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DE LA NOUVELLE MANUFACTURE DE SÈVRES

4 Janvier 1877.

Monseigneur,

Je remercie profondément Votre Grandeur, au nom de l’administration des Beaux-Arts, et particulièrement au nom du personnel de la manufacture, d’avoir bien voulu venir de Versailles pour bénir les nouveaux batiments de cet établissement national, si populaire en France et dans le monde entier, ses ateliers et ses collections. Quand, auprès de la vieille carène délabrée et abandonnée, et qui pourtant a fourni jadis les plus brillants voyages et découvert des mondes inconnus, un navire nouveau est lancé à la mer, la bénédiction du prêtre appelle sur lui, sur son équipage et sur les courses aventureuses qu’il va entreprendre, la protection divine.

Puisse votre bénédiction, monseigneur, attirer et fixer la faveur d’en haut sur cette maison, la maison mère de la céramique française, à laquelle sont attachés, dans notre pays, la tradition, .laUortune et les progrès d’un art qui tient tant de place aujourd’hui dans l’industrie humaine. Puisse-t-elle la fixer aussi, monseigneur, sur les familles des artistes et des artisans, peintres, sculpteurs, mosaïstes, émailleuVs, modeleurs, tourneurs, ajusteurs qui vont remplir cette ruche de leur travail et de leurs ingénieuses inventions. En travaillant pour la gloire de la France, ils travailleront pour la gloire de Dieu, car la gloire de Dieu et la gloire de la France ont été de tout temps inséparables dans l’esprit des peuples.

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