L'ARBRE ET SES FRUITS
momsieur, Mademoiselle,
Vous ne serez pas étonnés qu'en ce jour où, autour de vous, tout parle de joie et d'espérance, où, en vous-mêmes, tout chante l'allégresse, l'Eglise vienne, par l'intermédiaire de son ministre, mêler à cette symphonie joyeuse la not<' grave du devoir.
Joie et devoir, du reste, s'harmonisent bien ensemble; et leur résultante s'appelle le bonheur.. C'est le bonheur que l'Eglise sollicite pour vous : c'est lui qui va descendre sur vous tout à l'heure, nous l'espérons, par la bénédic-
(1) Moyennant quelques modifications, on pourra utiliser cette aUocution vers le vu* ûimanche après la Pentecôte, dont l'Evangile sera cité au cours de ces pages.
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tion sacerdotale. Et c'est, encore une fois, pour que ce bonheur soit complet, digne de vous, digne de vos âmes, que j'y viens mêler cet austère élément : le devoir.
Je le fais d'autant plus volontiers que je vous sais capable i d'entendre ces leçons...
(C'est ici le lieu d'indiquer les particularités, sur les familles des deux fiancés, que l'on jugera bon d'introduire dans cette allocution.)
L'E\angile, vieux de dix-neuf siècles, est resté assez jeune pour être le Livre d'aujourd'hui... et de demain. Jetons donc ensemble un ooup d'œil, si vous le voulez bien, sur la page évangélique que, dimanche dernier, l'Eglise proposait à nos méditations.
Il y est question d'un homme (i) qui prend une petite semence et la confie au sol. Bientôt une plante sort de terre, peu à peu elle devient un arbuste, puis un grand arbre, sur les branches duquel viennent se reposer les oïseaux du ciel.
Cet arbre bienfaisant, je le salue dans l 'aveair... et ce sera la famille que vous fondez aujourd'hui : toute petite et modeste en ce jour de son établissement, elle grandira peu à peu,
(1) s. Matthieu, x:n, 31-32.
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s'aiîermira, se développera, donnera un abri à ces gais petits enfants dont le babil rappellera le gazouillement des oiseaux du ciel.
A certaines dates de notre histoire, on a planté solennellement des arbres sur plus d'une de nos places publiques. Chaque Mariage est la plantation d'une famille nouvelle, et il sied qu'elle se fasse avec cérémonie, comme celle de nos vieux « arbres de la liberté ». Voilà pourquoi c'est pour vous, aujourd'hui, un jour de fête. Et de même que les cérémonies patriotiques, dont j'ai évoqué la mémoire, n'allaient pas sans la présence de « Monsieur le curé », qui venait bénir l'arbre inauguré en grande pompe, de même vous êtes venus demander au prêtre de bénir, de par Dieu qui s'est réservé cette œuvre, la famille qui prend aujourd'hui naissance, afin que demain elle prenne force, accroissement et prospérité.
.\ cette prospérité morale du foyer domestique, la bénédiction de Dieu est nécessaire, mais elle ne suffît pas : il y faut aussi la collaboration de l'époux et de l'épouse. A remplir ce devoir, vous êtes tous deux bien préparés !
Vous, Monsieur, vous apportez au foyer nouveau, en plus de vos convictions chrétiennes, des habitudes d'ordre, de sérieux, de travail : elles vous mettent à l'abri de la banalité, du désœuvrement, de l'inutilité, qui sont les caractéristiques
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de trop d'hommes de notre temps I Vous êtes de ceux qu'attend une place marquée, — et marquante, — vous êtes « quelqu'un », et votre foyer portera votre marque et ne sera pas « quelconque ».
Vous, Mademoiselle, vous avez conscience de la place que vous devez prendre à ce foyer qui sera vôtre. Vous n'en serez pas uniquement l'enfant gâtée : vous en serez plus et mieux : la reine. Vous ne vous contenterez pas de regarder vivre votre maison : vous la ferez vivre. Vous en ferez, non l'hôtellerie banale, mais le foyer intime, le nid orné de votre grâce, égayé de votre sourire, réchauffé de votre amour. C'est à ce foyer que pensera votre époux lorsque le devoir quotidien l'appellera ailleurs, c'est là qu'il aura hâte de revenir, parce qu'il sera sûr d'y retrouver l'aimée, l'aimante, l'amie.
Une femme dont on a écrit la vie (i) disait à son fiancé, la veille de son Mariage : « Aimezmoi bien, pas seulement comme votre femme, mais comme votre amie, comme celle dont l'intelligence peut comprendre. C'est la meilleure part, voyez-vous, celle que rien n'enlève ». Et un peu plus tard elle lui écrivait : « C'est mon droit, comme mon premier bonheur, d'être mêlée à tout ce que tu aimeras désormais. »
Plus tard encore, elle indiquait, avec un so-
(1) Madame Julie Lavergne.
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lide bon sens, la part qui lui revenait dans le bonheur du ménage :
« Le bonheur intérieur, écrivait-elle (i), se compose de mille détails, insignifiants lorsqu'on les sépare, immenses quand on les réunit. Je veux que mon mari, en rentrant, trouve toujours sa maison en ordre, sa femme parée pour le recevoir, son dîner prêt et bon. Vous riez, mon ami, et moi aussi, mais cela est sérieux au fond. Il y a des femmes assez sottes pour mépriser tout cela, mais je ne suis pas de cet avis et je sais que les contrariétés de chaque jour aigrissent, à la longue, le meilleur caractère. Et puis, je connais les dames qui n'ont d'autre conversation avec leur mari que les embarras domestiques. Je ne veux pas être ainsi, et, quand je parlerai ménage, parlez-moi politique : cela me rappellera à l'ordre. »
Mais j'arrête ces citations : je n'écris pas la vie de Madame Julie Lavergne, je fais une allocution de Mariage... Je sais, d'ailleurs, que je décris à l'avance votre foyer, parce que je sais qu'il aura pour reine une femme intelligente, prudente... et chrétienne.
Puisque j'ai commencé cet entretien en vous citant l'Evangile, laisse?-moi. Monsieur et Mademoiselle, vous le citer encore.
(1) Madame Julie Lavergne intime, page 26.
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Notre-Seigneur a dit : « Un bon arbre ne peut produire que de bons fruits (i). » Je salue donc avec confiance, dans l'avenir, les « fruits » de l'arbre qui reçoit aujourd'hui la bénédiction du divin Semeur : je veux dire les enfants, dont il plaira au bon Dieu d'orner et de bénir votre jeune foyer.
Du temps où Pie X était encore patriarche de Venise, sa mère habitait auprès de lui le palais épiscopal. Un jour, elle montra à son fils, et l'anneau d'or qui brillait au doigt du Pontife, et l'humble anneau nuptial qu'elle portait ellemême... Et elle lui dit :
— Sans cet anneau d'argent, mon fils, tu n'aurais pas cet anneau d'or.
Parole émouvante et instructive dans sa simplicité ! Elle résume tout ce qu'est le Mariage : l'institution créée par Dieu pour donner à l'espèce humaine sa perpétuité, à l'Eglise ses enfants, au ciel ses élus. Sans doute, c'est l'Ordre qui fait les prêtres et les pontifes, mais c'est le Mariage qui donne au monde ceux qu'un jour le monde donnera à Dieu. Aussi ne saurions-nous craindre de voir les foyers trop peuplés, ni, — pour revenir à la métaphore évangélique, — lesoiseaux du ciel trop nombreux sur les branches de l'arbre !... Ecoutez ce que disait l'épouse admirable que je vous citais tout à l'heure, et qui
(1) s. Matthieu, vu, 17-18.
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maintenant va se montrer non moins admirable naère. Elle venait d'avoir son huitième enfant, et elle écrivait :
« Ce cher enfant a été reçu par nous avec la même joie qu'un fils aîné, et ses frères et soeurs ont entouré son berceau avec une allégresse et des expressions dignes des bergers de Bethléem. Le nombre de ces petits pensionnaires du bon Dieu ne nous effraie pas. Il est assez riche pour les nourrir, assez bon pour les maintenir dans le droit chemin, et peut-être nous fera-t-il l'honneur d'en prendre un pour Lui tout à fait à son service. Enfin, je les aime trop pour ne pas être persuadée qu'ils seront tous d'honnêtes gens : ce siècle en a grand besoin ! (i)... -n
Vous êtes dignes d'entendre un si noble langage. Mais il ne suffit pas d'accepter que Dieu vous confie des âmes d'enfants : il faut garder précieusement ce dépôt sacré !... Pour cela encore, j'ai confiance en vous ; à ces enfants vous saurez inspirer l'amour de Dieu, l'amour du devoir, l'amour de l'honneur, l'amour de la patrie, — tous ces grands amours nobles, désintéressés, qui élèvent les âmes, qui élargissent les horizons, qui dilatent les cœurs, et qui finalement rendent celui qu'ils possèdent vraiment noble, vraiment bon, vraiment beau !
Cette œuvre, la même page évangélique nous
(1) Madame Julie Lavcrgne intime, page 48.
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en donne une image, quand elle nous montre cette femme qui prend du ferment, le met dans une masse de farine, et la retourne et la pétrit « jusqu'à ce que la pâte soit entièrement levée (i). » Cette femme, un jour ce sera vous, Mademoiselle. Dans ces âmes d'enfants encore inertes, parce que toutes jeunes, mais malléables pour la même raison, vous mettrez le ferment de la religion, vous les en imprégnerez dans tous leurs replis, et elles se dilateront et s'élèveront sous l'influence de l'amour de Dieu et de tout ce que Dieu a fait de vrai, de beau et de bien.
Mais il est temps que je mette fin à ce discours. Que Dieu vous bénisse tous deux I qu'il vous rende heureux tous deux, l'un par l'autre, l'un pour l'autre : et que ce bonheur d'ici-bas soit l'image et le gage de celui qu'il vous donnera là-haut !
Ainsi soit-il I
(1) s. Matthieu, xiii, 33.
Sut l'Evangile du IP dimanche de Carême. LE MARIAGE EST UNE « TRANSFIGURATION »
Monsieur, Mademoiselle,
Dimanche prochain (r), vous entendrez la messe à côté l'un de l'autre : ce sera la première messe dominicale à laquelle vous assisterez ensemble, en qualité d'époux et d'épouse.
Au moment de l'Evangile, vous lirez ceci, dans vos paroissiens :
« En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre,
(i) Nous supposons que le mariage a lieu dans la semaine qui s'écoule entre le premier «t le setond dimanche de carême. S'U était célébré dans le cours de la semaine suivante. OB pourrait dire : « Dimanche derniur, en remplissant, chacun de votre côté ou auprès l'un de l'autre, votre devoird'assistance à la messe, vous avez lu ceci, dans vos paroissiens, au moment de lEvangile : « En ce temp-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jactiues et Jean.., et les conduisit sur une haute montagne, où il fut transfiguré devant eux. Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs ocmme la neige... » A cet endroit de votre lecture, vous avez peutêtre. Mademoiselle, éprouvé une distraction : empiétant de
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Jacques et Jean : il les conduisit sur une haute montagne, où il fut transfiguré en leur présence. Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la neige... (2). »
A cet endroit de votre lecture, vous éprouverez sans doute, Mademoiselle, une distraction. Vous vous reverrez, à quelques jours de distance, dans ces vêtements, blancs comme la neige, qui vous parent aujourd'hui, le visage radieux du i bonheur qui vous attendait, et dont promettait de vous entourer celui que vous aviez choisi... et qui vous avait choisie, lui aussi !
Cette distraction, si vous l'avez, je ne saurais vous la reprocher. Mademoiselle : d'abord, parce que c'est moi qui l'aurai en partie provoquée ;
et aussi, et surtout, parce qu'elle se traduira
en une prière, pour que Dieu bénisse votre avenir, votre époux, et vous-même.
Et d'ailleurs, si on y regarde de plus près, il est plein de leçons pour vous deux, cet Evan-
auelQues jours sur Vavenir, vous vous êtes vue, d'avance dans ces vêtements, blancs comme la neige, qui vous parent auioui d'hui, le visage radieux du bonheur dont promet de vous entourer celui que vous avez choisi... et qui vous a choisie, lui aussi, cette distraction, si vous l'avez eue. Je ne saurais vous la reprocher : car, j'en suis sûr. elle s est traduite en une prière pour que Dieu bénisse votre avenir, votre fiancé et vous-même » Le reste comme au texte ci-dessus.
Faisons remarquer que l'allocution présente peut être utilisée dans les premiers jours d'août, quelques Jours avant ou après la fête de la Transfiguration de N.-S.. qui sel ceienre le 6 août.
(2) S. Matthieu, xvvii, 1-2.
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gile !... Car le Mariage, lui aussi, est une « transfîg-uration » :
Il transfigure votre existence : quittant ceux qui vous avaient appris à vivre, -- et à bien vivre ! — vous allez désormais vivre dans la continuelle intimité l'un de l'autre.
Il transfigure votre place au foyer : vous n'aviez guère, jusqu'ici, qu'à obéir ; vous allez avoir à commander.
Il transfigure vos habitudes : vos goûts personnels, vos préférences individuelles, vont avoir à s'inquiéter des préférences et des goûts... de l'autre.
n transfigure vos âmes : jusqu'ici, vous étiez plutôt, chacun de votre côté, un être auquel on se dévouait. Désormais, chacun de vous va devenir (( l'être qui se dévoue ».
Pour accomplir sa transfiguration, Notre-Seigneur gravit la haute montagne du Thabor... Et cette ascension est le symbole de la prière, qui est la montée de notre intelligence et de notre cœur vers Dieu.
Ainsi doit se faire, également, la transfiguration des adolescents en époux : c'est chose trop importante pour se contenter du terre à terre : elle réclame l'ascension de notre pensée, de nos préoccupations, de nos désirs, de nos espérances, de nos prières, vers le ciel... Et c'est ce que fi-
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gurait, il y a un instant, votre entrée dans l'église... Je m'explique.
Pour gravir le Thabor, Notre-Seigneur avait fait ses invitations. D'abord, entre tous, il avait choisi ses apôtres : il commença avec eux son ascension... Mais bientôt, il ne garda p'us avec lui, pour monter jusqu'au sommet, que ses trois privilégiés.
Ainsi avez-vous fait tout à l'heure... D'après les règles liturgiques, l'église doit figurer une montagne. - On y entre en montant : la nef des fidèles est élevée au-dessus de la rue ou de la place publique, pour leur apprendre qu'ils y viennent traiter des affaires plus « hautes » que celles du monde. - Le sanctuaire est élevé au-dessus de la nef, - et l'autel domine le sanctuaire.
...Je viens, en disant cela, de retracer le chemin que vous suiviez solennellement tout à l'heure. Votre entrée dans l'église a été une ascension ; vos invités, vous les avez laissés au:< I divers degrés de cette montée (i).- Ma?s jusqu aid sommet vous avez amené vos invités de prédilecf tion, ces parents bien-aimés qui doivent être les. premiers témoins de votre bonheur... comm>
riage.
Pierre, Jacques et Jean furent les premiers témoins de la gloire du Maître.
Arrivés à ce sommet, faites ce que fit Notre- Seigneur : il se mit en prière, nous dit un Evangéliste (2), et c'est au milieu de sa prière qu'il fut transfiguré. — Qu'il en soit ainsi pour vous ! Il va s'opérer, je l'ai dit, dans votre vie une transfiguration trop importante et trop grave, pour que Dieu n'y intervienne pas I A votre auréole d'enfants affectueux et reconnaissants va s'ajouter l'auréole de l'époux et de l'épouse... plus tard, celle du père et de la mère : ces gloires ne vont pas sans devoirs, et cette noblesse oblige. Demandez à Jésus, qui est ici comme au Thabor — (là-bas rayonnant, ici caché, mais le même), — demandez-lui les grâces nécessaires pour accomplir vos nouveaux devoirs, les leçons et les inspirations dont vous aurez besoin au cours d'une vie à laquelle tous, ici, nous souhaitons honneur, bonheur et durée.
Ces leçons divines, elles existent déjà ; elles ont été promulguées sur une autre montagne : car, pour les raisons que je disais tout à l'heure, les grandes choses de l'histoire sainte se sont passées sur des hauteurs : la Transfiguration sur le Thabor, la Rédemption sur le Calvaire, l'Ascension sur Ijp mont des Oliviers, — et, avant
(2) S. Luc, IX, 28-29.
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tout cela, la promulgation de la loi de Dieu sur k; mont Sinaï, et son perfectionnement s r li montagne des Béatitudes. Ce « Thabor » ^ î: vous vous trouvez est déjà pour vous, — en vertu de raisons que connaît votre cœur, — un mont des Béatitudes... Mais qu'il soit également pour vous le Sinaï et la montagne du sermon de Jésus !... Oui, de cet autel où Jésus va s'immoler pour vous, qu'il vous parle, qu'il vous rappelle sa loi !... Et vous, promettez-lui de l'accomplir !... Tel est mon vœu le plus cher : car je sais qu'en souhaitant cela, je ne souhaite que votre bonheur !...
Tandis que vous parlerez ainsi à Dieu, Dieu vous bénira : il vous regardera avec complaisance, et il redira pour vous ce qu'il disait pour Jésus au Thabor. Vous vous rappelez cette parole : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé (i). » Oui, le bon Dieu la répète pour vous en cet instant : (( Ceux-là, ce sont mes enfants bien-aimés ! »... Et ils la redisent aussi à votre sujet, ces pères et mères qui vous ont accompagnés jusqu'au pied de l'autel.
« Celui-ci est mon fils bien-aimé », disent pour vous. Monsieur, ce père... et cette mère... (2) ,
(1) s. Matthieu, xvn. 5.
(2) C'est ici le lieu de faire, s'il y a lieu, l'éloge des parents du fiancé et du fiancé lui-même, pour en tirer des leçons.
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« Celle-ci est ma fille bien-aimé », disent pour vojis, Mademoiselle, ce père... cette mère (3)...
Mais il est temps de conclure, et c'est encore au texte sacré que j'emprunterai ma conclusion.
Pierre, nous dit l'Evangile, était si heureux de son séjour sur le Thabor, qu'il ne songeait qu'à y demeurer et parlait d'y dresser des tentes !... (i). Je ne veux pas, pour aous, prolonger à l'excès, en allongeant ce discours, -otre séjour sur ce Thabor, car d'autres joies et d'autres devoirs vous attendent. Mais je vous dirai :
Dans cette église ou dans toute autre, <( dressez vos tentes », c'est-à-dire ayez votre place : votre place qui vous attende, — votre place qui s'habitue à vous comme vous vous habituerez à elle, — votre place qui vous voie le dimanche... qui soit inquiète si elle ne vous voit pas !... Aimez à revenir, aux époques fixées par l'Eglise, « sur le Thabor », pour y demander au Dieu de votre Mariage de multiplier pour vous ses grâces, à mesure que se multiplieront vos devoirs 1
Je ne puis mieux terminer ces vœux que par la formule ordinaire aux prédicateurs : de tout cœur, (( c'est la grâce que je vous souhaite ! » Ainsi soit-il !
(3) Même remarque pour ce qui concerne la famille ûe la fiancée. ,
(1) S. Matthieu, xvii, 4.
XX bis. — Vers le ///* dimanche de Carême, on pourra utiliser l'allocution X, page 72 : Le divin Assureur. C'est, en effet, dans l'Evangile de ce dimanche, que se trouvent relatées les paroles de Notre-Seigneur qui servent de thème à ce discours : « Quand un homme fort et bien armé garde sa maison, ce qu'elle renferme est en sûreté. »
XX ter. — Le 24 mars, fête de l'archange Saint Gabriel, on pourra donner l'allocution XIII, page 92 : L'Ange du Mariage.
Sur l'Evangile du mercredi de la semaine de la Passion (i).