LIVRE VIII
raient ; ils insultaient , sur les places publiques, les femmes, les étrangers, les prêtres , les vieillards et tous ceux qui ont le plus de droit aux égards de l'humanité ; ils devinrent tout-à coup remarquables par leur modestie, leur politesse et leur piété. Quand on voyait une multitude d'enfans , il était facile de connaître ceux qui fréquentaient les écoles chrétiennes ; leur air de candeur, leur bonne tenue les distinguaient de la
foule.
L'intérieur des maisons de bien des gens du
peuple offrait l'image de l'enfer ; les parens avaient la déplorable coutume , pour corriger leurs en fan s , de les frapper, de recourir aux paroles grossières , aux juremens , aux blasphèmes ; l'insubordination et la colère donnaient un aspect hideux aux enfans , ils élevaient la voix autant que leurs parens , répondaient à leurs malédictions par des malédictions plus affreuses encore , et à leurs coups par d'horribles et parricides menaces. La paix , la concorde , les soins de la tendresse paternelle, et les respects de !a piété filiale succédèrent à ce triste spectacle de barbarie ; par les bienfaits de leurs leçons , les frères rétablirent les droits de la nature et de la religion : ils furent les réformateurs d'une nombreuse population, firent renaître le goût du travail, parvinrent à bannir l'ivrognerie , la débauche, et tous les vices qui perdaient la jeunesse et désolaient cette contrée.
() combien on éviterait de chagrins aux familles , de malheurs aux peuples, si l'on inspirait aux enfans , l'amour de la piété et de la vertu !
££} es prières et les œuvres d'Alphonse , *|jfàa& comme un parfum précieux, moulèrent 2=§E§iî au trône de l'Eternel. Le Tout-Puissant les agréait et reversait , en retour , sur la terre , d'abondantes bénédictions. Le mérite , la vertu , la patience des frères, l'utilité bien connue de leur enseignement dissipaient tous les obstacles que l'envie , l'intérêt privé et la calomnie opposaient à la prospérité de leurs établissemens. Le moment du Seigneur était arrivé, ses serviteurs fidèles , de toutes parts, élevaient des mains pures vers le ciel , et à leurs prières disparaissaient toutes les difficultés : tels autrefois on avait vu les murs de Jéricho se renverser aux cris des des enfans d'Israël.
Le nom de Dieu sera de nouveau généralement béni , l'homme dès ses plus tendres années apprendra à le bégayer avec amour ; la plus pure doctrine répandue sur la terre , fera naître la vertu dans les cœurs, et la perpétuera dans les générations les plus reculées. Les enfans du peuple reçoivent une science dont le fruit ne donne pas la mort : comme de jeunes fleurs, ils peuvent croître et s'embellir à l'abri du souille brûlant de