‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 13 sur 139 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

- de ces joies innocentes , gravez les inébran-

• labiés principes de votre loi sainte dans ces " jeunes cœurs ; venez les animer par votre pré-

• sence ; malgré toute leur action , ils mour-

• raient bientôt , s'ils n'étaient constamment

• vivifiés par les feux de l'amour divin. »

Ce bon pasteur se plaisait à épancher son àme dans celle d'Alphonse ; il n'éprouvait pas un sentiment que le cœur de cet enfant ne le partageât.

Ce jeune disciple de la grâce élevait aussi ses mains pures vers le ciel :

•' Seigneur , s'écriait-il , bénissez mon pasteur » et mon aïeul ; conservez long-temps leurs jours.

■ Jetez vos regards de miséricorde sur mon

• père et ma mère ; sur mes frères et mes sœurs-, sur toute notre paroisse et sur tous les enfans appelés au bonheur de vous recevoir.

» Sept jours encore ! ô grâce ineffable ! et nous

• vous recevrons ivres d'amour , transportés

• de joie 1

• Nous serons nourris du pain céleste ! O » Dieu ! les anges portent envie à notre sort.

» Nous attendons ce moment tardif avec une - douloureuse impatience. O quelles délices ■ quand les intervalles qui séparent un pareil • jour seront écoulés ! »

Une flamme céleste embrasait cette àme ardente , l'exaltait et donnait à ses facultés une sorte de développement surnaturel. La grâce de Dieu opère des prodiges dans les cœurs où elle ne trouve aucun obstacle à son opération.

Mais ce n'est pas toujours par des chemins parsemés de fleurs , ce n'est pas toujours par la voie des consolations même les plus légitimes que Dieu conduit ses élus : il se plaît à les éprouver par les tribulations , et quelquefois même par les plus accablantes douleurs.

Le jour de la première communion devait être une solennité brillante, on était dans une attente générale ; partout on faisait les préparatifs avec activité ; de toutes parts les airs retentissaient de saints cantiques et d'hymnes d'amour ; une voix harmonieuse s'élevait de chaque village pour chanter les louanges du Seigneur ; la beauté , la foi des enfans couronnaient le père commun , comme la hyacinthe et le lys embellissent la source d'une onde pure. Toute la paroisse avait pris un aspect de fête et d'allégresse ; un rayon précurseur de joie, de bonheur et de paix illuminait toutes les âmes. Soudain d'obscurs nuages se répandent , et une tristesse , pour ainsi dire universelle , succède à de si suaves prévisions.

Alphonse , le jeune Alphonse , si aimable et si gai , si expansif et si bon ; Alphonse , l'âme de toutes les cérémonies religieuses , gisait mourant sur son lit , baigné des larmes de son aïeul vénérable et de toute sa famille.

Revenant un jour de catéchiser les enfans d'un village éloigné , la ligure épanouie par le sentiment de la satisfaction que l'on gontc à faire le bien , il rencontra sur sa route un vieillard exténué , étendu sans mouvement , ayant prés de

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