‹ Allemagne T. 2Chapitre 13 sur 56 · X.OU BBS AIKMAV* Et DS8 lATAaOU · texte numérisé non relu

X.OU BBS AIKMAV* Et DS8 lATAaOU

Nous aurions encore à parler de la loi des Bavarois et de celle des Alemans ; mais elles sont moins importantes , car elles n'étaient point la loi du peuple conquérant, celle qui tendait • à s'étendre peu à peu sur tout l'empire des Francs. Si Ton en croit la préface mise en tétedes lois des Alemans et des Bavarois, ces lois auraient été revues et corrigées par Dogobert; mais une autre préface nous appreird

aue la loi des Alemans, au moins ans ta forme actuelle, appartient à une époque plus rapprochée, aux jjremières années du Vin* siècle. « Ainsi commence au nom de Ciirist la loi des Alemans, qui a été renouvelée au temps deLandfrîd, fils de Godofrid : u a paru juste aux grands et tiu duc Landfrid , etc. » Ce qui conlirmerait cette opinion, c'est la place énorme qu'occupe dans cette loi tout ce qui regarde l'Église, depuis le titre 1*' jusqu'au titre XXXv, c'est-àdire presqiie toute la moitié de la loi. le titre XXXIX, sur les mariages 'défendus par PÉglise , de même que le chapitre 1" du titre VI de la loi des bavarois sur le même sujet , est em- '.prunté au Brevîarîum.

; Quant à la loi des Bavarois, elle 'paraît avoir été rédigée par des gens 'habiles et instruits dans le droit rortiain. Comme la loi des Alemans, elle commence aussi par ce qui regarde .rÉglise et le duc: c'est sané doute un

1 (*) H. Guizot , ouvrage ciié, pag. 364 d .»iwv.

ordre plus régulier, mais moins orisinal. On sent a chaque pas dans ces lots l'influence ecclésiastiaue et romaine. Ce n'est point comme la loi des Kipuaires, dont les premiers titres traitent du meurtre d'un homme libre , du sang versé, d'un os brisé, d'uqe oreille, d'une main, d'un bras coupé, etc.

Nous nç parlerons point non plus des autres lois des Barbares établis dans l'empire , de la loi des Bour^uî-

Î;nons,si favorable au Romain; m de a loi des Wisigoths, faite dans des conciles d'évéques, et bientôt absorbée par le code Justinien. Ces lois sont à peine germaniques.

Avant d'en flnir avec ces législations barbares, constatons un fait grave.

I.es lois barbares étaient personnelles et non territoriales. Aujourd'hui , un seul et même code re^it toute la France, de Dunkerque a Perpignan.

Malgré la différence des coutumes locales , le Gascon et le Flamand obéissent à la même loi. Les individualités de ces petites nations qui formaient jadis des provinces étrangères les unes aux autres, disparaissent et se confondent dans la généralité de la patrie commune; un peuple, une loi. Il n'en était

S oint ainsi au Vr siècle. Ces Germains ispersés après le chaos de l'invasion , au milieu de peuples inconnus , ne voulaient point cependant abdiquer leur titre de conquérants, en se soumettant tout d'abojfd aux lois des vaincus ; le Franc établi dans les Pyrénées ne voulait point d'autre loi qu§ sa loi sah'que. Muratori , Mably, Montlosier et beaucoup d'autres ont prétendu qu'il était permis de clioisir la loi sous laquelle on voulait vivre. M. de Savigny a.

montré qu'il n'en était point ainsi.

Quand même nous n'aurions aucun fait pour appuyer cette opinion, nous l'adopterions encore, car à coup s^r l'orgueil des vainaueurs a dû s'opposer à la concession de ce privilège, qui aurait élevé le vaincu à la condition du vainqueur, et effaci la différence aire la loi salique établit par le webrgeld , entre les deux nations. Tout ce qu'on peut accorder , c'est qu'il fut permis aux hommes de race barbare de cban-

0irdelèt; leEi|maire, pur exemplet pai prendre la loi salique et quitter la nenne. On trouve en efifet Dràjuemméat œs expressions d^ns la loi saliqoe, un Franc ou un homme vivant tons la loi salique. Mais le Romain ne pat sans doute, dans les premiers temps ', si ce n^est dans de rares exceptions et par privilège, changer sa loi pour celle des vainqueurs.

Remarquons encore que le clergé, alors mémé qu*il se recrutait parmi les Barbares, vivait sous U loi romaine.

Nous verrons plus tard Timportance de ea fait

iNiCADIVCX »SS MéROflMIUn. — MâAIS DU WàLKU»

Nous avons vu sous Dagobert cominencer La décadence de la monarchie de Hlodowiff. Chlother II , son père .

fivait été obligé de remettre le tribut jadis imposé aux Lombards; les Saxons ivaient refusé de payer celui qu'ils devaient aux Francs; la monarchie des 'Wénèdes s'était élevée au sein de F Allemagne, et leurs chefs avaient battu Yarmée de Dagobert; les Aquitains enfin avaient obtenu un dief indépendant. Mais au sein même de Tempire, ftrméntaient les éléments 4'une aissolution prochaine. Chlother II n'avait

Fu l'emporter sur Brunehault qu'avec appui des grands de Bourgogne et d'Ostrasie. Les maires de ces deux jroyaume-s s'étaient fait confirmer pour leur vie dans leur charge. Les évéques et les barons avaient demandé et

Sbtenu la consécration de privilèges tendus, et l'autorité dont le roi de I^eustrie jouissait sur les deux autres royaumes francs se trouvait fort limitée par cette concession. L'Ostrasie surtout, qui avait abandonné Brune- .^HUt, comptait bien ne pas se soujjMttre au bon plaisir du roi de Paris. Xfitre la Neustrie et TOstrasie, il y avait une rivalité dont , comme nous .Tavons dit plus haut, la lutte de Fré- .d^gpode et de Rrunenault n'est que le .mniole. La Neustrie, en effet, était :PQS rbmaine, plus ecclésiastique; elle 'jffficordaî^ davantage à ses rois, qui

diarcbaient % y rétablir le fisc inu)érial.

L'Ostrasie , presque abandonnée des colons romains au moment de la conquête, avait été repeuplée par les tribus germaniques. Là s'était formée une aristocratie plus nombreuse , plus forte, plus inquiète des droits de rautorite royale; et ce qui la rendait plus redoutable encore, c'est qu'elle avait un chef dans la personne des maires du palais.

a Quelle était précisément cette diarge des maires du palais f M. de Sismondi ne peut croire que le maire ait été originairement un ofQcier royal. Il y voit un magistrat populaire institué pour la protection des hommes libres, comme le justiza d'Aragon.

Cette espèce de tribun eût été appelé fnord'dom^ juge du meurtre. Ces mots allemands auraient été facilement confondus avec ceux de nuyor domûs , et la mairie assimilée à la charge de l'ancien comte du palais imnérial. Nul doute que le maire n'ait été souvent élu, et même de bonne heure, aux époques de minorité ou d'affaiblissement du pouvoir royal. Mais aussi nul doute que le maire n^ait été choisi par le roi, au moins Jusqu'à Dagobert.

Quiconque connaît l'esprit de la /anUlle germanique , ne s'étonnera pas de trouver dans le maire un ofGcier du palais. Dans cette famille, la domesticité ennoblit. Toutes les fonctions réputées servîtes chez les nations du raidi , sont honorables chez celles du nord; et en réalité elles sont rehaussées par le dévouement personnel.

Dans les Niebelungen , le maître des cuisines, Rumolt, est un des princî-

§aux chefs des guerriers. Aux festins u couronnement impérial, les électeurs tenaient à honneur d'apporter te boisseau d'avoine, et de mettre les plats sur la table. Chez ces nations, quiconque est grand dans le palais , est

ârand dans le peuple. Le plus grand u palais {mcnor) devait être le premier des leudes, leur chef dans la guerre , leur juge dans la paix. Or, à une époque ou les hommes libres avaient intérêt à être sous la prote(rtion royale, in truste regia, à devenir

antrustîons et leodes , le juge des leudes dut peu à peu se trouver le juge du peuple (*). »

Nous allons voir comment ces juges du peuple parvinrent bientôt à prendre la place des rois. Dagobert avait laissé en mourant ( 63B ) deux fils encore enfants , qui furent confiés à ta tutèle des maires du palais de Neustrie et d'Ostrasie. A la mort du roi ostrasien Sigebert, Grimoald se crut assez fort pour eovover en Irlande le fils du roi, et placer la couronne sur la téte de son propre fils. L'usurpation était anticipée ; elle ne réussit pas. Les hommes libres, irrités de cette ambition de Grimoald, qui s'était mise trop tôt à découvert, l'arrêtèrent et l'envoyèrent au roi de Paris Hlodowig II, qui le fit mourir avec son fils. Les trois royaumes francs se trouvèrent encore une fois réunis sous la faible domination de Hlodowig II; mais lorsque Ebroïm , maire du palais de Neustne , s'efforça de rétablir dans sa force l'autorité royale; lorsqu'il voulut établir une loi territoriale, faite dans un esprit tout romain, c'est-à-dire tout favorable à la royauté ; lorsqu'il refusa, de donner les cnarges de aucs et de* comtes à ceux qui possédaient de grands biens dans les provinces dont Ils demandaient le commandement, alors tous les grands se soulevèrent contre lui. D'abord l'Ostrasie voulut un roi à part, puis les grands de Neustrie, s'alliant secrètement avec ceux d'Ostrasie, les sollicitèrent de venir les délivrer de la tjrannie d'Ébroïm. L'armée qu'Ébroim conduisit contre eux Fabandonna au moment de la bataille; lui-même, fait prisonnier, fut enfermé dans le monastère de Luxeuil. Il est vrai qu'il en sortit bientôt , car le roi d'Ostrasie, que les Neustriens avaient accepté après la chute d'Ébroîm , n'ayant pas compris que les grands n'avaient mis sur sa téte une double couronne qu'à condition qu'il respecterait leurs usurpations, et ayant fait punir l'un d'entie eux d'un châtiment servile,fut tué m

(*) Micliclet , Histoire dù France.

VERS

jour qu'il diassait dans la forêt 4e Chelles , et Ton n'épargna même pas sa veuve enceinte. A la fisiveur des troubles qui suivirent, Ébroîm sortit de sa prison , ressaisit son ancien poiH voir en Neustrie , et continuaiit son ancienne pdlitique , se fit Tadversaire des grands et du maire du palais d*Os« trasie. Cette fois il eut recours à la ruse. Le maire Martin, appdé par hi{ à une conférence, fut assassiné; mais Ebroîm ne put cueillir lui-même les fruits de ce meurtre : il fut assassiné quelques jours après par un Franc, qui ()rétendit du reste venger sur hii une injure personnelle.

Les lic^tilités continuèrent après la mort d'Ébroîm, mais sans au'il se passât rien de décisif jusqu'à la nataille' de Testry. Pépin, dont l'autorité avait crû sans cesse dans cette lutte du parti aristocratique contre la royauté dé^ fendue par Ébroîm , fut biéntôt en étsft de trancher la question. Les Neustriens furent complètement battus à Testry ( 687 ). Vepin jjrit avec loi , dit Frédegaite, le roi Théoderick III avec ses trfeors, et s'en retourna en Ostrasie. Pépin ne prit qu'une chose aux vaincus; il ne leur enleva point leurs terres ; aucun de ses guerriers ne s'établit de force paYmi eux ; seulement la royauté de Neustrie fut eflDacée de fait. La domination passa des bordi de la Seine aux bords du Rhin. S'il jr eut encore des rois mérovingiens, c'est que les maires ostrasiens trouvaient utile de pouvoir montrer de temps à autre aux peuples un roi chevelu de la race de Hlodowig, afin de légitimer en quelque sorte à leurs yeux l'autorité qu ils exerçaient, jusqu'au moment où la main du vicaire de Dieu viendrait imprimer sur leurs fronts un caractère nouvct-^u et sacré.

Depuis la bataille de Testry jos-

Su'aii sacre de Pépin (752) le tit»

e roi fiit porté par des princes mérovingiens. Dans cet espace de 68 ans, aucune réclamation ne s'éleva en faveur de cette race si abâtardie et dégénérée , qu'elle semble avoir peine à se reproduire; ils meurent en effet presque tous adolescents. « Il semble

que ce soit une espèce d*hoinines particulière. Tout Mérovineien est père à quinze ans, caduc a trente. La plupart n^atteignent pas cet âge. Charibert II meurt à vinct-cinq ans; Si-

febert II , Hlodowig II , à vingt-six , vingt-trois ; Childebert II , à vin^quatre; Chlother III, à dix -huit; Dagobert, à vingt-six ou vingt-sept, etc. Le symbole de cette race, ce sont les énervés dç Jumièffe, les jeunes princes à qui Ton a coupe les articulations, et ui s*en vont sur un bateau au cours u fleuve qui les porte à TOcéan ; mais ils sont recueillis dans un monastère.

« Qui a coupé leurs nerfs et brisé leurs os , à ces enfants des rois barbares? C'est rentrée précoce de leurs pères dans la 'richesse et dans les délices du monde romain qu'ils ont envahi. La civilisation donne aux hommes des lumières et des jouissances. Les lumières , les préoccupation^ de la vie intellectuelle oalancent chez les esprits cultivés ce que les jouissances ont d'énervant. Mais les barbares qui se trouvent tout-à-coup placés dans une civilisation disproportionnée, n'en prennent que les jouissances. Il ne taut pas s'étonner s'ils s'y absorbent et y fondent, pour ainsi dire, comme la neige devant un brasier.

« Le pauvre vieil historien Frédegaire exprime bien tristement , dans son langage barbare, cet affaissement du monde mérovingien. Après avoir annoncé qu'il essaiera de continuer Gré^ire de Tours , a J'aurais sou- « haité, dit-il, qu'il me fût échu en « partage une telle faconde , que je « pusse quelque peu lui ressembler.

« Mais l'on puise difficilement h une « source dont les eaux tarissent. Dé- « sormais le monde se fait vieux , la « pointe de la sagacité s'émousse en « nous. Aucun homme de ce temps ne « peut ressembler aux orateurs des «âges précédents; aucun n'oserait y « prétendre (*). »

iTAT Dl L^ALLIMAGMB PEOPEBMBlfT DITS.

Avant de parler de la reconstruction (*) MickeleL Histoira de France.

10* Livraison. (Allemagne.)

AGIVE. 145

de la monarchie des Francs par les Carlovingiens , disons un mot des antres peuples de T Allemagne; voyons ce qu'il était advenu d'eux pendant que les maires du palais se disputaient ainsi le pouvoir des rois.

Il règne une grande obscurité dans l'histoire de rAUemagne , depuis Dagobert jusqu'à la chute des rois mérovingiens ; on voit cependant que cette contrée se lasse d'obéir à des rois imbéciles. Il y a parmi tous les cliefs de peuples , comtes ou ducs , une tendance à se rendre indépendants , à se séparer de la monarchie des Francs , pour former des états particuliers. Si les germes de dissolution qui fermentaient au sein de la société firanque n'avaient point été arrêtés par la famille des Pépins, si Cbarlemagne n'avait point paru , des destinées toutes différentes auraient été réservées à l'Allemagne. Cbarlemagne en effet a arrêté ' la formation d'un certain nombre de royaumes allemands indépendants les uns des autres, et a laissé aprèslui l'idée d'un pouvoir supérieur à celui des princes particuliers, l'idée de l'autorité impériale, qui piendant si lon^-temps servit d'équilibre à la constitution germam'que.

Au temps de Chlothaire II , l'Allemagne était occupée, dans sa plus

§rande partie , par les Francs ; mais es tribus étrangères à la race germanique avaient envahi ses frontièrea. " orientales. Les contrées de l'Allemagne occidentale que les Francs occupaient, étaient, au centre, la Thuringe; au sud , la Souabe ou jbays des Alemans; au sud-est, la Bavière, qui s'étendait alors sur une partie de rAutriche ac-' tuelle jusqu'à la Garinthie; au nord, la Frise et la Saxe. La Souabe, la Bavière et la Thurinçe avaient été de bonne heure soumises; les Frisons avaient été rendus peu à peu tributaires : oeux des parties méridionales, au moins , l'étaient déjà vers 622. Quant aux Saxons , affaiblis par leurs continuelles migrations dans la Grande-

Braliigne, ib mieot été touniis à raUifliice 4es Fransi tt au trilnit Mais ik aTaient tancou» gagné à la ruine des Thuriogiens. Lonqve Tbenderik ■rit ûs^ à leiif reyaome en 531, les Saxons s'emparèrent ëe la Thurinse dn nerd jiiai|u*à l'Unstnit Ile s'étendirent sans dovte plus tard dans les parties erientales et méridionales de ce pays , car kntme les ae,00â Saxons dm araîent suivi les Lombards en Italie « Tonlment, disent les historiens, retourner chez eux, sur les bords dd Wipper, ils troorèrent leur pays occupé p«r des Suères. « Comme au temps oà Albois «fait passé en Italie, CUotlw et Sigebert ataient piaoédans le Ucii qn'il quittait des Suères et df autres nations, ceux qui avaient aeeompagné Albotn, étant revenus du temps de Sioebort, s'élevèrent contre eui, et voiHurent les chasser et les £iire disparaître du pays; maïs îIb leur offrirent la troisième partie des tenres, disant: « Nous pouvons vivre enseoo- « ble V sans nous combattre. » Les antres, irrités parce qu'ils avaient aup»lavant possédé le pays, ne voulurent aucunement entendre à la paix. Les Suèves leur o^iràt alors la moitié des terres, puis les deux tiers, ne gardant pour eux que l|i troisième partie. Les autres le rdfusant, les

Suèves leur offrirent toutes les terres et tous les troupeaux, pourvu seulement ou'ils renonçassent k combattre; mais us n'y consentirent pas, et de^ mandèreirt le combat. Avant de le ^ vser, ils traitèrent entre eux du partage iles femmes des Suèves, et de celles Qu'aurait-chacuD d'eux après la défaite de leurs ennemis, qu'ib regardaient dé^à comme morts; mais la miséricorde de Dieu, qui agit selon sa justice, les obligea de tourner ailleurs leurs pensées; car le oombat ayant été livré, sur vingt mille Saxons, cinq raille fhrent tués ; et des Suèves, qui étaient six mille quatre centa, quatre-vingta aeulement furent abattus, et les autres obtinrent la victoire. Ceux des Saxons qp étaient den|^eurés après ta défaite, jurèaent, avee des impréca-

les cbeveoDL jusqu'à ce se 1 vengés de leurs ennenns; maie ayant recommencé le combat, ils ^nronvèrent encore une plue grande cMule, et ce lut ainsi que la guerre cessa H* »

Les [Horties orientales étaient oeeupées, ainsi que nous favons dit, par des tribus slaves. Les Avares , peuple tartare, s'étaient emparés de la Moravie et de ta Bohême, avai«at dompté les Serbes, habitait des pays situés an nord de ta Bohême, dé^t, de eosh cert avec les Lombards, le royaume desGépides et occupé la Pannonie. Ën 568 , tb avaient bi^u ta roi d*Ostrasta, et l'avaient contraint d*acheter la pata et sa liberté. Mais dès knrs iis 'avaievt cessé d'être redontables ; leurs progrès dans ta Germanta avnent été arrêtés par leurs nierres nvec l'empire d'Orient; à ta Im du staième siècle leur décadence commençait; dès 682, les Antes et d'autres peuples staves des bords du Dniester s'^ienf délivrés de leur domination. Au commencement du septième siède, les Wénèdes de ta Bohême et de ta Carintbie s'étaient révoltés contre eux, tt avaient fondé un royaume qui fut puiasanft pendant qudques années. Presqu'en même temps , les Serbes s'étaient soustraita I leur domination; ta Bohême avait aussi ressaisi son indépendance.

Enfin, dans les' provinces au-dessous du Danube, des Serbes avaient fondé un royaume dans ta Macédoine et dans 1^ provinces connues aujourd'hui sous le nom de Servie et de Bosnie; ils dominaient encore dans ta Dalmatie et dans une partie des lies voisines de ta céto. Cinq grandes tribus de Croates sous des âieta f^rancs avaient enlevé ta rests de ta Dalmatta aux Avares. Quelquesannées plus tai*d , s'élevait en Mcesie le royaume des Bul-

Sares. Ainsi les Avares se trouvaient e tous cotés resserrés par des peu-

Sdes indépendantes; leur rôle était i, ita n'avaient plus qu'à attendre

tiona» de ne ae couper ni ta barbe ni (*} Grèfoiie de Tsm.

ALLEHAGlfiE.

Ut

ûttiVttt tes fàssêi et les haies 06 leur Ktng les armées de Charlemagne.

ss AKVDtirT nrbiFBSBJkim bu frai^bs.

La plQpM de ces IHIms <|ai s'étalent soustraites mtx pirateries des Ayares n'étaient pas plus disposées à reoomiat- Ire h domination des Francs. Mous ârrons vu les Wénèetes de la Gatintbie ehoistrpodrrof letfrarchand Samon,et ftorttre a Wogastfbom'g (*) rsrmée des Francs. A la mémeép^ne, les Serbes, àHîés des Wénèdes, s^étalenl choisi Berwan four prince, et, avec Tappui de Samon, ils avaient m% de fréquentes invasiods en Thurin^e. Lorsgue les Thuringîens se choisirent un ouc , les Serbes soutinrent sa révolte, et la domination des Francs se trouva ainsi eontrainte de recaler vers Tooest.

même temps que fat Thuringe leur échoppait, les Saxons refusaient le tribut 2 tes Frisons se donnaient un duc, Adalgise, et reoouvraieiit leur inrfépéndanca; enfin les ducs des Bavarois et deè Alemans profitaient de la ri^ ▼alité des maires d'Ostrasie et de Neostrît pomr resireisfdre les droits des rois ostrasiens à une sti^rématie purement nominale.

Ainsi, au septième siècle, par suite de la décadence de la famille de Mérovée, de Taffaiblissement de la Neustrle, de Pambltion des maires du pahtfs et dies grands propriétaires ostrasiens qui ne songeaient qu*à vivre indépendants sur leurs terres , la monarchie des Francs s'en allait par lambeaui. L'Allemagne, qu'ils avalent réwile tout entière, se divisait en shc ou sept principautés, dont les chefe voulaient former autant de royaumes indépendants. Les Quiovingiens vont arrtter ce démembrement prématuré, Téanir f Allemagne encore une fois, rapprocher toutes ces tribus , leur foire reconnaître leur parenté, leur révéler ^Aù la nationalité germanique àcmt FIdée ne devait plus se perdre.

(•) Castrum Focatense, Yûitsberg.

/ LE^ CAittoniioiBirs.

DOUBLE QABACriBB Dl CITTB YkUtlÊM*

Cette nouvelle fam^le rénnîssalt i»

elle deux choses qfti devaient la lîiiir# prévaloir; elle était oatrasienne et efr> clésiastique; elle tenait à la fois à TAl^ lemagne et à TÉglise , c'est-à-dire, d'nn côté, à la barbarie, mais à la barbarie plëne encore de force et de jeunesse, de l'autre au pouvoir spirituel, à qui ravennr du monde était oonGé. Ce double caractère devait faire nécessaire* ment tomber entre ses mains Tliérîtese des princes mérovingîeni, qui s'âaient trop souvenus 9iue f Eglise, malgré ses services, était de la raee des vaincus, et qué la tonsure elérït oaie était une honteuse dégradation pour un roi chevelu. « L'hon^me de Dieu t dit le biographe de saint Colomr ban , ayant été trouver le roi de Boujw gogne, Theudebert, kii conseilla a# mettre bas Parrogance et la présonm»

tion,de se faire clerc, d'entrer dans If sein de l'Église, se soumettant à I9 sainte religion, de peur que par-dessui la perte du royaume temporel, il n'e4eourût encore celle de la vie éterneHeu • Cela excite le rire do roi et de tous lep assistante*, ils disoient, en effet, qu'ils n'avaient ramais ouï dire qu'un Mérovingien, âevé à la royauté, fût devenu clere volonteirement. Tout le nrande abomimmt cette paro|e, Colombaa i^oute : Il dédaigne l'honneur d'être dm; eb bienl il le sera malgré lui. »

Nous verrons, en etfet, le dernier roi de cette race enferin^ dans ujfi cloître. La famille des Canoyingiens ne dédaignait pas ainsi l'Église. Plusieurs d'èntre eux sont éveques;Ar- Bulf, Chroduif , Drogon occupent successivement le siège épiscopal de Mete ; d'autres sont archevêques, abbés, moines; quelques-uns enfin sont canonisés; lechef de cettemaison, Pépin de I^nden, surnommé le Vieux « est compte parmi les sainte. «Danstousses jugements, dit son biographe, il s'étudiait à conformer ses arrête aux règles delà divine justice; chose attestée non

L'UNIVERS

seulement, comme nous le dirons ciaprès , par le témoignage de tout le peuple, mais aussi , et plus encore par le soin qu'il prit d'associer à tous ses conseils et à toutes ses affaires le bienheureux Arnoul , éVëaue de Metz , qu'il savait être éminent dans la crainte et l'amour de Dieu; car s'il arrivait que, par ignorance des lettres , il fût moins en état de juçer des choses , celui-ci , fidèle interprète de la divine volonté, la lui faisait connaître avec exactitude. Arnoul était homme, en effet, à expliquer le sen^ des saintes écritures, et.

avant d'être évéque, il avait exercé sans reproche les fonctions de maire du palais. Soutenu d'un pareil appui, Pepm imposait au roi lui-même le' frein de r(^uité, lorsque, négligeant la justice, il voulait abuser de la puissance royale. Après la mort d'Arnoul , il fut attentif à s'adjoindre dans l'administration des afl^ires, le bienheureux Chunibert, évéque de Cologne, également illustre par la renommée de sa sainteté. On peut juger de quelle ardeur d'équité était enflammé celui qui donnait à sa conduit^ des surveillants si diligents et de si incorruptibles arbitres. Ainsi ennemi de toute méchanceté, il vécut soigneusement appliqué à la pratique du juste et de l'honnête, et, par les conseils des hommes saints, demeura constaot dans l'exercice des saintes œuvres. »

Enfin sa femme Itta , >sa fille Gertrude, l'épouse choisie du roi des anges , comme dit le vieux chroniqueur, moururent en odeur de sainteté. Une si sâinte maison devait avoir l'appui de l'Église : il ne lui manqua pas.

Pépin le jeune, appelé aussi Pépin d'Héristal, était petit-fils par sa mere de Pépin de Landen. Nous l'avons vu terminer ù Testry la longue lutte des çrands contre la royauté. Ce triomphe de l'aristocratie ostrasienne, cette victoire des CTands propriétaires aspirant à l'isolement et à l'indépendance sur le roi , qui seul représente l'unité ûe gouvernement et veut maintenir

l'union de toutes les parties de l'empire, semblait annoncer aux peuples

Sue le moment était venu pour chacun 'eux d'effacer l'œuvre de la conquête et de rompre une union forcée. En effet le midi de la Gaule s'isole du nord , la Bourgogne et l'Aquitaine redeviennent des pays romains qui n'ont plus rien de commun avec l'empire des Francs. Dans le même temps les divers peuples delà Germanie se donnent des ducs , et ne se souviennent plus qu'ils ont jadis payé tribut à l'Ostrasie. Ainsi Pepin semblait n'avoir rien gagné par la victoire ; mais il était trop habne , et sa force trop réelle pour qu'il ne cherchât point a reconstruire ce que lui-même avait détruit. C'était, il est vrai , chose difiicile , car pour se substituer au roi qu'il avait abattu, il fallait ménager les grands , faire taire leur jalousie et les amener peu à peu à élever leur égal au-dessus d'euxmêmes. Il y parvint en éveillant leur propre ambition, en leur rappelant la gloire de leurs pères, en leur ^présentant qu'ils avaient jadis conquis la Gaule et soumis les peuples de l' Allemagne , et

Su'il y aurait honte pour eux à laisser 'anciens tributaires se vanter d'être les égaux de leurs vainqueurs et répandre partout <]ue les Francs étaient une race abâtardie et dégénérée. En fsiisant ainsi rentrer son peuple dans la voie des conquêtes, Pepin se rendait nécessaire et maintenait son autorité.

Le pouvoir du maire devait s'accroître à mesure que s'étendrait le nouvel empire, et la royauté sortirait une seconde fois de la conquête comme au temps de Hlodowig; car l'administration du pays soumis devait nécessairement amener l'établissement d'un pouvoir central.

Pepin commença par les peuples voisins de l'Ostrasie. « Il fit beaucoup de guerres, disent les chronique^, contre Ratbod , duc païen , et d'autres princes, contre les Suèves et plusieurs autres nations : dans ces guerres il fut toujours vainqueur (*). » D'un autre côté , il s'efforça de rattacher à sa cause ceux

(*) Vie du bienheureux duc Pepin.

ALLEMAGHE.

mêmes qa*il avait vaincus à Testry.

Pour se concilier les hommes libres de Tfeustrie, il fit épouser à son Gis la veuve de leur dernier maire.

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