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L’UNION CENTRALE DES BEAUX-ARTS

14 Décembre 1874.

Messieurs,

M. le ministrie de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a vivement regretté de ne pouvoir assister à cette solennité. Il avait espéré vous apporter lui-même et ses félicitations et ses encouragements. Il m’a fait l’honneur de me charger de le représenter

Vous savez, messieurs, quels sont mes sentiments pour l’Union centrale, de n’ai pu mieux les lui exprimer qu’en la priant de s’associer à nous, pour mener à bonne fin l’entreprise d’une exposition des chefs-d’œuvre des musées de province au profit de ces écoles de dessin qui vous préoccupent comme moi à si juste titre. L’Union centrale a accepté, et dans quelques mois l’Europe entière, grâce à elle et à la Direction des musées, jouira du spectacle le plus magnifique et le plus nouveau.

Heureuse Union centrale qui manifeste sa vie et son utilité par les plus belles fêtes de l’intelligence et du goût et qui semble s’être donné pour mission d’instruire toute une génération du public des travailleurs par la contemplation perpétuellement variée des plus rares merveilles que l’art ait fournies comme modèles !

Et tout cela, messieurs, soyez en fiers, c’est le fruit de votre initiative privée, c’est le fruit de l’initiative individuelle. Cette initiative, quant à moi, je l’aime et l’aiderai toujours de toutes mes forces ; et tout esprit vraiment patriote et libéral dans le bon sens du mot, l’aimera et l’aidera comme moi ; elle décuplerait, si l’on savait s’en servir, les forces de la patrie.

Ceux qui veulent l’omnipotence et la continuelle ingérence de l’Etat dans les choses de l’art et de l’intelligence ne se doutent pas qu’ils favorisent le triomphe de la paresse, de la routine, de la mendicité et de la servilité humaine. L’autorité, messieurs, n’a pas

besoin, pour être utile en France, de tant compliquer son action.

Ah ! que n’existe-t-il dix sociétés comme la vôtre auxquelles la direction des Beaux-Arts, dans la cruelle impuissance où elle se trouve par l’insuffisance de ses budgets, puisse faire un constant appel pour vivifier ce monde si passionnément intéressant qui l’entoure et pour accomplir, au fur et à mesure qu’elles se présentent, les œuvres fécondes, profitables à la gloire et à la richesse du pays !

Aussi, M. le Ministre, reconnaissant de vos efforts pour la propagation des saines études de l’art appliqué à l’industrie parmi ces artisans si avides d’apprendre, si prompts à profiter des instruments de la science dès qu’ils leur sont présentés, m’a-t-il confié le soin de vous remettre ici quelques-unes de ces palmes académiques qu’il eût été si heureux de vous offrir lui-même.

Ces témoignages de sa haute approbation conviennent particulièrement à votre Société, qui est à la fois une œuvre de beaux-arts et, dans son expression la plus élevée, une œuvre d’instruction publique. L’instruction publique, soit par le développement le plus noble des esprits, soit par le développement le plus pur du goût, c’est notre grande tâche à tous ; et pour travailler de concert à ce souverain besoin de notre pauvre patrie malade, je puis vous l’affirmer, messieurs, l’Union centrale peut compter sur la direction des Beaux-Arts, comme la direction des Beaux-Arts compte fermement sur l’Union centrale.

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