‹ Alphonse de LamartineChapitre 30 sur 33 · LE PE · texte numérisé non relu

LE PE

étaient patinées et cuites commé les plus belles ruines antiques, et du haut de la colline où est la Tour Magne, il revoit la garrigue, des terrasses aux murs de pierres sèches, des oliviers cultivés à la mode chananéenne, des cubes de maçonnerie sous les figuiers et les lauriers tordus par des vents aromatiques et secs. La gloire de Rome unie à la pure mélancolie de la Palestine!

La belle silhouette que celle de ce jeune Frédéric Mistral dont il a salué le grand poème : Mireille. C’est Adolphe Dumas qui lui avait apporté le livre. Il l'avait lu dans la nuit et, au dernier vers, il avait pris . sa plume et annoncé au monde un nouveau chef-d'œuvre : « On dirait que pendant la nuit une île de l'archipel, une flottante Délos s’est détachée d’un groupe d'îles grecques ou ioniennes, et qu’elle est venue sans bruit s’annexer au continent de la

Provence embaumée, apportant avec elle un de ces chantres divins de la famille des # Mélésigènes. Sois le bienvenu parmi les :

chantres de nos climats! Tu es d’un autre .

ciel et d’une autre langue, mais tu as apporté avec toi ton climat, ta langue et .

ton ciel! Nous ne te demandons pas d’où tu viens ni qui tu es : Tu Marcellus eris.... »

Il songe au poète qui ne veut pas quitter sa chartreuse provençale et son royaume | d'Arles. Il a la robuste jeunesse de Gœthe, … et, le soir, quand il compose ses beaux vers | étoilés pleins de feuilles et d’abeilles, le jardin qui est devant sa vieille maison :

devient religieux comme si Virgile, le Dante | et Pétrarque y passaient dans un rayon de | cette lune qui blanchit là-bas les sarco- .

phages et qui fait briller les cyprès des :

Alyscamps.….. | F

Vive Dieu! il n’y a rien de plus grand | sur terre que les Poètes, et tout est vain .

hormisles images harmonieuses € etles beaux songes |...

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