II
contrariait en rien Wilfrid, ne disait oui, ne disait non; il écoutait: cela était beaucoup; car, vous le savez, Wilfrid parlait bien.
Aussi le bien-aimé secrétaire en était aux anges. — C'est aux anges qu'on se donne quand le vent nous est bon.
Cependant le jour touchait à sa fin, le repos du soir commençait , bientôt la prière , puis le coucher et le sommeil.
L'abbé Paul attendait Wilfrid. Il ne devait pas être patient en sa qualité d'abbé et d'amant, et d'ailleurs les heures marchaient lentement au gré de Wilfrid. — Il entra chez l'abbé.
~ Ah ! te voilà enfin, Wilfrid ! partons.
— Mais , mon père , les moines ne dorment pas encore.
■•—Partons, Wilfrid , partons. Je meurs ici j l'air de cet appartement me tue.
— Partons donc , mon père ; vous avez de l'impatience comme un jeune homme de vingtcinq ans !
— Et un cœur qui brûle , une âme qui se consume comme à vingt ans !
*^ Il y a long-temps que vous le dites, mon père; vous le disiez quand la dame du chevaUer d'Issy vous attendait dans son oratoire,