I.B DOM. m
tion délirante avait rêvées : que vîles-vous donc?
Mais les heureux fainéans, qui prenaient tant de goût au métier de serviteurs de Dieu en répandant sur le chemin du paradis les hiens périssables de ce monde, les moines, à consciences faciles, fêtèrent leurs nouveaux frères avec un entraînement qui ravit Anguerrand. Le vieux soldat se fit promplement à leurs manières, et de leur côté ses nouveaux compagnons lui frappèrent dans la main , en jurant qu'ils le reconnaissaient pour un bon et digne moine.
Au bout de la table où il figurait il y avait assaut de valeur et de capacité , assaut pacifique et honnête où les vaincus n'avaient rien à perdre, la raison exceptée, et encore il existait des exceptions à cette exception; il en fut proclamé le héros.
Ethelred, qui avait ri de le voir, commençait cependant à s'inquiéter sur les conséquences d'une lutte plus long-tcMnps prolongée. Le nom de Guillaume pouvait être jeté dans la conversation , et qui sait si Anguerrand ne se fut pas
l'ZS ALOÏSE.
levé pour proposer la santé de l'illustre Bâtard! Aussi son front se rida un peu et ses yeux exprimèrent de l'inquiétude. Wilfrid, qui en suivait tous les mouvemens, s'en aperçut , et , s'étant penché à l'oreille de l'abbé pour lui adresser quelques paroles, celui-ci imposa silence et déclara aux frères que la séance était terminée.
— Rendons grâce à Dieu des biens qu'il nous donne, s'écria-t-il , et prosternons-nous devant sa toute-puissance !
Mais il parlait au figuré, car ce mouvement d'humilité chrétienne n'eût peut-être pas été sans danger pour l'équilibre de quelques frères, et l'abbé de Saint-Evroud, qui tenait aux apparences, ne se serait point amusé à leur faire perdre gratuitement le centre de gravité.
— Avant de nous séparer, mes frères, nous voulons vous offrir la preuve de notre bonté... Anguerrand et Ethelred, vous pouvez ici réclamer de nous un don ; nous promettons de vous l'octroyer. Vous avez dix minutes pour y réfléchir
Wilfrid fit un signe à Ethelred, et lui glissa quelques paroles derrière l'abbé qui n'en vit