‹ Allemagne T. 2Chapitre 6 sur 56 · FRANCS · texte numérisé non relu

FRANCS

Nous avons d^ souvent parié des Francs, de leurs Incursions continuelles dans la Gaule. Les plus remuantes de leurs tribus étaient celles qui se trouvaient sur les bords du Rnin inlérienr. «De ce côté, la frontière romaine n'était garantie par aucun obstacle naturel; les forteresses étaient bien moins nonriireuses que vers le eours du Haut-Rhin, et le pays, coupé de marécages et de vastes forêts, offrait un terrain aussi peu propre aux manoeuvres des troupes régulières, qu'il était feivorable aux courses avenweuses des bandes irermaniques. Cest, en effet, près de Peroboucnure du Rhin oue la rive gauche fut, pour la première fois, envahie d'une manière durable, et que les incursions des Francs eurent un résultat fixe, cehri d'un établissement territorial, qui sTagrandit ensuite dp proche en proche. Le nouveau rôle que jouèrent dès lors , comme conquérants territoriaux, ks Francs de la contrée maritime, leur fit prendre un ascendant marqué sur le reste de la confédération. SoH par ii^uence, soit par force, ils derinreot population dominante; et leur principale tribu , celle qui habitait les bouches de l'Yssel, le territone appelé Saliland ou pays de Sale, devint la téte de toutes les autres.

Les Saliskes ou Salions furent re-

:agne. JS»

cardés comme les plus nobles d'entre les Francs ; et ce fut dans une famille salienne, celle des Mérowings, ou enfants de Mérowi^ , que la confédération nrit ses rois, lorsqu'elle eut besoin a'en créer.

« Le premier de ces rois dont Thistoire constate l'existence par des faits positifs, est Chlodio ; car Faramond, nls de Markomir, quoique son nom soit bien germanique et son règne possible, ne figure pas dans les hisu>ires les plus dignes de foi. Cest au nom de Chlodio que se rattachèrent , dans les Usams postérieurs , tous les souvenhrs de la conquête. On lui attribuait à la fois l'honneur d'être entré le premier sur le territoire des Gaules, et celui d'avoir porté jusqu'au bord de la Somme la domination des Francs.

Ainsi, l'on pmonnifiait en quelque sorte les victoires obtenues par une succession de chefs dont les noms demeuraient dans l'oubli, et l'on concentrait, sur quelques années, des progrès

2ui avaient dû être fort lents et mêlés e beaucoup de traverses (*). »

XXPSOITfOir DX CBLODIOV. ^

Un ancien historien des Francs, Roric, nous a conservé le souvenir de ces événements dans un récit où les fables remplacent souvent la vérité, mais qui retrace d'une manière assez vive le caractère de ces expéditions.

« Les éclaireurs rapportèrent que la Gaule était le plus noble de tous les

Says, qu'elle était couverte de richesses e toute espèce, plantée de forêts d'arbres fruitiers , que le sol était fécond et de nature à roumir tout ce qui peut contenter les besoins des hommes.

Cette nouvelle les anime ; ils prennent du cœur en même temps qu'ils saisissent leurs armes (**), brûlent de venger les injures qu'ils avaient éprouvées de la part des Romains (***), aiguisent

(*) Thierry, LetUvs f nr Thistoire de France, p. 9t.

(••) jérma corripiuni et animât, (***) Roric se renpelait-il ce passage de Tite-Live, liv. ix , cbap. 9 : « In tudeftivum, in fiœe iras ofiHOit^t?^

L'UNIVERS

leur courage et léur fer, et s^excîtent les uns les autres, par des discours

Êm d'énergie, à ne plus fuir devant Romains, mais à les exterminer.

Romains, à cette époque, occupaient la Gai^Ie depuis le fleuve du Rhin jusqu'à la Loire. Jusqu'à i'£^)acne s'étendait la domination des Gouis.

Les Burgondes, qui étaient ariens oonmie eux, habitaient sur la rive opposée du Rhône. Le roi Chlodio envoya donc en avant des coureurs jusc^u'à la ville de Camaracum (*) ; il Us suivit bientôt, et passant le Rhin en personne, avee une nombreuse armée, il j^nétra dans la forêt (**) Carbona* ria, s'empara de Toumay et de là poussa jusiqu'à Camaracum : il n'y fît «l'une courte résidence, et ordonna •e passer au fil de l'épée tous les Romains qui s'y trouvaient. Il retint eette ville, et, marchant en avant, il -«Miqutt tout le pays {usqu'à la Somme, é&tra dans la ville d'Ambianum (***), f établit le siège de son empire, et par la suite en demeura tranquille possesseur. II mourut après un règne de vingt ans. A sa mort, Mérovée est élu .pouc gouveomer le peuple , et est élevé sur le trône, dans cette même ville d'Ambiamim. Mérovée, à qui les Francs empruntèrent le nom de Merovici, mérita, par les services qu'il rendit et iMur sa sagesse, une grande considération auprès des Francs, et il se vit honoré par tous comme un père. Ce fut lui qui donna naissance à Chil- 4éric,' le père de VexcellentUsime Clovis. »

Cependant cette expédition ne réus- . ait pes« Aétius, qui surveillait tous les mouvements dés Barbares, tomba sur csXf comme ils célébraient les noces é'un de leurs chefs, et les repoussa jQsqu'amc botds du Rhm (428). Sido- Bius Apollinaris raconte cette victoire d' Aétius avec des détails d'autant phis prédeux qu'ils nous font connaître les mœurs et les habitudes des Francs.

«Vous avea également combattu,

' (•) Cambrai.

{**) La forêt Chaibonièra (♦••) Amienj.

dit-il à &Ici|orîen et à Aétius, dans ces vastes plames des Atrébates que le Franc Uoion (*) avait envahies. Les routes qui v aboutissent se resserrent dans un déulé, et une chaussée longue et étroite, prolongée sur la rivière (**) au moyen de pilotis, conduit le Barbare dfaos le bourg d*Hélena (***) , dont ses archers s'étaient emparés.

Aiiius, tu occups cette diaussiée, et Migorien, monte sur son cheval, combattait au-dessous du ^nt.

« Sur une colline voisine de la rive se faisait entendre le bruit d'une noce barbare, et, au milieu des danses scythîques, on célébrait Thymen d'une fiancée aussi blonde que son époux.

Majorien, s'il font en croire la renommée, les eut bientôt renversés. I^ càsqàe craquait sous les coups, et la cuirasse, opposant ses écailles, repoossait les atteintes des lances ; mais enfin , Fenneml dispersé tourna le dos.

Alors on vit briDer, péle-mêie , sur leurs chariots, tous les apra-éts dé cette union barbare, des plats, les mets provenant de leurs pillages; on les vft la chevelure humide, porter des marmites entourées de gbtrlaiides odoriférantes. Mais Mars s'anime encore, et Belldie, reëoublmt d'»rdeur, brise les flambeaux de Fhjrmen. Le vainqueur s'enopare des chariots et de l'épousés.

« fiaochos, fils de Semélé; jeta moins de désordre au milieu des monstres de Phok)é et des Lapitbes, alots que les femmes Hénoniennes, dans la fureur des orgies, évoquaient à la fois et Vénus et Mars, et employant, pour un combat jttsqu'ahsfs inoui, leurs al iménts enssi^lant^, se firent, après avoir fait circuler le vin à la ronde, dea armes de leurs coupes, et virent^ au milieu d^n tumulte croissaat, le sang d'un (pentaore soinller FOthris. Qu'un ne célèbre plus les OHBbats des TitAnsï Msforien aussi dompte des monstr«s,d0tt M efaerelure rôugeétre est ^erée sur

Clolo, dodkm.

La Caiche , fit ière tfè»-élMitei C***) HfSBdio-le^Tiett, tttitaat SinMtd.

M. Aay. Thieny peDK que c'tet la y 'ajk 4» Leos.

ALLEMAGJSE.

le sommet de la tète et ramenée vers le front; rocciput ainsi dépouillé se montre entièrement à découvert. Leurs yeux sont d'un vert pâle et vitré, leur visage est entièrement rasé; au lieu de barbe, quelaues touffes de poils oue le peigne laboure. Des vêtements étroits serrent leurs membres élevés ; leur baut-de-cbausses retroussé laisse leurs genoux à nu, et une large oeintore en serrant leur taille j^vient chez eux l'obésité. Lancer à travers les airs des bacbes rapides, prévoir Tendroit de la blessure, faire pirouetter son bouclier, devancer par un bond le vol de la lance, et arriver avant elle à Tennemi , tout cela pour les Francs n'est qu*un jeu. Dès leurb premières années^ germe en eux un amour |)réQ06e pour les combats» Qu'ils soient écrasés |»r le nombre ou par suite de Tinfériorité de la positiOB qu'ils occujpent, la mort les abat et non la cramte. Bien ne peut les vaincre, et leiur courage vit encore quand le souffle viM a'est ételat »

SAXÛHSi

Cétait au Y* siècle une charge pé* nible que celle de général de Fempire d'Occident. A peine Aétius s'était^il débarrassé des Francs, qu'il fallut corn* iMttre les Bourguignons et les Visi' goths , alliés douteux^ qui parfois ou- Eiiaient leurs boAS amis les Romains, au milieu desquels ils étalent campés^ MNif se kdsaer aller à leurs ancienne»

oaiHtudes de gtierre et de pillage* Le titre d'allié donné ami Boursui^nons, la cession de la Kovempopulanie aux Vîsigoths, laissa Aétius libre d'enten-^ dre les gémissemento des Bretons (436)-.

Lorsque les Bretons envoyèrent à HoDorius réclamer d« secours contre les Pietés et les Seots : « Oif ils aient k pourvob à leur propre uéfense, »

avait répondu l'empereur. Mais les Bretons, balntués depuis si kmg-temps à m laÎMer gouverner par l'émnger, aMtedis par cette demvcivilisation

S'ils devaient à Koine, avaient petdu ir' ancien courage et l'idée de se

défendre seuls contre leurs ennemis.

Entendant raconter les exploits d' Aétius, ils crurent être plus heureux près de lui. Leurs députés vinrent une dernière fois réclamer les secours de Rome. Il passa , en efiet, la mer, combattit pour eux, repoussa dans leurs montagnes les Barbares de la Calédonie; puis, leur domiant le conseil de créer un seul chef, qui, commandant à tous les Bretons, les rendit, par leur union, capables de résister aux Sootsi repassa la mer, et le dernier des Césariens repartit pour ta terré de Home.

Abandonnés des légions, les Bretons furent bientôt obligée de tourher leurs veux vers les Barbares, et d'implorer ks plus cruels ennemis de Rome. Depuis plus d'un siècle, les 8axens infestaient les côtes de l'Océan germanique. Arrêtés par les Francs qui voulaient conserver pour eux seuls le monopole du ptlla^ de la Gaule, ils avaient été contraints de se jeter h la mer pour courir TOcéan sur de fi'êlefc embarcations. Lorsque les tempêtes ^ si fr^uentes dans les mers du nord; forçaient les galères romaines de dief'cher on abri dans les ports, on voyait ces hardis navigateurs dresser leUri mâts, courir à pleines voiles sur le haut des vagues, et aborder à l'improviste sur tous les points de la côte (*). Déjà, à l'exemple des Francs, ils cheiV eiiaîent des établissements hors de M Germanie; une colora'e de Saxonë était vernie s'étabiti' à Bayeux, à cetté pointe du continent, si fertile m nau-* frages, où 11 y avait tant à gagner pour ceux qui attendaient leur proie de l'Océan. Avec le secours de ces Saxons, les Bretons de la péninsule annoricaine s'étaient délivrés du joug de Rome. L'Idée vint aux nrctons de la grande fie d'appeler aussi ces Saxons à leur aide. Un jour, trois de fcurs vaisseaux croisaient sur la côte de Bretagne, commandés par deux frères,

(*) Qain et Iremoriciu pirctam Saxooa tnelv Sperthat* cui pcTlt atlom toleare BriUnnnm LadoBf et fttsuio gbucani mare Sddere lembo. ' SidoB. ApolL Cam. VU» 369-371.

L'UNIVERS

Hengfaist et Horsa. Les pirates descendirent à la pointe orientale du pavs de Kent ; on les reçut en amis. Guorteyrn, le chef des Bretons, proposa aux deux frères de combattre avec lui; il léur promit la petite île de Ilianet. Henghist et Horsa retournèrent chercher de nouveaux compagnons, et bientôt on les vit arriver avec dix-sept yaisseaux. Us s*établhrent dans l'Ile oui leur était promise, combattirent fidèlement pour les Bretons, repoussèrent plus d'une fois les Pietés et les Scots, et Guorteyrn se ftlicitait avec sa nation de l'heureuse idée q[u'il avait eue d'acheter, par la cession d'un coin de de terre, Tassistance de ses courageux alliés. Mais l'illusion devait peu durer. « Après avoir terrassé nos ennemis, « dit un ancien poète, ils célébraient « avec nous les réjouissances de la « victoire ; nous fêtions tons à Tenvi « leur bienvenue. Mais malheur au «jour où nous les avons aimés!

« malheur à Guorteyrn et à ses lâches « conseillers ! » La Bretagne ne devait pins, en efifet. revoir les légions. Mais qu'importait à Rome la possession de cette Ile lointaine , lorsôu'elle voyait k» Vandales, maîtres de r Afrique, venir piller chaque jour les cotes de l'Itafiel

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