LIVRE II. Ifl
il en coule pour se soustraire aux lois éternelles de la sagesse et de la modération !...
Mes études doivent commencer par une invocation à l'Esprit saint , et se terminer par une courte prière à la sainte f ierge.
Ce vertueux jeune homme avait compris combien même pendant les heures de l'étude , il est utile et chrétien d'élever souvent son àme à Dieu , afin que Dieu préside à toutes nos actions , qu'il domine toute la vie et dirige , pour ainsi dire , toutes les pensées et tous les mouvemens de nos cœurs. Alphonse jugea que cet exercice lui serait nécessaire surtout pendant les récréations , et pendant les momens consacrés aux travaux manuels dont son vertueux mentor n'avait pas voulu lui laisser perdre l'habitude. La volonté de Dieu pouvait en effet le ramener aux fatigues de l'agriculture.
La prière du soir , l'examen de conscience seront les dernières actions de ?na jeunesse.
Si tous les hommes prenaient l'habitude de la réflexion ; si chaque soir ils s'appliquaient à apprécier dans le sanctuaire de leur propre conscience la moralité de chacun de leurs actes, de chacun même de leurs désirs , y aurait-il beaucoup de criminels sur la terre? C'est à ce défaut de réîlexion que l'Esprit saint attribue la corruption générale. Cependant cette pratique de la méditation paraît minutieuse à certains beaux esprits. Nous pourrions opposer , à l'opinion de ces Messieurs , des autorités de quelque importance. Ce n'était pas pour les empêcher de
méditer qu'un philosophe célèbre soumettait ses élèves à un silence de cinq années. Et cet empereur fameux , qui se désolait si amèrement lorsqu'il avait passé un jour sans faire un acte utile aux hommes , était donc dans l'habitude de peser chaque soir la valeur de ses actes de la journée. Mais je ne vois pas de raison pour qu'un usage adopté par un empereur ne puisse •'rien être dédaigné par nos esprits forts , qui affichent un haut dédain pour les plus illustres exemples , dès qu'ils y voient la condamnation de leurs prétendus principes.
Alphonse avait pris des mesures pour sanctifier même les heures de repos.
Le sommeil me doit rappeler la pensée de la mort dont il est l'image ou le frère. 11 prenait l'attitude la plus conforme à la modestie, à l'abnégation chrétienne ; ses membres étaient engourdis par le sommeil , et son cœur parlait encore à Dieu , à Marie, à son Ange gardien.
La fréquentation des sacremens fixa son attention. Il abandonna à son confesseur le soin de régler le nombre de ses communions ; mais il voulut se confesser au moins une fois par mois : c'était une lumière intérieure de la grâce qui sans doute guidait cet enfant , car pouvaitil déjà avoir acquis assez d'expérience pour comprendre que l'éloignement systématique des sacremens est une des principales causes du déréglemeut de la jeunesse , de la perte et du malheur de presque tous les hommes ?
Le dimanche était pour Alphonse un jour