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DIEU, « NOTAIRE » DU MARIAGE

Monsieur,

MADEÎVfOISELLE,

Dans ce temple paré et illuminé, cette assemblée solennelle de vos deux familles, ce cortège de eeitx qui vous estiment et vous aiment, est fe signe qu'il va se passer entre vous quelque chose de grave et d'aiaguste, à quoi iis> oiït voulu s'associer par leuT présence, par leurs vœux et par leurs prières.

C'est, en eliet, cfu'il s'agit entre vous d'un contrat à passer, qui aura son influence sut votre vie tout entière, et son retentissement Jusque sur votre éternité.

Or, dans les contrats purement temporels^, la loi civile intervient, à cause de leur importance matérielle : elle y exige un notaire, des témoins, des formes, en un; mot, des règles strictes, en dehors desquelles le contrat e^t souvent à ses- yeuî

nul et non avenu : elle refuse de le reconnaître.

Le Mariage des chrétiens a, même au point de vue temporel, une importance qui explique que la loi civile ne s'en désintéresse point. Mais c'est surtout pour les âmes et pour les consciences qu'il a une importance capitale !... Aussi Dieu, le Créateur, le Rédempteur et le Législateur des âmes, n'a pu se désintéresser de ce contrat : et il lui a imposé un notaire, des témoins, des règhs formelles, en dehors desquels le Mariage des chrétiens est, à ses yeux divins, nul et non avenu : il refuse de le reconnaître !...

C'est ce contrat que vous allez passer, ici même.

Les témoins du contrat, ce sont, et le ministre de Dieu, et ceux que vous avez choisis au nombre de vos parents ou de vos amis. ,

La signature du contrat, vous allez, — si j'ose dire, — la donner de vive voix, en échangeant ici votre consentement mutuel au Mariage.

L'objet du contrat, c'est vous-mêmes : car ce n'est pas seulement vous qui donnez, c'est vousmêmes que vous donnez l'un à l'autre, dans un acte de confiance réciproque : vous-mêmes, avec votre intelligence cultivée, avec vos précieuses qualités, avec votre amour du bien, avec vos espérances et votre besoin de bonheur...

O sublime contrat I Qui donc sera digne d'y présider? Quel notaire, oserai-je dire, méritera

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de le recevoir, de l'enregistrer, de le garder et de le sanctionner?... Ce sera Dieu lui-même !... Oui, Dieu, qui veut, — à peine de nullité, — intervenir comme premier témoin au Mariage des chrétiens, signer à leur contrat, en rester le dépositaire, le « garde-notes )> comme disaient nos pères, et l'enrichir, comme cadeau de noces, de ses plus précieuses bénédictions !

Oh I que ces bénédictions tombent sur vous en abondance, et qu'elles conservent leur influence sur votre vie tout entière ! Qu'elles demeurent sur vous pendant ces années, longues encore, qui constitueront le printemps de votre vie !... Mais qu'elles se répandent aussi sur votre été : qu'elles en fassent un été utile, après un beau printemps !...

Du rest^, le printemps est toujours beau. Voyez, par exemple, sous l'influence du soleil d'avril, cet arbre se couvrir de fleurs : elles plaisent aux yeux, elles embaument l'air... Mais voici que, sous le souffle du vent, elles tombent, elles jonchent le sol, elles ont bientôt disparu... Faut-il les regretter? Non, car elles n'étaient que l'annonce des fruits. Voici que le feuillage devient plus dense, et qu'il donne au passant un abri contre les chaleurs de l'été ; voici que les fruits se gonflent peu à peu d'un suc bienfaisant, qui leur permettra de nourrir et de désaltérer

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tout à la fois celui qui pourra les cueillir : le printemps de eet arbre n'a été qu'agréable, son été sera utile.

Cette comparaison est l'image de la vie. Au printemps de son existence, l'être humain est orné, en abondance, des charmes et des grâces de la jeunesse. Belles fleurs... mais roses qui durent ce que durent les roses !... Quand le vent des années a soufflé sur tout cela, que vaut l'homme, s'il ne valait que par Ik?... Et s'il a lié sa vie à celle d'une épouse en laquelle il n'a recherché et goûté que les qualités de cette sorte, qu'en advient-il du Mariage?... Les liens de fleurs des premiers jours sont devenus des chaînes lourdes à porter, et que, peut-être, on regrette amèrement de ne pouvoir briser.

Mais si, au contraire, — et c'est votre cas, — si on a cultivé en soi-même et recherché en autrui les qualités plus sérieuses d'intelligence, de foi, de caractère, de volonté et de cœur, oh ! alors, les charmes de la jeunesse pourront s'amoindrir, les fleurs pourront tomber : il n'en restera pas moins deux êtres qui continueront à s'aimer, parce que, tout d'abord, ils se seront estimés. Autour d'eux, — fruits de leur tendresse, — grandiront des enfants en qui ils se plairont à voir revivre leur beauté... et à faire revivre leur bonté. Après les joies du printemps, ce sera le bonheur de l'été, de l'âge mûr, la dou-

ceur de se savoir utile et de se sentir aimé, non pas pour ce que l'on avait, mais pour ce que l'on était !...

Grâce à Dieu, je le sais, c'est un Mariage de cette sorte que je suis appelé à bénir aujourd'hui! Tous deux, vous avez appris à estimer et à pratiquer les qualités solides, grâce aux exemples que vous avez eus sous les yeux et au milieu desquels vous avez grandi.

{Donner ici les détails personnels que Von jugera utile de faire connaître, sur le passé de» fiancés et de leurs parents.)

Ainsi formés à bonne école, vous êtes prêts à accepter et à remplir les devoirs nouveaux qui vont s'imposer à vous, car le Mariage est une pépinière de devoirs : dès à présent, devoirs d'époux ; plus tard, devoirs de parents. Mais rassurez-vous : le sacrement de Mariage est aussi une pépinière de grâces. Dieu, Notaire du Mariage, ne tient pas seulement le compte de vos devoirs : il vous distribue l'aide nécessaire pour les remplir, il note vos résolutions, vos efforts, vos sacrifices, vos dévoûments de toutes les heures, et de tout cela, il vous prépare la récompense éternelle.

Ainsi soit-iî.

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