‹ Aloïse (volume 2)Chapitre 12 sur 23 · Z.B COMBAT · texte numérisé non relu

Z.B COMBAT

la mort partout. Ils ont la fièvre du courage : plus le péril devient grand , moins ils le craignent, mieux ils le défient. Les bras sont fatigués, ils ne les tendront pas pour obtenir une trêve ; les cuirasses sont brisées , les lances émoussées , eh bien ! ils ne se donnent pas vaincus. Guillaume et Guiscard , pressez-les encore, avancez; jusqu'au dernier il faudra frapper.

La vallée en est remplie. De ces brillans escadrons si fiers, si beaux, il ne reste plus que quatre hommes. Le reste — est dans le palais d'Odin , s'il est vrai que ce palais soit une succursale du champ de bataille. — Ces quatre braves sont à pied, adossés contre une pierre immense qui s'élève au milieu de la vallée ; tous les fers de lance sont tournés contre eux; protégés par le rocher, ils se défendent vaillamment et couchent sur le dos plus d'un ennemi. Mais le fer s'est brisé dans les mains de trois d'entre eux, ils viennent de tomber. Un seul, épuisé par tant d'efforts.... osera conjin-er l'orage. On lui crie de rendre son éprc; jH)ur toute réponse^il frappe plus fort. Il aperçoit Guiscard.

— Brave chevalier, lui dit- il, voleur d'épée.

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tu m'avais promis de me la rendre toi-même; remercie le ciel d'avoir eu de braves soldats pour te protéger.

Guiscard écarte la foule qui entoure le comte Roger. — Tu verras bien, répond-il avec un sourire amer, que je sais tenir ma parole... Soldats, respectez-le; une autre main que la mienne ne doit pas avoir l'honneur de sa chute.

Les soldats s'éloignent; Guiscard met pied à terre : aussitôt commence un de ces combats où jamais on ne vit force, adresse, courage , haine , à un plus haut degré et plus égaux. Tous deux d'une taille démesurée, ils sont armés d'une épée pesante et longue que d'autres bras ne pourraient manier. — D'abord ils semblent attendre l'occasion de se donner un coup mortel; imposant silence à la colère; mais tous deux sur leurs gardes ils défendent le chemin du cœur. Cependant Roger a réussi à tromper un instant son ennemi, et, pendant qu'il lui préscVfte son épée à la gorge, tout à coup elle redescend plus bas et le blesse légèrement au flanc droit. Ta réponse ne s'est pas fait attendre, le comte Roger est atteint au visage. La fureur succède au

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