‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 71 sur 139 · livre v · texte numérisé non relu

livre v

• le berceau , inspiré la pieté la plus tendre ;

• noire vénérable aïeul a veillé sur nos premiers » ans avec une vive sollicitude , il nous a for-

• fifiés dans l'amour du bien ; et ne se montre-t-

• il pas dans ce moment encore notre modèle ? » Nul de nous n'a jamais su trahir la foi de ses

- pères, n'a jamais su violer la loi de son Dieu!..

■ Loin de gémir sur votre sort ,nous admirons,

- cher Alphonse , voire constance ; et nous » voulons participer a vos mérites en nous y

• associant : le Seigneur aura égard à notre sa- •> crifice : notre résignation le glorifiera devant

- les hommes ; puisse- t-elle leur apprendre que » la Religion n'est pas une vaine pratique , mais » une vertu divine qui assujettit tous les intérêt* » et tous les cœurs.»

Le second de ses frères ajouta :

« Obéissez , Alphonse , à la voix de votre

- Dieu; nous ne saurions choisir un pluspuis- « sant et un meilleur maître : une gloire éter-

■ nelle n'attend-elle pas ceux qui s'abandonnent

• ici-bas , sans réserve , à sa volonté sainte ? » Un jeune enfant qui , pendant cette entrevue ,

avait beaucoup pleuré , sembla se ranimer pour dire aussi quelques paroles d'encouragement à à son frère Alphonse.

» Jamais , dit ce vertueux enfant , personne

• n'eut à se repentir d'avoir été fidèle à son •' Dieu. C'est lui qui nous a donné la vie , c'est » pour sa gloire que nous devons l'employer tout » entière. -

M. de St.-llilaire et les autres témoins d'un

spectacle aussi touchant , étaient attendris jusqu'aux larmes. La grandeur d'àme , l'héroïsme de la piété éclataient dans la condition la plus obscure , dans l'âge le plus tendre.

Tous les membres de cette famille vertueuse s'élevaient au-dessus des intérêts de la terre ; ils étaient éclairés d'une lumière pure et sainte ; les regards fixés vers le ciel , ils semblaient comme autrefois les pasteurs de la Judée marchant vers Bethléem , obéir à un guide mystérieux.

Quelle est cette reine qui s'avance belle et suave comme l'aurore, brillante comme l'astre qui préside à la nuit , majestueuse comme l'astre qui préside au jour? Elle pénètre les cœurs des rayons qui jaillissent de son sein brûlant , elle les éclaire et les ennoblit ! Cette reine... c'est la Religion chrétienne. Son règne s'étend sur toutes les grandes âmes : les armées et les peuples s'inclinent devant son sceptre, les rois et les bergers reposent à ses pieds , comme deux enfans jumeaux ; les sages de l'antiquité , quoiqu'enveloppés de ténèbres , semblaient la saluer de loin et proclamer hautement ses bienfaits : « Il n'y

• a pas de fléau aussi funeste a l'état que l'igno-

• rance du vrai Dieu , s'écriait le plus célèbre » des philosophes du paganisme, et tout homme » qui est le destructeur des principes religieux, - par- là même est le destructeur de l'ordre » social. » (P/aloX, de legibus J. Aussi les siècles religieux lèguent de grands et de magnifiques monumens aux générations qui les suivent,

Page 1