‹ Allemands et FrançaisChapitre 19 sur 24 · TESTAMENTS · texte numérisé non relu

TESTAMENTS

DE HENRI HEINE

Ceci est mon testament, écrit de ma main, le vingt-sept septembre mil huit cent quarante-six.

Quoique j'aie été, pius que d'autres hommes, favorisé par la nature et le bonheur, quoique ni roccasion ni l'esprit ne m'aient manqué pour exploiter mes facultés intellectuelles, quoique j'aie été intimement lié avec les heureux et les puissants delà terre^ et que je n'eussa^u qu'à tendre la main pour récolter richesse et emplois, je meurs pauvre et sans dignités*

Mon cœur Ta voulu ainsi, car il aimait la vé-

rite et détestait le mensonge. Aussi je ne laisse aucune fortuné et je suis douloureusement ému en songeant à ma pauvre femme, que j'ai infiniment aimée, et qui restera dans une position voisine d'une pauvreté relative.

N'importe, j.e laisse le peu que j'ai à ma femme Mathilde-Creszentia Heine, née Mirât, qui, par sa bonté et sa fidélité, a embelli mes jours.

Je charge de l'exécution de mon testament et de la défense des intérêts de ma veuve, MM. le docteur Siebel et Mignet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, qui m'ont déjà donné tant de preuves d'une inaltérable amitié»

Je prie mon éditeur J. Campe, de Hambourg, de faire payer exactement à Paris — par fractions mensuelles, si c'est possible^ — la rente viagère qu'il me doit pour n;es œuvres complètes, rente qui, d'après notre traité, est réversible après ma mort sur la tête de ma veuve.

Quant à la pension que m'a faite feu mon oncle Salomon Heine, pension dont la moitié doit être servie à ma femme après ma mort, je supplie mon cousin Cbarles Heine de se souvenir de la tou-

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