‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 113 sur 139 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

;*£&• lpuonse, plein d'indulgence et de misé- ^ricorde pour les pécheurs ; plein de tendresse et de soin pour les malheureux sollicitait pour les uns les bienfaits des hommes, et portait pour les autres ses vœux aux pieds du Très-Haut. Tantôt il soulageait les misères relevait les courages abattus , tantôt prosterné devant les autels il priait le pasteur spirituel et souverain de réunir par la justice tous les hommes dans le même troupeau Et les œuvres de charité , loin de lui faire sacrifier ses devoirs, ne diminuaient en rien son zèle d'instituteur.

Le monde est un lieu de combat pour les élus, le pur froment de Jésus-Christ ne s'y prépare pas toujours , comme du temps de saint Polycarpe , sous la dent meurtrière du lion ; mais , dans tous les temps , il doit être purifié par les agitations, comme l'or par le feu. Aussi bien que l'homme , la vertu ne naît que dans la douleur : l'aurore du jour brille sur la rosée des

champs , el l'espérance du ciel rayonne sur les larmes des humains , la Religion ne féconde que les âmes qui en sont abreuvées. Généreux Alphonse , marchez d'un pas ferme et rapide, dans les sentiers étroits de la justice et de la charité, revèlez-vous de peines et de tribulations , comme le voyageur se revêt de son manteau ! Les humiliations extérieures n'atteignent jamais le vrai fidèle; il reste calme et inébranlable au milieu des orages ; il se réjouit dans l'épreuve et dans la douleur ; il y découvre les signes infaillibles de sa prédestination L'homme ne se plaint que parce qu'il est aveugle ; il ne voit pas que tout passe , que tout ce qu'il aime lui échappera sur la terre. Il ne s'attache qu'à des biens qui fuient comme une ombre légère ; le Chrétien sincère n'a d'amour que pour l'impérissable beauté de Dieu ; capable également de cueillir la palme du martyre , ou de suivre à pas lents le Sauveur dans la route du Calvaire.

Les disciples de la croix craindraient-ils la mort ? Le séjour du ciel est l'objet de tous leurs désirs (1). La pauvreté ? les uns se l'imposent volontairement , les autres la supportent avec résignation, et tous usent des biens comme n'en usant pas. Les humiliations ? l'humilité est le fondement de l'édifice du salut. Les mauvais traitemens? ils réduisent eux-mêmes leurs corps en servitude (2) pour conquérir la précieuse

(1) Cupido dùsoU'i et este cum Chrisio. Saint Paul.

(2) Casligo corpus tneutn ci in servitulem redigo

m'.... reprobus efficiar.

Page 1