‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 69 sur 139 · LIVRE Y. \hl · texte numérisé non relu

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de Home, si admirée pour sa sage circonspection, l'approuva sans moilifications ; fait aussi rare qu'il est glorieux. Cet institut fixa l'attention d'Alphonse ; il était digne lui-même d'èlre accueilli par une société destinée à faire sentir partout la salutaire influence de son angélique charité , et de son sublime dévouement. Alphonse pria M. de St.-Hilaire de l'accompagner dans sa famille , et de lui annoncer lui-même le changement de sa destination. Cette famille , par la simplicité de sa foi . par son humble soumission à la volonté de Dieu , faisait revivre les vertus des plus beaux siècles de l'Eglise : néanmoins elle n'était pas encore arrivée à cet état de crucifiement qui constitue le plus haut degré de perfection à laquelle la grâce puisse élever une àme fidèle. Le Seigneur, pour faire exalter ses miséricordes . voulait soumettre la fidélité de cette vertueuse famille à une nouvelle et terrible épreuve.

La conduite de Dieu à l'égard de ses élus sera toujours un mystère pour ceux que le Saint- Esprit n'a pas initiés aux secrets des voies qui conduisent à la prédestination. Les souffrances seules , les sacrifices et les croix peuvent préparer l'àme chrétienne aux merveilleuses opérations de la grâce et aux jouissances des plus ineffables délices. Pour vous former une idée de la profondeur des richesses divines, interrogez les Paul , les Xavier, les Vincent , ivres de joie , inondés d'un torrent de bonheur au milieu de toutes leurs tribulations ! demandez à ces gêné-

reux apôtres des nations combien on tressaille de nobles et saints transports quand on est aimé de son Dieu ! JVon , il n'est rien de comparable à cette félicité suprême qu'éprouve une âme dont tous les désirs vont s'éteindre dans les infinies perfections de la divinité.

Le vénérable aïeul d'Alphonse était entouré de toute sa famille , dans le moment où M. deSt.- Hilaire l'aborda, et lui dit :

« Religieux vieillard , vous qui racontiez , » avec un si louable empressement , les histoires •• de l'Ecriture sainte à vos petits enfans , leur » avez-vous quelquefois parlé du sacrifice d'A- » braham ? Vous savez à quel prix ce patriarche » reçut la promesse d'être le père d'une nom- ■• breuse génération. Je viens ici , vieillard » chrétien , au nom du ciel , vous imposer le - même sacrifice et vous renouveler la même » promesse. Puis , en lui montrant Alphonse , » il ajouta : Ce nouvel Isaac est destiné à faire » croître la race d'Abraham. Il obéit à la voix de » Dieu qui vous le demande , et qui veut le .. consacrera son service en lui donnant la mis- » sion d'aller semer , dans le cœur des petits .. enfans, le germe des vertus que vous avez fait • naître dans le sien. ••

Ces paroles attendrissaient le bon vieillard , comme la rosée attendrit l'herbe des prairies. Elles lui indiquèrent la nature du sacrifice auquel il devait se préparer. Quelle que fut sa piété , il se sentit vivement ému. Il ne s'était pas encore familiarisé avec la pensée de renoncer à toutes

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