‹ Alphonse de MirecourtChapitre 4 sur 21 · LETTRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE SEPTIÈME

DU MEME AU MEME

Survilla, ce ^2 septembre 1827».

J'ai terminé le travail dont je t'ai dit; dans ma dernière lettre, que je m'occupois ; mais au moment d'entrer en discussion réglée avec mon oncle, comme j'en avois formé le projet, une ftayeur subite m'a saisi, et mesurant la grandeur des engagcmeus que j'allois prendre, j'étoîs prêt à renoncer à ma résolution; il n'a pas fallu moins que la circonstance que je vais le rapporter, pour me rendre tout mon courage.

A la suite d'une assez longue promenade q^ie nous venions de faire dans son parc, nous nous reposions dans une grotte qu'il y a fait cou-

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stmire pour éch?.ppor aux ardeurs du soleil; là il me racontoit plusieurs évéïiomens de sa jenlîcsse, qui me parurent indiquer qu'il n'avoit pas îoujoure eu celte ardente dévotion qui le caracî''r2se maintenant; je lui en fis ToLscrva-tioTî ; loin de la prendre mal . ou de chercher da vaincs excuses, il ra'avoua qu'eiTrcîivement , quoique jamais il n'eût douté des vérités de la Religion , cependant les nombreuses traverses dont sa vie avoit été remplie, lui en avoient souvent fait négliger les devoirs, et quelquefois même ouLlîer les principes. « Peut-être, ajoutât-il, ce malheureux état auroit-îl fini par me f^irc tomber dans un oubli to*ai de ses lois, lorsque Dieu me rappela à lui , par un de ces coups de la grâce, qui sont d'aui&rit plus précieux à celui qui sait en profiter, que son action divine y paroissaut moins visiblement, elle laisse à notre obéissance un mérite plus entier :ur*e simple réflexion qu'elle me suggéra me fit entrevoir l'abîme dans lequel j'élois prêt à tomber, et depuis ce temps, je n'ai jamais perdu do vue le soin de l'éviter. Je seroij heureux si elle pouvoit produire en vous le même circt,et po'jr j-Kîo que TOUS pensiez que son récit puisse vous intéresser, j'en ai toutes les circonstauccs eucoce assez présentes à la mémoire, pour me pjermetlre de vous les raconter.

Je l'assurai du plaisir qu'il me feroiX, et ak)rs il jK):irsuivit ainsi:

« Une mission secrète que j'arols roçiie de Louis XVIÎI me forçoit, en 1800, de rester à

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Paris sous un nom supposé : un jour, invité par la sérénité d'une belle matinée d'automne, j'avois abandonné la ville , et respirant avec plaisir l'air si pur des campagnes, j*errois au hasard dans la plaine. Libre un moment des cruels soucis qui m'agitoient, j'aimois à laisser mon imagination , réjouie du spectacle enchanteur dont elle étoit environnée, voltiger de scène en scène, de supposition en supposition. Avec quelle ardeur elle se prêtoit à une illusion qui lui préscntoil Timage du bonheur! Entrainé par mes séduisantes rêveries j promptes à convertir en idéales' réalités, mes vœux, hélas! bien inutiles; j'étois heureux, que pcuvois-je désirer de plus Pet combien souvent les hommes ne croient-ils pas tenir le bonheur, lorsqu'ils n'en embrassent que Tombre ! Tout-à-coup un château d'une architecture noble et élégante s'offre à ma vue ; ses larges avenues, ses vastes cours, ses jardins dans lesquels l'art et la nature ont réuni leur luxe le plus séduisant, tout m'annonce la demeure d'un grand personnage. « Oh! m'écriai je dans un premier moment d"adm:ration , qu'il est heureux celui qui possède un pareil séjour! La vie n'est pour lui qu'une suite continuelle de nouvelles jouissances : sans cesse entouré (Je nombreux amisjpeuiil coiinoître l'ennui? La nature n'a rien qui puisse coiitiarier ses plaisirs, et Tinconstance des sa"sons aide même à leur variété. Heureux à la ville, heureux à la campagne, partout il tiouve le bonheur, et moi !... » Ici une salu'aire et subite léflexion arrêta le cours des fâcheuses pensées

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a'ixquelles allolt me livrer la pénible comparaison de ma position avec C(.41e du riche propriétaire dont j'enviois le sort :« Insensé! me dis-je, pnis-je Lien désirer ce que je ne connois pas? Peut-être ces dehors trompeurs couvrent des maux pins réels encore et plus grands que les miens. Peut-être courbé sous le poids de mille infirmités, cet oÎ3Jet infortuné de ma sotte jalousie ne désire-t-il plus que le moment qui le délivrera de Tinsupportable fardeau de sa douloureuse existence. Peut-être déchiré par les peines dii cœur les plus vives, toute joie depuis longtemps lui e^t elle étrangère. Trahi par son ami dans ses plus chers projets, déshonoré par celle qu'il aimoît, inquiet pour une fortune que de ruineuses prodigalités ont compromise, victime de la calomnie de ses ennemis, tremblant pour un fds dont la santé excite ses alarmes, ou dont les criminels excès l'épouvantent, quel moyen d'être vraiment heureux dans une seule deces positions, et combien d'autres malheurs enco;e ne peuvent-ils pas l'atteindre? Que si, jusqu'à ce jour, iin'a goùlé qu'un destin prospère, s'il a pu échapper à tant de circonstances ennemies, '.'avenir et son effrayante obscurité sont toujours là ; demain, aujourd'hui peut-être va sonner la dernière heure témoin de son bonheur.

» Décourcigé par d'aussi tristes considérations, mon esprit , qu'avoit séduit une première idée de bonheur, vouloit, mais en vain, trouver un reiuède à des maux inévitables. Les accidens nombreux qui nous menacent continuellement,

Go ALriîO!,-SE DE Z.rinKrjOfRT.

les maladies auxqiiL'llcs nous sommes exposés j la mort enfin, à laquelle noiis ne pouvons échafypcr, ne me laissoient jamais que la perspective d'un bonheur incertain et trop court: «Non, m'avouai-je alors avec douleur, tant qu'un cire supérieur à l'homme ne l'aura pas soustrait a toutes ces craintes qui suffisent seules pour empoisonner son existence, au miheu des jouissances les plus vives et les plus abondantes, il ne pourra jamais être véritablement heureux.» Et emporté par ce désir inextinguible de bonheur, continuel tourment d'une âmecrééepourdes biens infinis , et que ne satisferont jauiais àes biens finis, voilà ma vagabonde imagination perdue dans le vaste pays des chimères. Un de ces bienfaisans génies qu'admira mon enfance m'avoit doué des dons les plus précieux : des trésors remplacés aussitôt que dissipé?, une santé inalt-érable, ne laissoient plus de bornes possibles à mes jouissances j et pour les auguienîer encore, je réunissoîs les a^réinens de la ûgure aiiX cliarmes de Tesprit, les lalens les plus sédulsans aux connoissances les plus profondes. Quel mortel jouit jamais d'un sort aussi glorieux? J'allai plus loin cependant encore, et pour mieux asstirer l'dccomplissement de tous mes désirs , une force plus qu'humaine et des membres in \Tiln érables me rendoient supérieur aux entreprises les plus difficiles- pour éviter le trop lent accomplissement des vœux que je pourrois former, je fendois les airs avec une rr.pidité dont n'approche pas celle de i*c=gilo LirondJle. Aucun L'iément ne

iiLpno:«rsE de jiiRTcomT. Ci

pouvoll me nuire; aussi tranquille au fond des eaux, an milieu (3es flammes que dans la retraite la ])lus paisible , rien ne pouvoit altérer mon invaj-iaLle bonlieur. Pour y mettre le comble, enfin ma complai'iantc illusion me rend héritier de l'anneau magique du meurtrier de- Candaule, et désormais les rois eux-mêmes n'auront plus assez de gardes pour me cacher leurs plus secrètes actious. Quel océan de voluptés toujours nouvelles ne devoisqe pas me promettre d'une semblable existence? Cependant j au milieu de ces agréables fictions, l'idée d'.i moment où il faudroit quitter un bonheur aussi parfait vint attrister mon imagination; j'étois trop heureux pour m'y arrêter, et à l'aide de tnon généreux prolecteur, je chassai celte importune image assez loin pour la mettre pendant long-temps dans l'impuissance de m'eiTrayer; un seul mot de ce I)ienfaiîant gcjiîe, et me voilà doué de dnq cents ans d'une féllcilé que m'cuvieroienl hs plus puissans rois de la terre. !Mais c est trop peu encore i je la demande et je robtlens pour mille ans. Quelle joie inexprimable! où est-il le mortel qui osera comparer sa chétive existence à ma glorieuse destinée? Oh! pour le coup, m'écriai-je , voilà bien le vrai bonheur I Que ne m'est-il donné d'eu jouir, et que ne sacrifiorois-je pas pour obteuir un bien aussi précieux? Scroit-il iroj) adieté au pix même de cette éternité dojiB Tespérance fait aujourd'hui ma seule consolation dans les maux que j'endure? L'éclair n'est pr: s plus rapide que le transport Involcaitairp^et bien

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proiiiptemcnt dis;;iné qui me iit prononcer ce bldsplièuie. Insensé! me dis-je, et ces mille ans ii'auronl-ils pas un dernier jour, une dernière heure? Plus malheureux à cet instant fatal que je ne le sids en ce moment, que seroient devenues mes jouissances évanouies? Et quand après des millions d'années de supplice , je me relrouverois encore avec désespoir au premier jour de mes interminables douleurs, que me serviro:enl cdors mes plai:3irs oubliés, ou dont le souvenir, si un Dieu vengeur me l'a conservé, ne feroit qu'accroître l'amertume de mes regrets?

» Anéanti sous le poids d'une aussi accablante réflexion, je ne vis plus que l'cteinité et ses mystérieux abîmes. Comprenant alors toute la distance qui sépare le fini de î'infiai, et comparant aux tristes joies de ce monde, à la misérable existence du grand nombre de ses habitons, les brillâmes chimères dont je venois de repaître non imagination, et qui cependant, comme des ombres légères, étoient disparues à la seule pensée de riiicompréhensible éternité, je m^criai douloureusement : Grand Dieu! que les hommes sont inconséqnens ! et qu'il et insensé celui qui, pour courir après le vain fantôme d'un bcnheur qu'il n'obtiendra jamais au gré de ses désirs, renonce à ne jouir jamais de ce torrent de voluptés sans borne, sans mesure et sans fin, qui devoit être son partage, et appelle sur sa tète des maiix aussi désespérans daas leur durée qu'efTieyables dans leur violence ! »

Ce récit, si propre à me faire comprendre la

vanité des choses de ce monde comparées à ccUea de l'éternité , mit fin à toutes mes irrésolutions; et afin d'éviter d'y retomber plus tat-d; je profitai de mon premier enthousiasmcpour avouer à moa oncle le projet que j^ivois formé de le [)rier de m'éclaircir plusieurs doutes qui m'éloigiioient encore de croire à la Religion. J'élois bien certain que ma déclardtion seroit reçue avec joie, mais je ne m'attendois pas aux transports qu'il en fit éclater. D'où pouvoient-ils lui venir cependant, sinon de l'amitié ([u'il me porte? car, je le répète encore, que gagne-t-ilà ce que je sois chrétien ou impie? Et si après avoir étudié sa Ilcligioa comme il l'a fait; il est aussi persuadé des avantages qu'elle peut me procurer, seroit-il sage à moi qui ne la conçois pas , de m'en rapporter à ma seule ignorance, et de refuser le secours de son expérience? Rien ne t'empêche de répondre affirmativement h cette question ; maii si tu veux descendre en lo'-méme et n'écouter que ta raison , je suis certain qu'elle approuvera lua conduite.

A tout seigneur, tout Iwiineur.Tail commencé par lui expli([uer les objections que tu m'as i;idi{[uces dans ta lettre; et malgré la force que tu leur siippobois, il !;e l;;! a pas fallu touL le rcinps de mon séjour chez lui pour les résoudre d'une manière satisfaisante : Cc^r t-i li'as pas entendu parler sans doute de îc-ites ces mauvaises cliicanes de procureur qu'on pe:\t élever sur Ls vérités les plus reconnues, et qui n'ont d'autre but que celai d'embrouiller iv\e cause j ce seroiL se

G''^ ALPiîo:?fjE dt: Mrn.EcornT.

i-efiiser à la lumière plutôt que la rechercher, et ce n'est pas ainsi que je l'entends. Écoute donc ce qu'il m'a répondu : « Vous vous plaignez , me dit-il, de ce que les preuves de la Piehgion ne sont pas assez évidentes pour ne pas permettre d'objections, et vous concluez de là que Dieu se soucie fort peu qne nous y croyions ou que nous n*y a'oyions pas. Je vous observerai d'abord que votre raisonnement est tout-â-fait contraire à l'idée que nous avons des perfections infinies de Dieu. Comment en effet accL>rder avec sa sagesse cette indifférence que vous lui supposez pouF notre croyance, s'il est vrai, comme la Religion nous ordonne de le croire, que c'est lui qui nous Va. révélée? D'un autre côté, s'il n'en est rien, comment peut-il voir avec indifférence que nous prétendions l'honorer par un crdle fondé sur une erreur aussi grossière? Convenez -eu, mon ami, pour admettre voîxe raisonnement dans l'une on dans Tauli-e de ces deux suppositions , qui sont cependant les seules possibles, il faudroit cornmeno^r par regardei* Dîeu comme un être inconséquent on ajuj du mensonge-, et votre cœur, d'accord avec votre esprit, f^ refuse sans doute à en concevoir une pareille idée.

relais ssns e^'arr-eter à cette cnnsidêratlon , cxHuljien d'autres ne pourrois-je pas encore invoqrier castre voils! Quoi ; vous voulez- des preuves de la Religion qui excluent toute objection ? Cesi à dire,^ vous voulez imposer des lois à Dieu-, vous voulez qu'il se maniiesle, non pas comme il plaît à s« sagesse, mais comme 3 plaît à vos

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passions; vous renouvelez la demaude qiie les Jiufs faisoient à Jésus Clirist en le crucifiant; « Il a sauvé les autres, disoleut ils,(juM se sauve lui-même, et nous croirons en lui. » Et vous, vous dites : S'il veut que je croie à sa P.eligion , il faut qu'il me Tanuonce d'une voix claire et immédiate du haut des cieux. Mais qui ctes-vous pour lui imposer des conditions? Est ce lui q'-ji a besoin de vous, ou vous qui avez besoin de lui? Et quand il vousdonnedes moyens srdlîsaQs pour Le connoîlre et mériter les récompenses éternelles qu'il vous promet, quel droit avez-vous de lui en demander de plus grands encore, et qui peit vous autoriser à dire, je veux des preiive-, qui excluent toute objection? Ce raisonnement n'est pas seulement impie, il e^-^t encore inconséquent; car si vous vouliez agir dans toutes les choses de la vie comme vous le faites en ce moment pour la Religion seule, vous seriez forcé de nier les vérités les mieux démonlrées, les plus sensibles et les plus certaines. Quoi de mieux cunstaté eu effet que le mouvement? un philosophe le nie cependant : car que ne nient pas ces ^ens-U? Qu'on marche en sa présence, et toutes les objections du pyrrhonicn tombent devant cc:te muette démonstration. Il en est de même de la Religion. Depuis dix-huit cents ans, les incrédules, entassent contre elle objection sur objection; ils vérifient, ils raisonnent, ils argumentent, ils déclament : à toutes leurs diiïlcnltés elle pppose les paroles de Dieu qui l'établit; et survivant à tous ses ennemis confondus, depvJs dix-

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huit cents ans, elle poiiniTit glorieusement sa triomphante carrière. Elle n'est donc pas sans preuves suirisantes, puisque depuis un aussi long temps, et malgré tant de successives et continuelles attaques, elle a constamment été, et elle est encore aujourd'hui crue et pratiquée par tant de millions d'hommes qui, sous le douLle rapport de Tesprit et du cœur, valoient et valent hieii ces incrédules dont vous m'opposez l'exemple.

» Si vous voulez maintenant connoîlre les raisons de celte obscurité que vous reprochez à la Religion , il me sera facile de vous les montrer dans l'infinie disproportion qui existe entie les idées de l'homme et celles d'un Dieu. Nous qui avons taiît de peine à acquérir quelqiies notions incertaines sur quelque petite partie du système du monde physique, comment osons-nous avoir l'ambition de connoître le système général que Dieu a suivi, et dans lequel non-seulement le plij'sique , le moral et te inélaphysicjiie sont combinés, mais dans lequel sans doute entrent encore bien d'autres ordres, pour lescjuels nous n'a\ons ni termes ni idées? ((Si, comme l'observe l'auteur à qui j'ai emprunté la réflexion précédente, quelqu^m des écrivains sacrés eût été tellement inspiré qu'au lieu de nous donner quelques dogmes détachés, il nous eût déduit ces dogmes de leur dépendance avec le plan général de la Divinité, il n'y a nulle apparence que nous y eussions pu lien comprendre : les principes d'où il eût fallu partir étoient trop élevés, la

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clinîne des propusiliojis étoit trop longue (i\ » ISIais en même temps que la coniiois&ance générale du plan , cjui nous eût été inutile, nous a été refusée , Dieu nous en a laissé apercevoir quelques parties, afin que ce (tue nous comiirendrions piU porter notre esprit à admettre également ce (['le nous ne com|)reiidrions j)as ; et c'e£t ainsi qu'il nous a placés à une distance convenable de lui, assez près pour que nous pussions l'entrevoir, assez loin pour laisser un mérite à notre foi et aux hommages qu'il dcmaudoit de nous.

» Ici, mon ami, vous tombez encore dans une étrange erreur. Sans doute Dieu n'a pas besoin de nos hommages : ils ne peuvent rien ajouter à sa gloire et son bonheur; mais c'est nous qui avons besoin de les lui adresser pour nous le rendre propice, pour implorer sa miséricorde, pour lui prouver notre reconnoissance de ses dons, et en obtenir de nouveaux de sa libéralité. Si vous réfléchissez aux consé({ueiice3 qui dérivent de votre opinion , vous rcconnollrez facilement qu'elles ne vont à rien moins qu'à soustraire l'homme à toute dépendance de son Créateur, à le dispenser de toute reconnoissance envers son bienfaiteur, à rompre enfin la chaîne qui unit le ciel à la terre. Rt quelle idée auriez-Tous de Dieu , si vous pensiez qu'il peut voir avec indifférence ce coupable éloignement et cette mons-

; 1) Maupei tuii, Eisai de pliilosophie moraltt.

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trueii.^-e iiii^raiiuule d'une créature qu'il aroit coalisée (3e ses i)l!is riches dons? »>

Eh j)ien ! monsieur Fopjjosaiit, qu'annez-tous n'pondiî aux raisons de mon oncle? En attendant que vous me l'appreniez , si îoutcfuis vous ne jugez pas prudent de faire seuiblanl de les trop mépriser pour prendre cette peine, je veux vous faire part de ce que j'ai tiré de mon propre ciù. Quoique votre élève ail été hattn pour sju compte couime pour le votre, peut-être cependant trouverez-vous qu'il a dit tout ce qu'il dtoit raisouRahlement po'ssibic de dire. Je vous réserve ce récit pom' ma première lettre, car la lassitude de mes doigts m'avertit que ctile-ci est déjà passablement longue.

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