DIS LOIS MILITAIRES, DBS PUHITIOHS ET DES RÉCOMPENSES
Dans des armées composées de par- (*) Yoyez Augustin Thierry.
ties aussi hétérogènes que Tétaient celles des douzième et treizième siècles , époque où tant de personnes se croyaient libres et indéi)endantes , et *où cette libi^té et cette indépendance ne consistaient très-souvent que dans le droit de se faire justice à soi-même, il ne pouvait manquer de s*élever des querelles et des disputes sans cesse renaissantes; aussi les lois et les règlements militaires sont-ils conformes à cet état de choses. Voici les mesures prises par Frédéric T' en :
« f 1 est défendu à oui que ce soit « d'engager des querelles, et encore « moins d'appeler ses camarades à y
rxticiper ; il est défendu de chercher apaiser des querelles epgagées en a recourant à l'épée, à la lance ou aux « flèches; quiconque v prendra part « dans cette intention devra porter une « cuirasse , et n'avoir pour toute arme « qu'un bâton. Un chevalier qui par « un appel à ses camarades a causé un « engagement général , perdra ses ar- ^ mes et sera chassé de l'armée; un « serf, en pareil cas , sera racheté par « son maître , ou battu , tondu , et mar* « qué avec un fer chaud à la joue.
« Quiconque en blesse un autre aura « la main coupée, et l'on tranchera la « téte à quiconque aura tué son adver- « saire.
« Le chevalier qui pille devra restituer « -le double 4e la valeur de l'objet èn- « levé ; si le même crime est commis « par un serf, ce dernier sera donné « commedédommagement par son maî- « tre, ou bien il sera tondu et marqué a d'un fer chaud.
« Il est d'oblisation , pour chacun , « d'empêcher le nrigandage; et si l'on « n'a pu y parvenir sans recourir à la « foret , on devra en faire le rapport « à la justice.
« Quiconque héberge unefille de mau- «( vaise vie, perdra ses armes; et la « fille aura le nez coupé.
« Les valets seront battus pour le pre- « mier vol ; pour le second , ils seront « pendus ; slls n'ont pas été pris en « flagrant délit , ils peuvent se justifier « par répreuve du ler'chaud , ou leur « maître peut déclarer leur innocence