‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 4 sur 139 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

lphonse naquit dans un de ces hameaux du midi où la foi s'est conservée et si vive et si pure.

Ses parens étaient de pauvres laboureurs ; la Providence leur avait confié le soin de nombreux enfans, tous bien nés, dociles et respectueux ; mais condamnés, ce semble, par la rigueur de leur sort , à ne recevoir d'autre éducation que celle du foyer domestique ; ils y puisaient du moins l'amour de la vertu !

Le jeune Alphonse surtout croissait en âge , en grâce, en modestie : son assiduité à tous les offiees de l'Eglise , son recueillement , sa piété tendre , son profond respect pour les auteurs de

ses jours, son empressement à exécuter Iears ordres , son avide attention à observer les plus légers mouvemens de leurs volontés, en avaient fait un enfant de bénédiction.

La paix , l'amour, la bienveillance mutuelle régnaient dans une humble chaumière , le bon • heur et la joie, avec l'innocence, avaient fixé leur séjour dans le sein de la pauvreté.

La simplicité des mœurs, les habitudes de frugalité, d'ordre et de propreté donnaient à tout l'ensemble de cette famille l'aspect le plus riant et le plus enchanteur. La naïveté , la candeur chrétienne, le contentement intérieur se réfléchissaient sur les nobles physionomies de ces heureux villageois.

Le Dieu de bonté, qui pare les champs , qui donne leur éclat aux (leurs, qui nourrit les petits oiseaux du ciel, fertilisait le sol qu'ils arrosaient de leurs sueurs et qui leur fournissait le pain de chaque jour. Le soir, ils s'endormaient avec sécurité dans les bras du Seigneur ; le matin, ils se réveillaient en louant son saint nom ; et le sentiment de la reconnaissance , souvent si faible dans le cœur des hommes qui sont le plus comblés des biens de la terre, se ranimait, chaque jour plus vif, dans le cœur de ceux qui ne possédaient rien.

Avant de se livrer au repos , avant de sortir pour le travail , ou pour la garde du petit troupeau qui composait toute sa richesse , prosternée devant une vieille image de la Vierge, cette sainte famille adressait à Dieu la plus fervente

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