‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 130 sur 139 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

• paix que comme un fruit de la justice ; et » ne prononcez fus un jugement sur nos éco- ' les avant de les avoir bien connues. » Les préjugés et les passions dominent quelquefois les meilleurs esprits, tant les illusions sont inévitables ! Mais quelle prévention pouvait résister à cette maxime d'Alphonse : Examine:

d'abord , jugez ensuite. Ce mot qui devint l'ancre du salut pour son établissement , a depuis conquis bien des suffrages à l'institut de l'abbé de La Salle. Et quand on a vu de près tout ce que les enfans remportent d'amour pour l'ordre et pour la vertu , au sortir des écoles de ces pieux instituteurs , peut-on rester indifférent à leurs nobles travaux , à leur prospérité?

Alphonse fit une recherche exacte des enfans pauvres ou orphelins qui fréquentaient ses deux maisons . il les présenta comme un spectacle digne d'attendrir les hommes , et demanda au ciel avec larmes de ne pas les abandonner. Le feu de l'amour de Dieu et des hommes, embrasait son cœur ; ses prières furent entendues du ciel et de la terre.

Les hommes les plus prévenus contre l'enseignement des frères furent si frappés, si touchés de la direction intellectuelle et morale que recevaient les enfans , qu'ils s'étonnaient eux-mêmes de leurs préjugés et de leur haine contre de» instituteurs dont le modeste et laborieux ministère est si utile à la société.

Les plus grandes âmes ne sont pas toujours à l'abri des erreurs populaires ; mais leurs écarts

même et surtout leur manière de les réparer portent l'empreinte de leur grandeur. Il n,y a aussi qu'un mérite bien réel qui puisse changer une àme magnanime. Ce genre de gloire ne manqua ni à l'institut des frères, ni à leurs adversaires.

En un jour solennel de la distribution des prix, un magistrat aussi distingué par l'étendue de ses lumières que par la noblesse de son caractère , vint offrir un éclatant tribut d'admiration aux frères des écoles chrétiennes. Il fut sublime en rétractant ses anciens préjugés ; c'était Paul converti rappelant qu'il avait été le persécuteur des chrétiens.

Ce n'était pas seulement à Clermont que le mérite de l'enseignement des frères subjuguait les volontés les plus rebelles. On trouverait de pareils exemples dans presque toutes les villes où ils sont établis. Napoléon Landais, juge compétent dans cette matière , regarde l'abbé de La Salle comme un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité ; il le représente comme le type du grand homme modeste , et il jette un cri d'étonnement et de douleur de ce que la Patrie reconnaissante n'ait pas encore élevé un monument à sa gloire !

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