‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 34 sur 139 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

» adonnés au libertinage! — La confession nous procure tani . de douceurs 3 elle nous préserve ou nous relevé des faî- » blesses qui avilissent les hommes ; on dit qu'ils s'en niou quaienl ouvertement — Le dimanche ils n'assistaient

m jamais aux offices ; je les croyais malades ; j'appris qu'ils h employaient ce temps à jouer , à boire , ou à chasser ;

. quelquefois ils se mettaient aux fenêtres d'un cabaret , et

i ils insultaient les personnes vertueuses qui se rendaient à » l'église. Oh ! à quels soucis rongeurs doivent être en proie » les hommes imprévoyans qui ont forcé de si bons jeunes » gens à aller se perdre dans les villes ! Car, qu'on explique » l'expérience comme on voudra, il est certain que la plupart ,. des hommes qui ont respiré dès leur enfance un air con-

i lagieux , deviennent impies et pervers plus que ceux qui » ont vécu dans la simplicité des premières mœurs. Celte ob-

i s, rvation fut sans doute de tous les temps et de tous les lieux. » Si l'on ne pouvait s'instruire sans se pervertir, l'ignorance » alors , j'en conviens , serait mille fois moins honteuse » qu'une si funeste et si coupable instruction : mais en nous » donnant des leçons, M. de St.-Hilaire éloignait de nous cette destructive science du vice. Combien de jeunes gens » perdus seraient encore vertueux , s'ils avaient trouvé un -i maître aussi sage que le nôtre. Oui , plus je médite , moins » je comprends la cause d'une si cruelle rigueur. »

Alphonse exhalait sa douleur avec une franchise qui faisait l'éloge de sa belle âme ; mais avec une imprudence représensible et avec une vivacité d'expression qui annonçait un homme dans toute sa candeur primitive, et non encore poli par l'expérience des choses humaines.

M. de St.-Hilaire , pour calmer celte profonde amertume , ne lui adressa pas un long discours. Il lui montra , sans lui dire un mot , une image du Christ ; et jamais leçon ne fut plus éloquente ! La vie du Sauveur tout entière se déroula aux yeux d'Alphonse , la patience et une angélique résignation vinrent tempérer son exaspération , adoucir ses peines et lui faire retrouver ses anciens sentimens de respect , de soumission et d'humilité chétienne.

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