‹ Allemagne T. 2Chapitre 11 sur 56 · LOMBARDS · texte numérisé non relu

LOMBARDS

Lo pour

^rsque les Ostrogotfas émigrèrent l'Italie, les terres qu'ils laissèrent

(*) Le moine de Saînt-Gall, traduit par 14. Guizot dans la Collection des mémoires relatifs à lliistoire de France.

vacantes sut les bords du Danube fiv

Tent occupées par les Gépides. L'empire d'Orient n^eut pas le temps.d'eo prendre possession. «Si grande est ♦ votre domination, ô César, disaient ironiquement ces Barbares, si nombreuses sont vo^ cités, qu'il vous faut chercher sans cesse des nations pour les peupler. Vous pouvez abandonner d'aussi inutiles possessions. 4,es Gépides sont vos braves et fidèles alliés, et lorsqu'ils ont anticipé sur vos dons, fis ont montré une juste confiance en votre bonté. » L'empereur ne trouva d'autre moyen de se débarrasser de ' ces fidèles alliés qu'en suscitant contre eux les Langobards ou Lombards.

OUiaAXS ATBG US oiPIDSS.

Ces Lombards étaient un peuple originairement sorti de la Scandmavie, mais qui habitait déjà parmi les Germains au temps de Tacite, et qui sont vantés par lui comme une de leurs plus braves tribus. Peu à peu ils descendirent vers le sud, où ils rencontrèrent, au vr siècle, les Gépides. Une guerre terrible, excitée par Justinien, s'engagea bientôt entre les deux peuples.

Elle dura trente années, et se termina par la dé&ûte des Gépides et la mort de Cunimund, l'un de leurs princes, tué de la main d'Alboin, fils du roi des Lombards. Après la victoire, lorsque Alboin se présenta pour s'asseoir à la table de son père : « Les sag^ coutumes de nos ancêtres, dit Alboin, ne permettent pas qu'un guerrier qui doit être chef du peuple s'asseye au festin royal, s'il na reçu ses armes de la main d'un roi étranger* » Alboin partit avec quarante compagnons pour visiter Thurisund, le roi des Gépides, qui reçut le meurtrier de son fils avec les honneurs de l'hospitalité barbare.

Mais, au milieu du festin, il ne put retenir une larme : « Combien cette place m'était obère !» dit-il en montrant *ie siège occupé par Alboin à la pla«e où son fils venait jadis s'asseoir. Ce souvenir ranima la colère des Gépides.

« Les Lonibards , dit le frère de Cu-

oiùnand.le jeaneprincetuéMr Alboin, les lombards ressembleotam: juments des plaines de la Sarmatie. » — « Tu oublies leurs ruades» répliqua Alboin:

▼a foir la jfliffne d*Asfieid; cherche les os de ion frère, tu les trouveras mêlés àawn des pla^ vils flniiaaux. » Alboin tecM^^ÇQoé, à ces paroles, sous les ooops «h( Guides, sans l'intervention /l&XhurisuiM. Le vieillard retint la éo%e de 8& guerriers; et nour ne point manquer a l'hospitalité, u adopta Alboin pour son 61s , en le revêtant ttes armes eiieore''saBglantes de Cunimund. Biais le vieux chef mourut, et 4a hain» entre les deux peuples, qu'il avait comnrimée, éclata bientôt sur le refus que Ot le nouveau roi des Gépiâts de donner à Alboin se fille, la bdle Rosamund. Des deux côtés l'on prit les arm^ .Soutenus iMur les Avares, peuple nouveau, dont nous aurons plus tard à nous occ4ipr, les Lombards vainquirent une derm'ère fois leurs ennemis et prirent leurs terres. Cette victoire les conduisait aux portes de ritaUe.

L'eunuque Narsès avait détruit dabs cette contrée les derniers restes de la nation des Ostrogoths, et rétabli

Italie rautorité impériale; mais, insulté par l'impératrice qui lui envoya des fuseaux en Tengaseant à laisser les armes aux mains oes hommes pour venir reprendre au milieu des femmes les occupations qui convenaient à un eunuque, il jura de se venger, et appela les Lombards. Alboin ne laissa pas échapper une si belle occasion. Réunissant à son peuple des Gépides, des Avares, des Slaves, il passa les Alpes Juliennes et descendit dans ces befles plaines du Pô, qui devaient conserver jusqu'à nos iours le nom de sa nation. Un chef fidèle resta avec un corps d'armée dans le Frioul, pour fermer rentrée de l'Italie aux autres Barbares. Les habitants d'Aquilée s'enfuirent avec leurs trésors dans les lagunes, où ils augmentèrent le nombre et la puissance des Vénitiens.

Uilan fut prise et Alboin s'y fit procla-

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mer roi d'Italie. Pavie, qui allait devenir la capitale du nouveau royaume, résista peadant trois années.

Pendant ce long siéee , Alboin pénétra dans l'Italie centrale. Les habitants des côtes, des villes maritimes, qui pouvaient espérer que par mer les Grecs leur amèneraient des secours, r^istèrent avec courage; mais toute la plaine, les collines méniedes Apennins, depuis les Alpes jusqu'aux portes de Ravenne, de Gènes et de Rome, tombèrent aux mains des Lombards. Pavie fut la dernière conquête d'Alboin.

Lorsque après trois ans de siège cette ville se rendit, Alboin jura d'en ei terminer les habitants; mais comme il passait sous la porte, son cheval broncha et s'abattit : il vit dans cet accident uMigne de la colère du ciel, et épargna les courageux défenseurs de Pavie (678).

Alboin ne survécut pas long-temps à cette conquête; sa femme Rosamund, qu'il força de boire, à un IMin, dans le crâne de son père, le fit assassiner. Son successeur eut le même sort ; et les Lombards, dégodtés par ces meurtres de la rovaufté, se soumirent à une aristocratie ae trente ducs, qui gouvernèrent la conquête commune.

LOVOOB nnrLimci on jjowêmâmbê mm ttaum.

Le système féodal fût précoce cbes les Lombards. Alboin avait été contraint de partager le coaunandement des pays conquis entre les plus braves de ses compagnons. Ceux-ci devinrent les ducs; mais sans doute qu'à l'exemple de Gisulf, le duc de Frioul, ils exigèrent qu'il leur fût permis de choisir un certain nombre dé nobles familles {/ar€U^ f armes jbarmu)^ qui devaient former, dans leurs gouvernements, comme des colonies militaires, d'où ils pourraient tûrer de nombreux soJdats ; de phis, leurs gcutalds ou eo» mifes obtinrent d'eux, en retour du service militaire, des fieft, où ils s'établirent avec leurs fieimilles. La néoesoessité de se défendre au milieu de la

relation vaincue, les força bientôt construire des châteaux sur leurs

terre. Toutes les collines se couvrirent ainsi de maisons fortifiées,. qui cherchèrent à s*asservir les campagnes environnantes, et où se forma cette noblesse qui lutta si long-temps contre les bourgeois des villes. Un vieux chroniqueur anglais a dit : « Des Normands descendent les hauts personnages de ce pays, et les hommes de basse condition sont fils des Saxons. » On pourrait dire de même pour Tltalie du nord, qu'au moyen âge, les nobles italiens descendaient des conquérants lombards. Leur royaume n*a pas , il est vrai, duré long-temps comme royaume ; il est tombé après deux cents ans, sous l'épée de Charlemagne; mais eux , ils sont restés dans leurs châteaux pour reparaître aprèaWa chute de Fempire cariovingien.

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