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presse vivement pour qu'on lui donné des armes, un carquois et des flèches légères , et brûle de voler sur le^ traces de la biche, comme son père a coutume de le faire. Mais vainement il redouble ses ardentes sollicitations; sa charmante mère lui défend de la quitter, et refuse à ses vœux la permission de s'éloigner. Sa volonté s'irrite, et, comme il arrive à cet âge, si le maître aux soins duquel il est confié et sa mère ne le rétenaient, le royal enfant n'hésiterait pas à suivre la chasse à pied. Cependant d'autres jeunes gens volent, atteignent la biche dans sa fuite, et la ramènent au petit prince sans qu'eUe ait reçu aucune blessure; lui alors
Erend des armes proportionnées à la ûblesse de son âge, et en frappe la . croupe tremblante de l'animal ; toutes les grâces de l'enfance se réunissent et brillent dans le jeune Charles, et leur éclat emprunte un nouveau lustre de la vertu de son père et du nom de son aïeul. Tel autrefois Apollon, quand il gravissait les sommets des montagnes ae Déios, remplissait d'une orgueilleuse joie le cœur de sa mère Latone.
Déjà César, son auguste père, et les jeunes chasseurs chargés de gibier, se disposaient à retourner au palais. Cependant la prévoyante Judith a fait construire et couvrir dans le milieu de la forêt une salle de verdure; des branches d'osier et de buis dépouillées de leurs feuilles en forment l'enceinte, el des toiles la recouvrent; l'impératrice elle-même prépare sur le vert gazon un siège pour le religieux monarque, et fait apporter tout ce qui peut assouvir la faim. César, après avoir lavé ses mains dans l'eau , et sa belle compagne , s'étendent ensemble sur un lit d'or, et, par l'ordre de cet excellent roi, le beau Lothaire* et leur hôte chéri Hé- . rold prennent place à la même table:
le reste de la jeunesse s'assoit sur l'herbe qui couvre la terre, et repose ses membres fatigués sous l'ombrage de la forêt. On apporte, après les avoir fait rôtir, les entrailles chargées de graisse des animaux tués à la chasse^ et la venaison se mêle aux mets apprêtés pour César. La faim satisfaite
disparaît bientôt; on vide les coupes, et la soif à son tour est chassée par une agréable liqueur; un vin généreux répand la gaieté dans toutes ces âmes courageuses, et chacun regagne d'un pas plus hardi le toit impérial. A peine y est-on arrivé, qu'on puise de nouveau dans les dons de lîacchus une chaleur viviflante, et que tous ensuite se rendent aux saints ofOces du soir.
Après qu'ils ont été chantés avec le respect et la dignité accoutumés , Louis et sa^uite retournent au palais. Bientôt se répandent dans le château des flots . de jeunes gens ; ils apportent et désirent mettre' sous les yeux du monarque les trophées de la chasse; ce sont des milliers de bois de cerf, les têtes et les peaux des ours, les corps entiers de
Slusieurs sangliers aux longues soies, es chevreuils, et la biche tombée sous les honorables coups du jeune Charles.
Le roi, toujours plein de bonté, distribue cette riche proie entre tous ses fidèles serviteurs , sans oublier d'en assigner une part considérable à ses clercs (*). »