‹ Allemagne T. 2Chapitre 49 sur 56 · AGI^E. 45S · texte numérisé non relu

AGI^E. 45S

« par un serment. L'accusateur « de « son côté , jure qu'il ne poursuit le « coupable que dans la conviction du « crime commis par lui.

« Il est défendu à quiconque trouve < un cheval étranger, de le tondre ou « de le rendre méconnoissable par « quelque mo3[eo que ce soit.

?Iul ne doit recevoir dans sa mai- « son des valets sans maîtres.

« Pour sobriquets donnés, ou pour « tout discours injurieux , on payera « comme dédommagement six livres de « la monnaie qui a cours dans l'armée.

« Celui qui trouve des tonneaux rem- « plis de vin , aura soin de les mettre « en perce bien doucement, afin que « rien ne se perde.

« A la prise d'un château, on peut « s'emparer des richesses qu'il renfer- « me ; mais, pour le brûler, il faut aToir « l'ordre du chef.

a Si les Allemands et les Italiens ne « peuvent s'entéi\(lre , ils auront des « camps séparés. »

Il n était pas rare que des brigands et des soldats vagabonds et insubordonnés se formassent en bandes souvent nombreuses. Ils parcouraient le pays sous le nom de : Ruptavti, BrcLoantkmesy Cotereili, et coipmettaient les crimes les plus atroces. L'empereur Frédéric I" et le roi Louis VII prirent contre eux des mesures très-sévères.

Déjà , à cette époque , la contrebande existait ; il y avait certains articles que les nations oelligésantes ne pouvaient échanger. I9ul chrétien , par exemple , ne pouvait vendre aux Sarrasins des armes , du fer, du bois pour les constructions maritimes , et encore moins prendre le commandement de leurs vaisseaux; le ban, la confiscation des biens, et la privation de la liberté, punissaient l'infî-acteur. ISéanmoins, Ta-mour du gain tit trouver plus 4'^a moyen d'éluder ces défenses.

La bravoure avait ses récompenses ; les. plus usitées étaient: l'investiture du droit déporter partout des armes , et la réception dans l'ordre des chevaliers, ce qui entraînait don de noblesse. Ainsi Frédéric T' , au siège de Tortone, fit noble un simple soldat

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de Tannée ; ainsi il accorda à un cloître , qui lut avait rendu des services, le droit d'armer ses gens ; ainsi , h Milan, on revêtait de simples artisans de récharpe des chevaliers.

DK LA. TACTIQITS.

Comparée à celle des anciens Romains , la tactique du moyen âge était bien imparfaite ; et ceux aes écrivains de cette époque , qui étaient quelque peu versés dans l'antiquité , déploraient cette dégradation de Tart militaire.

Les plans projetés d'avance, et exécutés avec persévérance pendant toute une campagne , l'art de diviser Tarmée de l'ennemi , de couper et de tourner ' ses différentes divisions , les marches et les contre-marches combinées pour opérer une réunion inattendue , etc. , étaient choses ignorées de ce temps , et nous n'en trouvons, si ce n'est dans les campagnes des deux Frédéric erî Italie , presque aucune trace , surtout avant les batailles de Legnafio et de Castelnuovo. La courte durée du service des vassaux , et les frms énormes

Î|ue nécessitait l'entretien d'une armée, orçaiént les chefs à se rencontrer et se livrer bataille promptement, etcelleci une fois gagnée ou perdue , à terminer aussitôt la campagne. De là aussi , il résulta que des victoires trèsimportantes par elles-mêmes, n'eurent pas les suites qu'on pouvait en attendre.

Les batailles elles-mêmes étaient

Ï^hitôt une série de combats particuiers qu'uneattaque et une défense faite d'après un plan suivi. Et quand même, comme cela arriva à la bataille de Bénévent , il y aurait eu un plan arrêté avant la bataille , il était impossible de l'exécuter, attendu que les chefs des différentes divisions , ou les individus eux-mêmes , ne renonçaient jamais à suivre leur propre volonté, et qu'il était oresque impossible de diriger une bataille, en faisant parvenir avec précision les ordres du général sur tous les points où Ton combattait.

Rien n'est plus propre à donner une idée de l'état de la tactique au moyen

âge^ que la description des batailles de Bénévent et de Tagliacozzo. Nous l'empruntons à M. Sismondi , qui a fait un usage si heureux des ^urces originales, et qui a su prêtèr tant de charmes a cette époqUfe brillante de l'histoire italienne.

«Manfred ne voulait pas se soumettre davantage à l'bumlfliation de reculer devant un ennemi auguel chaque succès assurait de nouveaux partisans , et qui , jusqu'alors , avait toujours su se procurer des munitions par le pillage des campagnes. Il divisa donc sa cavalerie en trois brigades; la Première, de douze cents chevaux allemands , commandée par le comte Galvano; la seconde, de mille chevaux toscans, lombards et allemands, commandée par le comte Giordano Lancia; la troisième, qu'il commandait lui-même, était forte de quatorze cents chevaux apuliens et sarrasins.

Quand Charles vit que Manfred settisposait à combattre, il se tourna vers ses chevaliers, et leur dit : « Venu est « le jour que nous avons tant désiré ; » puis il fit quatre brigades de sa cavalerie; la première, de mille chevaux français , comftiandée par Gui de Montfort et le maréchM de Mirepoix; la seconde, qu'il guidait lui-même, était composée de neuf cents chevaliers proven^ux, s|pxquels il avait joint les auxiliaires de Rome; la troisième, sous la conduite de Robert de Flandre et de Gilles le Brun , connétable de France , était formée de sept cents chevaliers flamands, brabançons et picards; la quatrième enfin; sous la conduite du comte Guido Guerra , était celle des quatre cents émigrés florentins. Ces nombres réunis ne forment

2u*une armée de trois mille lances ; et riovanni Villani n'en donne pas davantage à Charles d'Anjou , peut-être pour augmenter la gloire de son héros , en diminuant ses moyens de vaincre.

D'après le calcul des troupes que Charles avait amenées de France^ et de celles qu'il avait trouvées en Italie,

son armée devait cependant être plus forte du double.

" La bataille fut engagée, de part et d'autre , par Tinfanterie, qui, quoi- . (lue ses efforts ne pussent point décider la victoire, n'en combattait pas avec moins d'acharnement. Les archers sarrasins passèrent la rivière , et vinrent , avec de grands cris , attaquer les Français. L'inrantene européenne , qui manquait alors également d'aplomb et de légèreté , ne pouvait pas mieux résister aux voltigeurs qu'a la cavalerie; les Sarrasins , avec leurs flèches , en firent de loin un massacre effroyable.

La première brigade française s'ébranla pour soutenir son infanterie, ' en répétant son cri de guerre , MontjoiCy chevaliers ! Le légat du pape, pendant qtie les Français se mettaient en mouvement, les bénit au nom de rÉglise, et leur donna l'absolution plénière de leurs péchés , en récompense de ce qu'ils allaient combattre pour le service de Dieu. Les archers sarrasins ne purent soutenir le choc des gendarmes français; ils se retirèrent avec perte; mais la première brigade de la cavalerie allemande descendit alors dans la plaine de Grandella, pour rencontrer des ennemis dignes d'elle. Son cri de guerre était Sombey chevaliers! Bans ce second choc, l'avantage fût encore pour les troupes de Manfred : mais les Français , soit qu'ils fussent plus près de leur camp , ou que leurs manœuvres jfussent |Mus rapides , recevaient toujours les premiers , le renfort de leur seconde , troisième et Quatrième ligne; en sorte qu'ils rétablissaient chaque fois la fortune du jour par l'arrivée de troupes fraîches. Leurs quatre corps de cavalerie combattaient déjà, tandis que deux seulement des brigades de Mstnfi^ avaient donné. L'on dit que ce prince , reconnaissant la troupe des Guelfes florentins qui combattait avec valeur , s'écria douloureusement : « Où « sont mes Gibelins . pour lesquels j'ai « fait tant de sacrifices!... Quelle que « soit la fortune de cette iournée > ces « Guelfes sont assurés d&ormais que « le vainqueur sert leur ami, »

«Cependant, au milieu de la bataille , l'ordre fut donné aux Français de frapper aux chevaux , ce qui , entre chevaliers , était considéré comme une lâclieté; les Allemands, qui avaient Tavantage * le perdirent tout à coup par cette manœuvre. Manfred , les voyant ébranlés , exhorta la ligne de réserve qu'il commandait à les soutenir avec vigueur. Mais ce fut le moment critique que prirent les barons de la Fouille et du royaume pour l'abandonner ; il vit fuir le grand trésorier , le comte de la Cerra , le comte de Caserte, et la plus grande partie de ces quatorze cents chevaux qui n'avaient pas encore combattu , et qui , en cliargeant vigoureusement des troupes fatiguées, lui auraient infailliblement assuré la victoire. Quoiqu'il n'eût plus autour de lui qu'un petit nombre de chevaliers, il résolut de mourir plutôt dans la bataille, que de prolonger sa vie avec honte. Comme il mettait son casque en tête , un aigle d'argent, qui en faisait le cimier, tomba sur Tarçon de son cheval : « Hoc est « signum Dei, c'est un présage en- « voyé par Dieu, » dit-il à ses baron^; «j'avais attaché mon cimier de mes « propres mains , ce n'est pas le ha- « sard qui le détache. » N'ayant plus ce signe royal qui l'aurait fait connaître, il se jeta cependant dans la mêlée , combattant en franc chevalier; mais les siens étaient déjà en déroute ; il ne put arrêter leur fuite , et il fut tué au milieu de ses ennemis, par un Français qui né le connaissait pas. »

« Charles n'avait pas plus de trois mille chevaliers pour opposer aux cinq mille que conduisait Conradin : mais un I vieux oaron français, Alard de Saint- Valéry, qui revenait de la terre sainte^ lui suggéra un stratagème périlleux, et peut-être cruel, qui compensa l'infériorité du nombre.

« D'après le conseil du sire de Saint- Valéry , Charles fit trois corps de son armée : le premier fut composé de Provençaux , Toscans , Lombards et

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Campaniens; il lui donna pour capitaine Henri de Cosenoe, qui ressemblait à Charles, et qu'il fit revêtir d'habits et d'ornements royaux. Il forma un second corps de Français, sous les ordres de Jean de Crari ; et il envoya ces deux bataillons, comme s'ils formaient Seuls toute Farmée, ftnrtifler le pont, et défendre la petite rivière qui traverse la plaine de Tagliacozzo. Le roi cependant, avec Alard de Saint- Valéry, Guillaume de Ville- Hardouin, prince de Morée, et huit cents chevaliers, la fleur de toute l'armée guelfe, se cacha dans un petit vallon^ pour ne paraître qu'à la fin du ' combat. Gonradin, après avoir reconnu les deux coros qu'il supposait former toute Tarmée guelfe, divisa la sienne en trois corps, selon les nations qu'il conduisait. Avec le duc d'Autriche, il prit le commandement des Allemands; il donna celui des Italiens au comte Galvano Lancia, et celui des Espagnols à Henri de Castille. A la téte de ses braves soldats , il passa hardiment le fleuve à gàé, et vint donner au travers des Provençaux; leur bataillon fut bientôt mis en déroute , et celui des Français ne résista pas beaucoup plus.

Les Gibelîq3 étaient tellement supérieurs en nombre, que Farmée de Charles prut bientôt ou détruite ou mise en niite. Charles, qui , d'une colline^ voyait le massacre de ses gens, s'abandonnait au désespoir, et voulait à toute force voler à leur secours ; mais le sire de Saint- Valéry , qui , d'après sa connaissance des Allemands, avait calculé les effets de leur victoire , ne lui permit point encore de faire mouvement. Les Allemands, en effet, trouvant sur le champ de bataille le corps de Henri de Cosence, percé de coups, le prirent, d'après ses ornements, pour Charles lui-même; la victoire leur parut complète; et, n'ayant plus rien à craindre, ils se répandirent dans la campagne pour piller.

« Lorsque Alard de Saint-Valérj; vit que les troupes de Conradin avaient complètement rompu leur ordre de bataille , et qu'entraînées à ta poursuite des fuyards, elles étaient divisées

en petits pelotons, hors d'état désormais de sou^nir le choc de ses gendarmes , il se retourna vers Chanes , et lui dit : « Fais à présent sonner la « chargé , car le moment en est venu. » En effet, ces huit cents hommes d'élite et de troupes fraîches, donnant au travers d'une armée de cing mille hommes, mais accablée de fatigue, et tellement dispersée, que, nulle part, on ne trouvait deux cents chevaliera réunis et prêts à faire résistance, en firent un massacre effroyable. Charles était si peu attendu, que quand sa troupe était entrée au galop sur le champ de bataille, ceux qui l'occupaient n'avaient pas douté que ce ne fut un parti des leurs qui revenait de la poursuite des fuyards , et ils ne s'étaient point mis en défense pour les attendre. Les Français, voyant Fenseigne de leur roi relevée, accouraient se ranger autour d'elle, et la troupe de Charles se grossissait, tandis que celle de Conradin diminuait. Les barons qui entouraient celui ci, voyant que ,1a bataille ne pouvait plus être sauvée, lui conseillèrent de se réserver, ainsi que ses soldats, pour un nouveau combat, e^ de se dérober^ pai: la fuite, à la mort ou à la captivité. Conradin, le duc d'Autriche, le coitite Galvano Lancia, le comte Gualferano, et les comtes Gérard et Galvano de Donoratico de Pise, s*en- Âiirent ensemble; et Alard de Saint- Valéry retint à grand' peine les Français qui voulaient les poursuivre; car, si eux, de leur côté, avaient rompu leur ordonnance, i\f auraient pu aisément être défaits à leur tour. Peu s'en fallut même qu'ils ne le fussent par don Henri de Castille, qui rentra sur le champ de bataille avecsesEspagnols.

Cependant ceux-ci Ibrent éràleiuent disprsés, et Charles resta jusqu'à la nuit avec son armée rangée en bataille, pour ne laisser aucun douta sur sa victoire. »

coMPOSiTioir Dit Diniinm oomrt D*inn

ABMU.

Bien que chaque armée, quelque peu

nombreuse qu'elle fût, se trouvât di-

Ti'sëe en petits corps , ces corps , formés ou d*apres les d i verses nations, dont chacune suivait son propre duc , ou d'après la dépendance féodale, et dans ce cas les vassaux suivaient leurs seigneurs , ou bien encore, quand c'étaient les habitants D'une ville, d'après les diverses portes ou les divers quartiers , avec autant de capitaines différents, n'éfSiient ni également nombreux , ni également bien armés, bien exercés, ni également fiaiciles à séparer ou à réunir, selon le besoin. Aussi était-il néctesaire que le généralissime fût moins un habile tacticien qu'un homme assez énergique pour contenir des parties si hétérogèné^, si faiblement unies les unes aux autres, et surtout pour y maintenir Tordre et la discipline; car alors tes rois eux-mêmes avaient moins d'autorité sur leurs armées oue n'en a aujourd'hui un simple oracier dans les nôtres, et cette obéissance passive que le soldat accorde maintenant à son dief Quel qu'il soit, ne pouvait alors être onltenneque par les qualités personnelles du général. Il est vrai que les armées des villes offraient un aspect plus uniforme; mais ici les diefs (soit consuls, soit podestats, soitcapitaines nommés exprès) étaient élus par leurs soldats et responsables devant eux de leurs actions; aussi les changeait-on très-fréauemment ; inconvénient grave, auquel 1 on ne savait pas alors , comme autrefois à Rome, trouver de remède.

Jusqu'à répo<|ue où les habitants des villes prirent l'habitude de servir à cheval, et où les seigneurs féodaux engagèrent des fantassins à leur ser* vice, l'infanterie prévalut dans les armées des villes, la cavalerie dans celles des chevaliers.

XMFLOI DU OIVVimBHTU ABMU.

La cavalerie agissait tantôt tout à £ait seule, surtout quand elle se trouvait sur les ailes, tantôt elle était disperséedans les intervalles des différents corps d'infanterie, tantôt elle était entremêlée de fantassins destinés à la soutenir, ou bien des archers marchaient en avant pour harceler l'ennemi

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de loin, et pour jeter la confusion dans ses rangs avant que la cavalerie ta'opérât sa charge. La cavalerie, qui ne combattait qu'avec l'épée, évitait d'attaquer l'infanterie; car celle-ci, rangée en carrés profonds , croisait ses longues lances, et orésentait un mur d'anrain. L'art de former la cavalerie en ordre de bataille , de lui faire opérer des évolutions, de la faire charger en masse ou par pelotons , de l'employer pour des escarmouches, était probablement d'autant moins connu ^alors, que chez les peuples d'Occident on n'estimait guère d'autre cavalerie que celle dont les hommes et les chevaux étaient également bardés de fer.

Les Turcs savaient tirer un parti bien plus avantageux de leur nombreuse cavalerie; ils ne marchaient pas à l'ennemi en ligne droite et serrée, mais jetaient en avant leurs deux ailes et laissaient en arrière leur centre, de sorte qu'ils paraissaient se diviser en trois corps différents. Si alors l'une des ailes se trouvait attaquée par Tennemi , le centre volait à son secours; si, au contraire, l'ennemi dirigeait son attaque contre le centre, les deux ailes le

{)renaient en flanc et en queue; si enfin 'une des deux ailes ne pouvait soutenir l'attaque de l'ennemi jus(]u'à ce que le centre arrivât, elle faisait semblant de fuir pour entraîner l'ennemi à sa^ursuite; mais, dès que l'autre aile avait fait conversion pour le charger par derrière, elle revenait aussitôt à la charge. Cette tactique était d'autant plus convenable, que les Turcs, ne faisant f»ns usa;;e de lances, évitaient la iiielee, et se bornaient à lancer des ilèchcs de loin, ce qu'ils faisaient avec autant de vigueur que d'adr^ae, $oit en avançant , soit en fuyant.

Parmi les Européens , chaque nation excellait dans une armç ou dans l'autre. Les Français, jHKJfBiÉpley 4'aprèi le témoignage d'tMMWien grecavaîfnt de meilleurs chevaux que tous les autm peuples, et se servaient plus adroitement de la lance; les Allemands, au contraire, étaient m(Ml leurs fantassins

étant d'excellents -^erriers sous tous les rapports; mais il leur reproche de se laisser entraîner par leur courage, et d'oublier alors tous les conseils de la prudence et toutes les règles de Part.

Il paraît que déjà à cette époque les professeurs d'escrime étaient assez communs; le comte de Reichenbach, en 1250, donna à un maître d'armes des terres en fief, sous la cofidition

Su'il n'enseignerait son art à aucun es ennemis du comte.

Les chars à faux ne sont mentionnés que ti^s-rarement à cette époque. Vers le milieu du douzième siède, les Milanais les plaçaient au premier rang dans Tordre de bataille; le second rang était occupé par l'infanterie, le.s tireurs d'arc et lecarroccio; le troisième par d'autres soldats avec les petits étendards, et le quatrième enOn par les auxiliaires.

•TaATAOiMBS.

Nous trouvons des exemples de surprises , d'embuscades habilement dressées, de fontaines et de puits empoisonnés ou taris, et de beaucoup d'autres ruses de guerre. Othon fit crier aux Français, par des gens de son armée qui savaient leur langue : « Sauve qui peut! sauve qui peut ! » et ceux-ci lâchèrent pied* Dans d'autres occasions, on lançait des ruches d'abeilles au milieu de la cavalerie pour y semer le désordre (*).

CAMPBMXVT.

On mettait ordinairement beaucoup de soin à fortifier les camps. Pour cela ~ on choisissait, autant que possible, un eudroit uni , qu'on entourait d'un fossé et d'un rempart. L'intérieur de ces fortifications était régulièrement divisé et traversé par de larges rues; la tente du chef était au centre du camp; là aussi se trouvaient les barges : en marche comme au camp, ils étaient au centre.

(*)* Ceci rappoUe la ruse d'Annibal fai lancer sur les vaisseaux enoemis des poU de terre qui , en se brisant , laissaient échapper un grand nombre de serpents.

VERS

COUTUMES MILITA mis ; COlTPUm A L*BOAnO

DES PRISOMiriBIIS.

Toute guerre, suivant la règle, devait être déclarée d'avance; quelques traités même en fixaient exactement Je terme. Dans certaines villes d'Italie, à Pise et à Florence, par exemple, avant que la guerre commençât, on sonnaitr le tocsin jour et nuit pendant un mois (*).

Plus d'une fois, par suite des idées chevaleresques de ces temps, les guerres les plus acharnées offrirent des exemples remarquables de courtoisie et de générosité : ainsi le sultan Saladin et Ridiard Cœur de Lion se firent mutuellement présent de fruits , de clilèns de chasse et d'objets précieux. Lorsque Richard, devant Acre, demanda à Malek-Adel des poules et d'autres volailles pour ses faucons amaigris , celuici répondit.: « A quoi bon ce prétexte « des faucons? le roi est malaoe; nous « lui enverrons ce dont il a besoin. » Cependant les exemples de grossièreté et de rudesse sont encore plus communs. Les habitants de Bardewick, par exemple, montrèrent une certaine partie du corps à Henri le Lion, et les femmes de Friszlar ne se gênèrent pas davantage devant Conrad , landgrave de Thuringe. Quant aux actes de cruauté, ils ne sont que trop communs. Ainsi Saladin n'avant pas voulu racheter cinq mille prisonniers , Richard les fit tuer, et les croisés leur arrachèrent les entrailles. Dans la guerre de l'Étendard, en 1138, les Ecossais passaient tous les hommes au fil de l'épée, éventraient les femmes enceintes, et jetaient les enfants en l'air pour les recevoir sur leurs lances.

Les prisonniers étaient ordinairement traités avec dureté; on les emprisonnait, et souvent même on les mettait à mort. Les Crémonais massacrèrent les prisonniers milanais; les habitants d'Imola crevèrent les yeux aux prisonniers faits sur ceux da

(*) On peut consulter à cet égard le curieux chapitre de Beaumanoir sur cette na* ticre.

Fâenza; et ceux-ci , en revanche, taillèrent en pièces les prisonniers d'Imola, exposèrent leurs têtes au-dessus des portes, et suspendirent les membres mutilés aux arbres plantés le lon^ des routes. Les Bolonais attachèrent a la queue de leurs chevaux les défenseurs d'un château qui avait quitté leur parti , et les traînèrent ainsi jusqu'à la place publique, où ils furent décapités. En 1280, des prisonniers de Parme, à l'instigation de quelques-uns de leurs ' compatriotes exilés, furent pendus à Crémone par les pieds et les mains, après qu'on leur eût arraché plusieurs dents et mis des crapauds dans la bouche; sur quinze cent soixante- dix-huit, trois cent dix-huit résistèrent à cet horrible supplice.

A côté d'une semblable barbarie, d'autres traitements , quoique fort injurieux , paraissent doux et supportables. Un jour, les Vénitiens firent proclamer que quiconque apporterait une poule blanche recevrait en échange dix Padouans prisonniers. Lorsque les Padouans eurent pris le carroccio de Vicence, ils l'exposèrent dans la cour de l'évéché; etiai super carroccio cacavenait. A Reggio , on mit à chaque prisonnier de Parme un bonnet en papier sur la téte, on lui brûla la barbe, et on le renvoya avec une poire d'ançoisse à la bouche. Plusieurs lois des prisonniers furent renvoyés sans hauts-de-chausse.

Les habitants de Parme allèrent plus loin : ils attachèrent au derrière de ces prisonniers, ainsi dépouillés de leurs vêtements, des bottes de paille, auxquelles ils mirent le feu.

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