TARI A
cinquante ans sa domination arbitraire, arrachant ici, épargnant ailleurs, mais ébranlant partout les fondements de la vie sociale; — et cette rage d'égalité qui ne pouvait pas élever ce qui est bas, mais seulement abaisser les sommités ; ce duel du présent avec le passé qui se raillent réciproquement, la querelle d'un fou avec un fantôme; ce renversement de toute autorité, spirituelle aussi bien que matérielle; cette marche trébuchante sur leurs derniers débris, et cette faiblesse aux heures terribles du destin, quand la nécessité d'une autorité se fait sentir, et que le destructeur, s'effrayant devant son œuvre, d'angoisse se met à chanter et enfin à rire tout haut... Voyez-vous, cela est terrible, et même, dans une certaine mesure, horrible; mais, pour la comédie, cela est tout à fait excellent t
Toutefois , un Allemand se sentira toujours ici quelque peu mal à Taise. Par les dieux éternels, nous devrions chaque jour rendre grâces à Notre- Seigneur de ce que nous n'avons pas de comédies comparables à celles des Français, de ce que chez nous il ne croit pas de ces fleurs qui ne peuvent se développer que sur un monceau de débris, tel que la société française! Le poète comique français
m'apparait parfois comme un singe assis sur les ruines d'une ville détruite, qui fait des grimaces et éclate d'un rire ironique quand, au milieu des ogives brisées de la cathédrale, se montre la tête d'un renard véritable, quand, dans l'ancien boudoir de la royale maîtresse, une véritable truie fait son lit d'accouchée, ou quand les corbeaux tiennent gravement conseil sur les créneaux de la maison commune, ou que l'hyène, dans le caveau funéraire des princes, remue de vieux ossements..*