LIVRE fi
que nous devons attendre de l'enseignement catholique.
Après une pareille déclaration , dois-je entreprendre de réfuter ce professeur qui a osé dire que le Clergé devrait être exclu de l 'enseignement. La raison d'ailleurs qu'il en donne est si futile !... Les anciens ne voilaient guère plus leurs discours que leurs statues , or tout cela, disait-il, ne va pas dans la bouche d'un prêtre. Je doute que cette raison-là soit du goût de la plupart des familles. Elle eùl été goûtée sans doute à la cour du tyran Denys (1) ; m-ais elle ne saurait être approuvée par un peuple sage et généreux !
I Lorsque Denys eul appris que Dion levait des troupes » dans le Péloponèse , et travaillait à se mettre i'ii état de » l.ii faire la gnerre..., il ni donner à son fils une éducation u molle , propre a infecter son cœur des plus honteuses
» passions Cet enfant, après le retour de son père , se
voyant entouré de surveillais chargés de lui faire quitter ses habitudes , supporta si impatiemment ce genre de vie, qu'il se tua lui-même en se précipitant du liant de sa ,i maison. »
Filiumque ejus sic educari jussit , ut indulgendo turpissimis imbucretur cup ditalibus.... .'s usque eo vitœ station commutation ferre non pot ni', poslqvam inpalriam rediit paler... Ut se de superiore jart> œdium dejecerit, atque ità inlericrit.
( Cornélius Nepos (Dion , p. 132).
Votre doctrine , monsieur le professeur , ne ressemblc-tclle pas a l'indulgence du tyran ? Ne craignez-vous pas que des discours peu voilés n'irritent un peu les passions? Que l,i licence de votre langage ne. soil incompatible avec les bonnes mœurs»? Quinlilien , qui n'était pas un prêtre mais
Des deux grands principes que nous venons de poser naissent l'abolition de l'esclavage , la reconnaissance de la dignité humaine. La disparilion des catégories , IVgaiilé devant la loi humaine comme devant la loi divine , le bonheur des familles, l'ordre , la stabilité des élats.
Que peut produire l'enseignement anti-calholiquc ? Et qu'a-t-il produit ? Le sensualisme avec toutes ses monstrueuses conséquences, l'abrutissement de l'espèce humaine et le règne de la force Car , je le demande , où peut s'arrêter
qui élail un philosophe sage et honnête . te craignait : il recommande de ne meure , qu'avec ou choix sévère . I< poésies d'Horaee entre les mains «1rs jeunes gens
Les impressions vives el louchantes dont vous voulez donner l'habitude à vos ('-levés, les images dévoilées el séduisantes que vous voulez mettre sous leurs yeux , dans un âge où l'on n'a que trop de dangers à redouter , ne produiront-elles aucun ravage ? L'homme jeune peut-il , comme la salamandre , vivre au milieu du feu? Toutes les passions naissent les nue- des autres , il suflil d'en exciter une dans le cœur d un jeune homme pour en provoquer mille.
le ilespolc cite raisonnait mieux que vous : il voyait au moins la cause et l'effet étroitement liés ensemble : II fit donner une éducation molle nu fils de Dion , pour infecter son cœur des plus honteuses fiassions.
Vous ne vous bornez pas it réclamer la liberté de donner
rœ Leçons à ceux qui n'en redoutent pas le résultat; \
roulez les imposer à ceux qui B'en effraieraient : il faut exclure te Clergé de l enseignement , parce que les anciens ne voilaient pas plus leurs discours </uc leurs statues, et que cela ne va pas dans la bouche du prêtre. O noble rbéleui ïi vous aviez la puissance d'un tyran, combien de pères dt famille pourraient sq préparer à subir le sort de Dion.