'autorité de l'église catholique et à celle de l'empereûr. Gélimer, le roi des Vandales, désespéra de son trône après une bataille perdue, et s'enfuit laissant Carthage sans défense. Bélisaire y entra sans lancer une flèche. Cependant les Vandales, renforcés par une armée arrivée de Sardaigne. hasardèrent une nouvefle bataille, ou le génie de Bélisaire tiiompha du nombre. Quelque temps après, Gélimer, assiégé sur la montasne de Papua , fut contraint de se rendre et conduit à ConstantinoplCf pour orner le triomphe de son vainqueur. On ne lai entendit prononcer que ces paroles : Fanitas tarUtatum^ dixU Ecclesiastes , et omnia vanitas
Justinîen, du reste, se contenta d'avoir humilié par cette cérémonie l'orgueil des Vandales. Leur roi reçut en Ga* latie des terres qu'il alla cultiver. L'Afrique rentra, pour un siècle et demi, jusqu'à rinvasion des Arabes , sous la domination de l'empire, et il ne resta de ce royaume des Vandales que je souvenir de leurs cruelles déprédations (584).
VOITDATIOH ET CHUT! DU PR1MIB& &OTAUMS BARBABB O^ITALIX.
Le général qui venait de mettre fin au royaume que les Barbares de la Germanie avaient fondé au pied de l'Atlas, dévait aussi rétablhr en Italie l'autorité impériale. Depuis le pillage de Rome par Genséric, la Péninsule avait eu de bien étranges destinées.
On s'y disputait encore le titre d'empereur ; mais ces empereurs éphémères étaient réduits a l'impuissance, maintenant que les Barbares formaient des royaumes pour leur propre compte.
Cependant ils en trouvèrent encore qui n'avaient point de terres et qui consentirent à les servir pour de Far-
§ent. 11 en vint de toutes les tribus: es Bastarnes, des Suèves, des Huns, des Alains, des Rugiens, des Bourguignons, des Ostrogoths, des Hérules, etc. Ce fut comme une Babel barbare.
Leur chef, Ricimer, investit tantôt l'un , tantôt l'autre , de ce titre d'empereur qu'il ne daignait prendre pour lui-mêine.
Cependant, l'un de ces protégés de Ricimer lui donna quelque souci ; c'était Majorien , que la cour de Constantinoplie envoya pour tâcher d'être véritablement empereur. Il eut des succès contre diverses bandes de Barbares , même contre les VisigDths qui voulaient s'agrandir dans la Gaule.
11 se préparait à descendre eh Afrique, quand Ricimer en finit avec lui par un assassinat, et redevint alors maître de l'Italie. Constantinople n'avait point assez de forces pour l'en chasser ; die se contenta de lui envoyer encore un enqierwir, à condition toutefois que le nouvel Auguste donnerait sa fiUe au
chef iMurbare. Mai^ le gendre fîit bientôt jaloux 'de quelques velléités d'indépendance qu^Anthémius Ût paraître ; il vint r^s^iéger dans Rome,' le fit tuer, et pilla la ville. Ricimer mourut «nelques jours aprè».^^?^). Un autre Barbare le remplaça. '
anm di i.*bmpx&b D^occiourr. — odoacab.
Le fils d*un anden lieutenant d'Attila, d*un chef de It tribu desScyrres, Odoacre mit fin à cette comédie impériale qui se jouait depuis un demisiècle. Après la mort ae Ricimer, il y y avait eu^ dans Tespace de quatre années, quatre empereurs. Le dernier, Romulus Augustule» était fils du patHce Oreste^ qui avait servi jadis dans les troupes d*Attila. Odoacre, qui, pendant toutes ces révolutions, avait réussi à réunir sous ses ordres tôus les Barbares qui se trouvaient alors en Italie, aida Oreste à prendre pour son fils le titre d'empereur. Mais en retour de ce service, il exigea qu'un tiers de toutes les terres d'Italie fussent abandonnées à ses Barbares.
Oreste refusa ; mais il paya son refus par la perte de l'Italie. Odoacre le fit décapiter, et relégua son fils Augustule en Caropafiie. Il prit le titre de roi dltalie; mais ce royaume barbare était sans force réelle, sans consistance.
Odoacre ne pouvait compter, s'il était jamais attaqué, sur le zèle de la population Italienne qu'il dépouillait. Quant à Vannéjfi barbare, elle avait bien un même intérêt qui l'obligeait à se serrer autour de son chef ; mais, composée d'hommes de toutes races, de toutes tribus, sans unité nationale, usée d^a par son long séjour en Italie, aKdtardie par cette vie de soldat mercenaire vendu à dix empereurs , elle ne pouvait espérer de fermer l'Italie à toute invasion nouvelle. La facilité avec laouelle Théodoric renversa cette monaroiie, prouva bien sa faiblesse.
toiTDATioir n CBun du rotaiticb dis
OtnOOOTU. TBÉODOaiC
Lorsque les Goths , reculant devant 7' UcraUm. ( Alleu agns.)
AGNE. 97
l'invasion des Huns , se jetèrent sur l'empire d'Orient,- une partie de leur nation , les Ostrogoths , restèrent sur la rive gauche du Danube, perdus au milieu des peuplades qu* Attila réunit sous ses ordres. On ne les voit reparaître comme peuple indépendant qu après la mort du chef des Huns.
Ils entrèrent bientôt en relation avec Gonstantinople, et Théodoric, fils d'un de leurs chefs, fut envoyé, jeune encore, auprès de l'empereur Léon, comme sage de la paix que promettaient d observer les Ostrogoths, au prix d'un tribut annuel de trois cents livres d'or. Théodoric resta dix années à la cour impériale; toutefois Téducation qu'il y reçut ne lui lit pas oublier d'où il était sorti. Lorsqu à l'âge de dix-huit ans, il revint parmi les siens, il se montra digne de succéder au commandement de son père; il attaqua même Tempire n'ec (*) , et contraignit l'empereur L&n de lui payer un subside annuel de deux raille livres d'or, de le nommer maître de la cavalerie et de l'infanterie, de le reconnaître roi des Ostrogoths, et de ne pas recevoir ses déserteurs dans les limites de l'empire d'Orient. A ces conditions, il promit de tourner sés armes contre tous les ennemis de l'empereur, les Vandales exceptés. Après avoir durant quatorze ans promené sa peuplade de la Pannoniedans laThrace, et de la Macédoine dans l'Épire, à travers des provinces dévastées, luttant sans cesse contre la politique perfide des Grecs, qu'il battait toutes les fois qu'ils osaient se montrer en rase campagne devant lui , il proposa à l'empereur Zénon, ou Zénon^ii proposa luimême, pour se débarrasser d'un si dangereux voisin , d'aller conquérir l'Italie au nom de la cour de Byzance.
XKVASIOir DZ L^ITÀLIS. ,
L'Italie, comme nous l'avons vu, était alors occupée par Odoacre. Ce
(*) La langue grecque qui avait prévalu daiu les provioces orientales a fait donner le nom d'empire grec à Teropire d'Orient.
L'UNIVERS
chef barbare n^avaît pour défendre sa couronne que des mercenaires appartenant à toutes les tribus de la Germanie, étrangers les uns aux autres, et odieux à la population italienne.
Aussi cette monarchie toute récente , sans union nationale, sans force réelle, tomba promptement sous les coups des Ostrogotbs. Trois défaites successives donnèrent à Théodoric l'Italie septentrionale. Odoacre, assiégé dans Kavenne, fut contrainltde se rendre après trois ans d'une résistance opiniâtre.
Le roi des Ostrogotbs, peu scrupuleux d'observer sa parole, le fit massacrer au milieu d'un festin , avec ce qui lui restait de défenseurs.
Maître alors de l'Italie , Théodoric fixa à Ravenne le siése de son nouveau royaume , auquel il ajouta bientôt i'Illyrie, la Pannonie, la Norique et la Rhétie. Deux guerres qu'il eut à soutenir contre les Bourguignons et les Francs, lui valurent, rune la seconde Narbonaise, l'autre la
grovince d'Arles avec la première Naronaisc : acquisition importante qui établissait une communication directe entre l'Italie et l'Espagne , où la minorité de son petit-fils Amalaric lui livrait la régence. Alors toute la nation des Goths, si lonç-tem[)s divisée, se retrouva une dernière fois réunie.
Théodoric sut encore augmenter par d'utiles alliances sa puissance et sa renommée. Il eut l'adresse de placer presaue tous les rois barbares sous son influence par des liens de famille ou de protection. Dès rannée491 , il avait épousé une sœur de Clovis; plus tard il donna une de ses filles à Alaric II, roi des Visigotbs; sa sœur au roi des Vandales; sa nièce à Sigismond, prince des Bourguignons, et enfin sa petite-fille au roi des Thurinciens. La possession de Rome et de Pitalie , l'éclat de sa puissance dont ta renommée s'étendit au loin durant un règne de trente-trois ans, l'élevaient encore au-dessus de tous ces rois, et en faisaient comme le chef de tous les Barbares campés dons les provinces de l'ancien empire romain. Dans les traditions germaniques, le roi des Os-
trogotbs joue le même rile que Chaiflemagpe. Comme lui, Dietrich de Vérone (Théodoric) a todt fait; comme lui il est le héros de tout un siècle épique, et, dans /effroyable mêlée adi termine les Kiebelungs, Dietricn .
ainsi que nous l'avons vu, est à côte d'Attila.
LES OSTROGOTBS SOUMIS A. I.*nrFLUIVai
aoMAtm.
Théodoric comprit le besoin de sortir du chaos tourbill^npant de la barbarie, qui commençait a lasser ceux qui avaient vu de près la tranquillité de la vie civilisée. Il y avait déia cent vingt ans que les Goths étaient entrés dans l'Empire. On voulait se fixer et s'asseoir ; aussi 'Théodoric pe se montra
{)as un vainqueur avide aux peuples de 'Italie. Il donna, il est vrai, la moitié des terres à ses Ostrogotbs ; mais combien y en avait-il de désertes ! Au temps d'Honorius , la Campanie était inculte, et elle ne s'était pas sans doute repeuplée sous l'administration des dix empereurs qui se succédèrent d'Honorius à Odoacre , dans l'espace de quarantequatre ans. Dans tout son^ouvejnement, Théodoric s'efforça de copier l'administration des em|)ereurs. Il ne ferma point les écoles; il engagea les Italiens à les fréquenter ; mais les défendit à ses Ostrogotbs, qui ne devaientavoir d'autre étude que la guerre. Égalité parfaite devant la loi entre le Goth et l'Italien ; mais à l'un les charges civiles , l'industrie, la culture des lettres; à l'autre, le service militaire. Par cette séparation des deux peuples, il espérait toujours posséder une armée d'hommes forts et courageux, et derrière elle, un peuple qui aurait continué et perfectionné la civilisation roïnaine. Cette espérance ne devait pas se réaliser. Le cHmatdu Midi, impitoyable pour les hommes du Nord, dâ:;ima promptement l'armée conmiérante, et il ne fallut pas un siècle pour qu'il fût impossible de trouver un Gotli en Italie.
ALLEMAGTSt;.