‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 64 sur 139 · ALPI1G>SE · texte numérisé non relu

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réponse uniforme : - C'est parce que vous portez

• un costume et un caractère de paix que l'on

■ vous outrage: on sait que l'on peut vous ou-

• trager impunément '. >i vous étiez déguisé

• sous l'habit, ou si vous \oyagiez en la société

• d'un militaire, vous recevriez des témoignages » de respect ■

■ Cest bien ainsi que je l'avais pensé, répon-

■ dait Alphonse avec une naïve candeur : L'in-

• solence est sœur de la lâcheté. • Néanmoins Alphonse continuait sa route, et

son àme. occupée des choses de Dieu, ne redescendait à celles de !a terre qu'avec une amertume mêlée de dégoût : ses yeux s'humectaient de larmes à la vue de tant de vices, d'une aussi profonde dégradation et d'un acharnement aussi inexplicable eonlre des hommes inconnus et qui traversaient celte terre inhospitalière pour la première fois : la grossièreté même des simples enfans , si frappante en regard des vertus angéliques des hommes au milieu desquels il avait vécu, serrait à redoubler son douloureux attendrissement.

Ce jeune lévite précipitant ses pas mal assuré sur un sol d'où jaillissait la malveillance , arriva dans un village renommé par sa fonderie, une des plus belles du royaume ; lorsqu'il fut en face d'une maison d'éducation qui donne sur la route, il se vit tout à coup assailli par trente enfans qui dirigèrent contre lui, avec des cris assour- «lissans, un houra sauvage.

Alphonse qui ne portait dans son cœur que des

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senlimens d'amour, se sentit alors oppressé par une douleur indéfinissable : il ne put la soulager qu'en versant un torrent de larmes. * Hélas ! » dit-il, ces enfans ont- ils des mères chrétiennes? « Les a-t-on jamais entretenus de la beauté de » la vertu? Et s'ils sont coupables, ne sont-ils

• pas encore plus dignes de compassion? Ont- ils

■ dans leur famille un vieillard aussi auguste

• que mon aïeul pour leur parler de Dieu et de •• la Vierge Marie? Oh! s'ils la connaissaient

• cette reine des anges, ces malheureux enfans ,

■ au lieu de blasphèmes et d'injures, n'ouvriraient » les lèvres que pour prononcer des bénédie- ■■ tions, et pour faire entendre des choses aima-

• blés comme leur âge le permet quand il n'est

• pas flétri par le souffle infect d'une basse et

• précoce corruption. »

Touché jusqu'au fond du cœur, non d'une injure qui ne l'atteignait pas, mais d'une dépravation d'aulant plus affligeante qu'elle se montrait dans l'âge de l'innocence, Alphonse priait Dieu d'envoyer une pensée de religion parmi ces pauvres et malheureux enfans.

11 quittai t ce village à regret, il aurait voulu qu'il lui eût été donné de faire briller la lumière de la grâce au milieu des ténèbres où la multitude était plongée. Le spectacle affreux de tant de misères le pénétra vivement. Le feu sacré du prosélytisme de la vertu embrase son noble cœur. Jusque là il avait redouté le fardeau du sacerdoce, il lui tarde maintenant de pouvoir en exercer les fondions.

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Ce fut cependant de cette sainte et généreuse ardeur que naquit une résolulion qui l'éloigna à jamais du ministère qu'il ambitionnait. Son amour pour l'humanité, son zèle pour la gloire de Dieu formaient le principe pur de cetle héroïque ambition. Son cœur était voué à la piété : sa mère en mourant lui avait légué les scntimens les plus délicats de la compassion et de la tendresse. Il ne voyait jamais un enfant malheureux sans que ses entrailles ne fussent émues ; plus d'un titre l'intéressait au sort de ceux qu'il avait vus si abandonnés. Comme eux il était né pauvre, comme eux, peut être, et plus qu'eux, il fut devenu stupide et sauvage, s'il eût été sans guide, envoyé au sortir du berceau au milieu d'une population oublieuse de son Dieu. puissance d'une religion qui donne aux hommes une tendresse pour des étrangers égale à celle qu'une mère a pour son fils ! Le malheur des enfans qui l'insultaient fait prendre un autre cours à la destinée d'Alphonse. Les injures qu'il reçoit font poindre dans son Ame une résolution nouvelle, une résolution d'amour pour ceux qui l'outragent.

Les plus tendres scntimens agitent son cœur, les plus profondes réflexions remuent son esprit et viennent tour à tour fortifier cette vive lumière qui réclaire et l'entraîne dans une carrière de sacrifices et de dévouement.

Voici comment raisonnait Alphonse :

Des enfans avilis et corrompus par l'autorité de l'exemple et de renseignement , se soumettront ils à l'action du sacerdoce ?

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