‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 49 sur 139 · LIVRE III. i · texte numérisé non relu

LIVRE III. i

avoir admiré sa cordialité , ils lui dirent : - Monsieur le Curé , il est une autre pharmacie

• dans la ville voisine ; elle aura pour vous et » pour vos bons paysans un mérite que nous

avons constaté ; donnez-nous une plume et de

• l'encre , nous vous en indiquerons l'adresse. » Et ils lui firent un billet de trois cents livres de viande à prendre pour ses pauvres chez le meilleur boucher de la contrée. Cette scène fut attendrissante , et il ne fallut rien moins qu'une pareille issue pour tranquilliser les élèves de M. de St.-Hilaire qui n'étaient pas trop rassurés sur la visite de trois inspecteurs à la fois réunis.

Tous les pauvres gens de la paroisse dont M.

le Curé faisait le bonheur, s'alarmaient dans la crainte que leur Curé n'eût à subir quelques nouvelles tribulations ; ils furent ravis quand ils apprirent que ces trois étrangers avaient voulu s'associer au bien que le bon pasteur ne cessait de faire.

Les joies et les tristesses du presbytère étaient communes à toute la paroisse. Eh ! pouvait-il en être autrement. Les souffrances , les douleurs <le chaque paroissien étaient adoucies par le pasteur ; il partageait leur pauvreté en descendant jusques à leur pénurie , quand il ne pouvait pas les élever jusques à son aisance. Il vivait au milieu de ses paroissiens comme un père qu'entourent le respect , l'amour et la confiance de sa famille, vit au milieu de ses enfans. Alphonse et ses deux condisciples le secondaient parfaitement dans tous ses actes de charité , s'ils ne

pouvaient pas le seconder toujours dans l'exercice de son ministère. La pauvreté n'avait rien d'humiliant dans cette édifiante paroisse. La charité fraternelle effaçait l'inégalité des conditions , tous vivaient heureux sous le règne de la vertu et des espérances éternelles.

Mais nos trois élèves , quelle que fut la félicité de leur sort , ne pouvaient pas toujours rester au presbytère : M. de St.-Hilaire songea à les en éloigner pour leur ouvrir la carrière qui devait les conduire à l'état où les appelait la divine Providence.

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