ACTES DU ROC SICHAKD
Alphonse X ne vint jamais en Allemagne; son compétiteur Richard de Comouailles y parut à plusieurs reprises; chaque fois il arrivait avec des sommes énormes, que lui fournissaient les riches minesde Comouailles; mais, au bout de quelques mois y il loi fallait , après avoir satisfait à l'avidité de ses partisans , retourner en Angleterre pour y Élire de nouveaux fonds. Les affaires de son pays occupaient d'ailleurs trop vivement son attention pour qu'il pût songer beaucoup à l'Allemagne. Il y fit cependant, en 1269, une ordonnance importante. Les états
convoqués par hii à la diète de Wonns s'engagèrent, par serment, à courir sus a tous ceux qui oseraient exiger des péages illégitimes, troubler la sûreté du commerce et des grands che* mins, ou violer la paix publique. La navigation du Rhin en particulier était entravée par une multitude de péages ; tous les châteaux des seigneurs couvraient ses bords, et, pour être plus sûrs de ne laisser rien passer, descendaient même dans le lit du fleuve, tenant, pour ainsi dire , le bras toujours levé sur les^ richesses du marehand. Dans un autre de ses voyages, Richard donna l'investiture de l'Autriche et de la Styrie au roi de Bohême Ottocare. La dernière fois qu'il (>aruten Allemagne, ce fut en 1269; il y épousa la fille d'un baron nommé Falkenstein , et retourna mourir en Angleterre (1272).
AOCROISSlMBirT DE XJk PDIMA VCK DIS VILLU.
Ces années d'anarciiie, de petites ffuerres entre de petits princes furent favorables à l'accroissementde la puissance des villes. Les villes de Francfort, deMayence, Cologne, Worms, Spire s'associèrent pour leur commerce et pour se défendre des sei-
âneurs de châteaux , qui étaient autant e brigands. Cette union des villes du Rhin est moins une imitation de la confédération des villes de Lombardie, que des premières villes hanséatiques^ Lubeck, Hambourg, Brunswick.
« Bientôt la plupart des villes d'Aile^ magne et de Flandre entrent dans la Hanse. Le principal objet est d'entretenir des vaisseaux et des barques à frais communs pour la sûreté du commerce. Un billet d'une de ces villes est payé sans difficulté dans les autres.
La confiance du négoce s'établit. Des commerçants font, par cette alliance, plus de bien à la société que n'en avaient fait tant d'empereurs et de papes.
« La ville de Lubeck seule est déjà si puissante que, dans une guerre intestine qui survient au Danemark , elle arme une flotte.
«Tandis c|ue des villes commer^nt^
procurent ces avantages tem(K)reIs, les chevaliers de Tordre teutonique veulent procurer celui dû christianisme à ces restes de Vandales jui vivaient dans la Prusse et aux environs. Ottocare II, roi de Boliéine, se croise avec eux. Le nom d'Ottocare était devenu cehii des rois dé Bohême depuis qu'ils avaient pris le parti d'Othon IV. Ils battent les païens : les deux chefs des Prussiens reçoivent le baptême. Ottocare rebâtit Koenigsberg (^).
BTÂT DB L'ALLEMAGNE PENDANT LA QUATBIBMB PBBIODB.
L'Allemagne, quoique privée, par Tabsence (Tun véritable empereur, de l'unité d'action, n'en sentiit pas moins la vie circuler partout : si rÉtat était faible, au moins les individus étaient forts.
Avant d^examiner comment l'Allemagne sortit du chaos on l'interrègne l'avait plongée , arrétons-nous quelque xemps pour jeter les yeux autour de nous 1 et voir un peu ce qui se passait au milieu de ceux que leur vie laborieuse et obscure ne mêlait point aux agitations politiques de leur pnys. Et d'abord occupons-nous des villes qui doivent devenir elles aussi des puissances.