‹ Allemands et FrançaisChapitre 16 sur 24 · DONQUICHOTTISME · texte numérisé non relu

DONQUICHOTTISME

FRAGMENT DBS REISEBILDRR *

••• Mais que restera-t-il aux aristocrates quand ils seront privés des instruments couronnés de leur subsistance^ quand les rois seront la propriété du peuple, et pratiqueront un gouvernement honnête et sûr, par la volonté du peuple, source unique de tout pouvoir? Que feront les prêtres quand les rois s'apercevront qu'un peu d'huile de la sainte Ampoule ne peut mettre nulle tête humaine à Tabri

1. Le fragment qa*on va Ure et celai qui le soit se troarent ajoutés aux Reisebiîdcr dans Tédition allemande. — Le premier morceau, que nous intitulons Donquiehottitmê, précède, dans Tédilion de Hambourg, le post-scriptum qui termine, dans Tédition française, la partie des ReiabilderàyMi pour titre la Villa 4e Luequ$9. (T. II.)

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de la guillotine, de même que le peuple s'aperçoit de plus en plus chaque jour que Ton ne se rassasie point avec des oublies ? Alors, sans doute il ne restera autre chose à l'aristocratie et au clergé que de faire alliance pour intriguer et cabaler contre Tordre nouveau du monde.

Peine inutile i Gomme Un géant flamboyant, le temps poursuit tranquillement sa route, sans s'inquiéter des frocards et des gentillâtres hargneux qui aboient au-dessous de lui. Comme ils hurlent chaque fois qu'ils se brûlent le museau au pied de ce géant, ou que celui-ci leur marche involontaire-^ ment sur la tête, si bien que leur obscur poison en jaillit I Leur colère se tourne alors d'autant plus perfide contre les enfants isolés du temps, et^ impuissants contre la masse, ils cherchent à refairo sur les individus leur lâche petit courage.

Hélas ! il faut l'avouer : plus d'un pauvre enfant du temps n'en sent pas moins les coups que des prêtres et des hobereaux aux aguets savent lui porter dans l'ombre, et, quand même une auréole rayonne autour des blessures du vainqueur, ces

blessures saignent pourtant et font souffrir! C'est un étrange martyre que celui que souffrent de nos

jours de semblables vainqueurs ; il ne se termine pas par une confession hardie comme autrefois, lorsque les témoins sanglants trouvaient un prompt échafaud ou un bûcher jubilant. L'essence du martyre^ c'est-à-dire tout sacrifier pour Tamour d'une lubie céleste, est bien encore la même; mais elle a* beaucoup perdu de sa joie et de sa foi intimes; elle est devenue plutôt une persévérance résignée, une souffrance tenace, une mort aussi longue que la vie ; et il arrive même que, dans les heures froides et ternes, les martyrs les plus saints sont visités par le doute. Il n'y a rien de plus horrible que ces heures où un Marcus Brutus commença à douter de la réalité de la vertu pour laquelle il avait tout sacrifié ! Hélas i et celui-là était un Romain, et il vivait dans la période florissante du Portique ; nous autres, modernes, nous sommes d'une étoffe moins solide, et nous voyons en outre fleurir une philosophie qui n'accorde à tout enthousiasme qu'une valeur relative, l'anéantit par conséquent, ou la neutralise en en faisant un donquichottisme conscient de lui-même.

Les froids et habiles philosophes I Gomme ils sourient, avec une compassion hautaine, des tour-

ments et des folies d'un pauvre don Quichotte I Eh pourtant, avec leur sagesse d'école, ils ne remar« quent pas que tout donquichottisme est ce qu'il y a de plus digne d'estime dans la vie, oui, que c*est la vie même , et que ce donquichottisme donne seul un élan plus hardi au monde entier, avec tout ce qui dans ce monde fait de la philosophie ou de la musique, ou laboure ou bâille! Car la grande masse du peuple, y compris les philosophes, n'est, sans le savoir, autre chose qu'un colossal Sancho Pança qui, en dépit de sa crainte prosaïque des coups de bâton, et des recettes de sa sagesse de ménage, suit pourtant le chevalier insensé dans toutes ses aventures périlleuses, attiré qu'il est par la récompense promise, à laquelle il croit parce qu'il la désire, mais poussé davantage encore par la puissance mystique que l'enthousiasme exerce toujours sur la foule, — comme nous pouvons le voir dans toutes les révolutions politiques et religieuses^ et peut-être chaque jour dans les plus petits événements.

Ainsi, toi, par exemple, cher lecteur, tu es, sans le vouloir, le Sancho Pança du poète à la cervelle détraquée, qu^ tu accompagnes dans les pérégrina-

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tiens vagabondes de ce livre, en secouant la tôle peut-éire, — mais enfin tu le suis.

Il y a longtemps de cela ! Bien des nouveaux printemps ont fleuri dans rintervalle; pourtant il leur a manqué toujours leur plus puissant attrait, car, hélas ! je ne crois plus aux doux mensonges du rosMgnoI, le flatteur du printemps; je sais corn* bien vite se fanent ses splendeurs, et, quand j'aper* çois le plus jeune bouton de rose, je le vois en esprit s'épanouir dans une pourpre douloureuse, puis pâlir, se dessécher sous les vents. Partout, j'aperçois un hiver déguisé.

Mais dans ma poitrine fleurit encore cet amour enflammé qui s*élève plein de désir au-dessus de la terre, erre aventureusement dans les vastes espaces béants du ciel, et, repoussé là-haut par les froides étoiles, retombe de nouveau sur cette petite terre, se voit contraint d'avouer, avec des soupirs et des sanglots, qu'il n'y a pourtant, dans toute la création, rien de plus beau et de meilleur que le cœur •

de rhomme. Cet amour, c'est l'enthousiasme, qui est toujours d'essence divine, quelles que soient les actions folles ou sages qu'il accomplit. — Et c'est ainsi que le petit garçon n'a point versé en vain les

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larmes que lui ont arrachées les souffrances du chevalier insensé, aussi peu que le jeune homme lorsque, plus tard, il pleurait des nuits entières, dans sa petite chambre d'étudiant, sur la mort des plus saints héros de la liberté. Maintenant que j'ai revêtu la robe virile, et que je veux moi-même être un homme, les larmes ont pris fin, et il s'agit pour moi d'imiter en homme ces grands précurseurs, afin d'être, un jour, ce que plaise à Dieu i pleuré comme eux par les enfants et les jeunes gens. Oui, c'est sur eux que l'on peut compter encore drns notre siècle glacé, car ils sont enflammés par le souffle brûlant qui leur vient des livres antiques, et c'est pour cela aussi qu'ils comprennent les coeurs de flamme du présent. La jeunesse est désintéressée dans ses sentiments et ses idées, et c'est pourquoi elle pense et sent plus profondément la vérité, et ne lésine pas quand il s'agit de prendre hardiment sa part des confessions et des actes périlleux. Les gens plus âgés sont égoïstes et petits; ils songent plus aux intérêts de leurs capitaux qu'à ceux de l'humanité; ils laissent leur petit esquif

flotter doucement dans la rigole de la vie, et s'inquiètent peu du navigateur qui combat contre les

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Tenues de la haute mer, ou bien ils grimpent, à force de persévérance gluante, jusqu'aux cimes d*|^n poste de bourgmestre ou de président de club, et haussent les épaules à propos des statues des héros que la tempête a renversées de la colonne de la gloire; à cette occasion^ ils racontent peut-être qu'eux aussi, dans leur jeunesse, ils ont voulu, comme d'autres, donner de la tête contre le mur, mais qu'ils se sont ensuite réconciliés avec le mur, parce que le mur est l'absolu, la stabilité^ ce qui est en soi et pour soi^ ce qui, par cela même qu'il est, est raisonnable; de sorte que celui-là est déraisonnable qui né veut pas supporter un absolutisme fondé en raison, incontestablement subsistant et bien établi. Hélas t ces malheureux qui voudraient nous endormir doucement dans la philosophie de Tesclavage, sont moins méprisables que ces scélérats qui, dans leur apologie du despotisme^ ne s'appuient pas même sur des motifs rationnels, mais le défendent historiquement, comme un droit d'habitude, auquel, dans le cours du temps ces hommes se sont peu à peu accoutumés, et qui, par conséquent, possède un droit incontestable, et a forco de loi.

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Hélas ! je ne veux pas, comme Cham, soulever la couverture qui cache la honte de la patrie, mais c*est une chose horrible comment on a su, chez nous, rendre l'esclavage Iui«mème bavard, et com*> ment des philosophes et des historiens allemands tenaillent leur cerveau pour défendre tout despotisme, quelque sot et grossier soiMl, comme chose raisonnable et légitime. Le silence est l'honneur des esclaves, dit Tacite; ces philosophes et historiens prétendent le contraire, et font montre des bouts de rubans d'honneur qui brillent à leur bou«tonniëre.

Peut-être pourtant avez-vous raison, et je ne suis qu*un don Quichotte, et la lecture de toute espèce de livres bizarres a dérangé ma tête ainsi qu'au chevalier de la Manche ; et Jean-Jacques Rousseau a été mon Amadis de Gaule, Mirabeau mon Roland ou mou Âgramant; et je me suis trop enfoncé dans l'étude des faits héroïques des paladins français, et de la table ronde de la Convention nationale. Il est vrai que ma folie et les idées fixes que j'ai puisées dans ces livres sont d'espèce tout à fait différente de la folie et des idées fixes du chevalier ; celui-ci voulait ressusciter la chevalerie mourante.

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moi, au contraire, je. veux anéantir à jamais tout ce qui est encore resté de ce. temps;. et nous agissons ainsi dans des vues entièrement différentes. Hon collègue prenait des moulins à vent pour des géants : moi tout à l'opposé, je ne puis voir, dans nos géants d'aujourd'hui, que des moulins à vent fanfarons; il prenait des outres de cuir pour de puissants enchanteurs : moi, je ne vois dans nos enchanteurs actuels que des outres de cuir; il prenait des auberges de mendiants pour des châteaux, des âniers pour des chevaliers, des donzelles d'écurie pour des dames de cour: moi, tout au contraire, je tiens nos châteaux pour des auberges de gueux, nos cavaliers pour des âniers^ nos dames de cour pour de vuU gaires donzelles d'écurie; de même que celui-ci prenait une comédie de marionnettes pour une action d'Ëtat , moi^ j'envisage nos actions d'État comme de pures comédies de marionnettes; ^ mais pourtant, tout aussi bravement que le brave chevalier de la Manche, je me précipite, la visière baissée^ sur tout ce monde de bois. Hélas ! de semblables hauts-faits tournent souvent aussi mal pour moi que pour lui, et, comme lui, je dois beaucoup

souffrir pour l'honneur de ma dame. Si je voulais la

renier par crainte vaine ou basse avidité, je pourrais vivre à mon aise dans ce monde raisonnable, conduire à Tauiel une belle Maritorne, et faire bénir mon mariage par de gras enchanteurs, et banqueter avec de nobles âniers^ et engendrer des nouvelles innocentes et autres petits esclaves! Au lieu de cela, paré des trois couleurs de ma dame, iV faut que je sois constamment sur le terrain, que je me fraye mon chemin à travers d'indicibles détresses, et je ne remporte pas une victoire qui ne me coûte quelque chose du sang de mon cœur. Nuit et jour, je suis dans Tangoisse; car ces ennemis sont si perfides, que plusieurs que j'avais frappés à mort se donnent encore Fair de vivre, se métamorphosant en toute sorte de figures, et me gâtant mes jours et mes nuits. Combien de douleurs n'ai-je pas eu déjà à souffrir à cause de ces apparitions fatales I Partout où fleurissait pour moi un peu d'amour, ils se glissaient là. les méchants spectres, et écrasaient les innocents boutons. Partout, et là où je pouvais le moins m'y attendre, je découvre sur le sol la trace luisante de leur bave, et, si je n'y prends garde, je' puis glisser de la manière la plus dangereuse, même dans la maison de ceiix que j'aime le plus. Vous

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pouvez rire, et prendre ces inquiétude» pour de vaines imaginations comme celles de don Quichotte. Mais des douleurs imaginaires n'en font pas mojns souffrir pour cela, et, si Ton se figure qu'on a bu delà ciguë, on peut prendre une consomption; en tout cas, cela ne vous engraisse pas. Et que je sois devenu gras, c*est une calomnie; tout au moins, je n*ai point encore reçu de grasse sinécure, et j'aurais pourtant les talents nécessaires pour cela. Il n'y a pas non plus trace en moi de l'embonpoint de mes cousins. Je m'imagine qu'on a fait tout ce qui était possible pour me maintenir maigre; quand j'avais faim , on me nourrissait de serpent; quand j'étais altéré, on m'abreuvait d'absinthe^ on me versait l'enfer dans le cœur, de sorte que je pleurais du poison et soupirais du feu, on rampait après moi jusque dans les rêves de mes nuits; — et^ là, je les vois, ces masques sinistres, nobles visages de laquais aux dents grinçantes, nez menaçanus de banquiers, yeux meurtriers apparaissant sous le capuce, pâles mains à manchettes avec des couteaux brillants.

Aussi la vieille femme qui demeure à côté do moi, ma voisine de paroi, mo tient ne ur fou, et

prétend que je dis en songe les choses les plus folles, et que, la nuit dernière, elle m'a distinctement entendu m'écrier : c Dulcinée est la plus belle femme du monde, et moi, je suis le plus infortuné des chevaliers d*ici-bas; mais il n*est pas séant que ma faiblesse renie cette vérité; percoz-moi d:> votre lance, chevalier I a

MESSIRE VONVED

FRAGBIENT DES REISEBILDER^

•.. Pendant que j'écrivais le chapitre qui précède, je songeais involontairement à toute autre chose. Une vieille chanson bourdonnait continuellement dans ma mémoire, et pensées et images s'embrouillaient de la façon la plus insupportable : que je le veuille ou non^ il faut que je parle de cette chanson. Peut-être, d'ailleurs, sa place est-elle ici, et s'impose-t-elle à bon droit à ma plume. Oui, je commence même à la comprendre aujourd'hui, et je comprends aussi le ton de plus en plus sombre avec lequel la chantait Klas Hinrichson; c'était un

i. Voir ReUebUder, tome !•% le fragment intitulé Schnabefewopfki; — Mettire Vonvêd se place entre les chftpitres lY et V de ce fragment.

Jutlandais, et il servait chez nous comme palefrenier. Il la chantait encore la veille du jour où il ee pendit dans Técurie. A chaque refrain : c Regarde bien^ messire Vonved I regarde I » il riait amèrement ; les chevaux hennissaient avec inquiétude, et le chien de garde aboyait comme si quelqu'un mourait. C'est la vieille chanson danoise de messire Vonved, qui chevauche par le monde, et se bat de droite et de gauche jusqu'à ce que l'on réponde à ses questions, et qui enfin, quand toutes ses énigmes sont résolues, revient sombre au logis. La harpe résonne du commencement à la fin. Que chantait-il au commencement ? que chantait-il à la fm? Je me le suis souvent demandé. La voix de Klas Hinrichson était parfois altérée par les larmes quand il commençait la chanson, et devenait peu à peu rude et grondante comme la mer quand une tempête s'approche. La chanson commence ainsi :

« Messire Vonved est assis dans sa chambrette; il joue de sa harpe si mélodieusement, il joue de sa harpe sans sa robe; alors, voici sa mère qui entre. — Regarde bien, messire Vonved I regarHe t

» Celait la reine Adeline, sa mère, qui lui dit :

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» Mon jeune fils, laisse d'autres jouer de la 2> harpes ceins tonépée, monte ton cheval, chevau- D che, mets ton courage à Tépreuve, lutte et com- D bats; regarde bien tout autour de toi dans le )» monde, messire Yonved ! regarde ) j» Et

B Messire Vonved boucle son épée à son côté, il a hâte de se battire contre de bons champions. Mais sa chevauchée est si étrange ! Pas un homme il ne rcfncontre. — Regarde bien, etc.

]» Son heaume était brillant, son éperon sonnant^ son cheval allait bondissant; lui-même/ le maître, semblait avoir des ailes. — Regarde bien, etc.

]» Il chevaucha un jour, puis trois jours encore, mais sans voir nulle part une ville. — ce Ëia ! » disait le jeune homme, ce n'y a-t*il donc aucune ville dans » ce pays? » — Regarde bien, etc.

» Longtemps sur ce chemin il chevaucha. Messire Thulé Rang* le rencontra, messire Thulé avec ses fils ; tous étaient bons chevaliers. — Regarde bien, etc.

c Mon plus jeune fils, écoute, ce que je dis :

» avec moi de cuirasse change tout de suite, <5chan<- D geons entre nous notre cotte de maille, pour mieux » frapper ce héros. » — Regarde bien, etc,

» Hessire Yonved arrache son glaive de son côté^ il brûle de se battre avec de bons champions; d'abord, il frappe à mort messire Thulé lui-même, puis ensuite ses fils ... Ils étaient douze. — Regarde bien, etc.

j> Messire Yonved remet son épée à son flanc; il a hâte de chevaucher plus loin. Alors^ il arrive près du veneur et lui demande la moitié Ae sa chasse; mais lui ne veut pas partager, il faut qu*î! se batte et il est tué... Et

» Messire Yonved boucle son glaive à son côté; il est pressé de chevaucher plus loin; le héros arrive à la grande montagne, il voit là le berger paissant bon troupeau. — Regarde bien, etc.

« Écoute, berger, et réponds-moi. A qui est lo "n bétail que tu chasses devant tof? Et qu'y a*tril de » plus rond qu'une roue, et où festine-t-on gaiement » dans la nuit de Noël? » — Regarde bien, etc.

ic Dis : où le poisson se tient-il dans les eaux, et

> OÙ est Toiieau rouge si beau? Où boit-on le meilleur » vin? Où boit Yidrich avec ses bons champions? > — Regarde bien, etc.

» Le berger était assis là, la bouche silencieuse, et ne sachant rien dire. Alors, il frappa de son côte avec sa lance, si bien que foie et poumon sortirent. — Regarde bien, etc.

9 Et il arrive près d'un autre troupeau, et, là, il y a encore un berger auquel il adresse ses ques^ tions. Mais celui-ci sait lui répondre, et messire Yonved prend un anneau d'or, et le passe au bras du berger. Puis il chevauche plus loin et arrive près de Tygbé Nold, et le tue, lui et ses deux fils... Et toujours

> Il pousse ça et là son cheval, messire Yonved, le jeune gentilhomme; il chevauche à travers montagnes et vallées, mais il ne trouve personne à qui parler. — Regarde bien, etc.

> Il arriva ainsi vers le troisième troupeau; I!i était un berger avec des cheveux argentés : « Écoute, )» bon berger avec ton troupeau, tu sauras certaine-

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» ment me i épondre connue il faut. » — Regarde bien, etc.

« Qu'y a-t il de plus rond qu'une roue? Où boit- » on le meilleur vin? Où le soleil s'en va-t-il chez i lui? Où reposent les pieds d'un homme mort? d — Regarde bien, etc.

« Qu'est-ce qui remplit toutes les vallées? Quel » est le meilleur vêtement dans la salle du roi? Qui » crie plus haut encore que ne crie la grue? £t qui ]> est plus blanc que le cygne? » — Regarde 1 ien; etc.

« Qui porte sa barbe sur son dos? Qui porte le D nez sous son menton? Qu'y a-t-il de plus noir » encore qu'un verrou de fer? Et qui est plus rax> pide qu'un chevreuil ?» — Regarde bien, etc.

m Où est le plus large de tous les ponts? Qu'est-ce 2> qui répugne, te plus aux regards de l'homme? Où » trouve-t-on le plus haut chemin? Où boit-on le » breuvage le plus froid ?» — Regarde bien, etc.

« Le soleil est plus rond qu'une roue; c'est au » ciel qu'on passe le plus gaiement la nuit de Noël;

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