LIVRE QUATRIÈME
hacln , dans l'ordre social , doit être j^ élevé pour la place qui lui es! destinée 'par la divine Providence. Il faut donc exercer les enfans à des travaux variés, afin qu'ils puissent , quand il en sera temps , se livrer au genre d'occupation qui leur conviendra le mieux.
M. de St -Hilaire avait formé ses élèves d'après cette maxime ; ils étaient également capables de prendre l'état de leurs pères , ou de suivre une vocation plus élevée , de soutenir l'éclat des dignités ou de supporter le fardeau de la pauvreté.
Ce bon pasteur avait dirigé ces trois jeunes bommes avec un soin cl un jugement que l'on rencontre bien difficilement dans les instituteurs de la jeunesse ; il avait étudié leurs goûts , leurs penchans , la nature de leur génie ; il avait harmonisé avec un équilibre parfait tous les exercices destinés au développement de leurs organes ou de leurs facultés ; les travaux de l'esprit et ceux du corps se servaient de délassement l'un à l'autre. Les fonctions saintes du ministère ne permettaient pas au digne pasteur d'être , sans interruption , avec ses élèves ; pour les tenir sans cesse en haleine , il avait eu soin de leur donner
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d'autres maîtres : le menuisier et le forgeron du bourg. M. de St.-Hilaire avait compris que la première et la véritable étude de ses élèves devait être celle de leur condition. Le seul moyen d'ailleurs de les arracher aux dangers de l'âge et des passions était d'occuper tous leurs momens ; et en les livrant à une noble et continuelle action, il en avait fait tout à la fois des hommes de fatigues et d'intelligence ; il avait su préserver leur cœur , leur sang , leurs mœurs de la contagion générale ; et ce désordre qui efféminé et flétrit les générations , leur était inconnu.
On n'imaginera pas que dans l'espace de cinq ans , il leur donna une connaissance suffisante et approfondie de tous les arts et de toutes les sciences dont nous avons fait rénumération .
seulement il leur en ouvrait la route , leur en donnait des notions bornées mais justes et précises , leur en faisait apercevoir la liaison , et le rang qu'ils devaient occuper dans leurs éludes. En faisant passer devant eux tous les objets qu'il leur importait de savoir , il les avait mis à même de développer leur goût , leurs talens , et de fixer leur vocation ; et il leur avait montré de loin le but vers lequel ils devaient diriger leurs efforts.
Il est une époque où le besoin de l'émulation se fait sentir ; les travaux de la littérature , de l'éloquence et de la polémique ne s'apprécient que par comparaison. Il faut quelquefois se heurter avec les hommes pour faire acquérir à