‹ Alphonsine; ou, La tendresse maternelleChapitre 12 sur 26 · CHAPITRE XXXVU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVU

Tandis que don Alvar, poursuivant ILvec rapidité, dans les pays étrangers, le cours de ses conquêtes , se formoit à l'école des langues savantes, et n'apprenoit rien à cellp de M, An,tonîo; tandis qu'il acquéroit quelques agrémens frivoles et qu'il perdoit 4e bonneç mœurs et toutes les vertus qui en dépendent , l'innocente Alphonsine, embellie par tout le charme de l'adolescence^ ,uiu à la pureté d'un ange , croissoit au sein de la paix et du bonheur sous les yeux de

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son heureuse mère. Dans cette prof onde solitude elle atteignit sa quinzième année.

Le deuil de la comtesse étant fini depuis plus d'un an^ elle eut envie de revoir le monde ; elle partit , avec Inès , pour Madrid > en promettant à Diana de revenir passer avec elle une partie de ré té prochain. Inès revit Dazeli'^ après une longue absence^ avec une sensibilité dont elle ne put se défendre ; il venoit de refuser la main de la du«.

chesse d' Alzuna , dont il étoit aimé y et qui avoit rejeté pour lui les vœux de don Juan d'Oropésa ^. grand seigneur ^^ jeune 9 aimable et passionné. Ce refus d'une alliance illustre élevoit Dazeli aux yeux d'Inès^ il flattoit son amour-propre autant qu'il touchoit son cœur. Çepen-* dant^ invariable dans ses résolutions, elle évita Dazeli ^ ne lui montra que de l'indifférence lorsqu'elle le riencontra^ et parvint à lui ravir presqu'entièrement l'espérance. Don Juan d'Oropésa étoit l'homme de la cour le plus considéré 5

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parce qu'il avoit à la fois dé la grandeur dans les sentimetts y et dé Foriginalité dans l'esprit 9 ce qui réussit toujours avec de la fortune et un rang âevë. Dans le inonde ^. surtout à la cour, on craint les gens qn il est impossible de deviner; et la crainte qui n'cfst point inspirée par uii caractère baïssabfe^ esif toujoux^ tlne sorte d'estime. Quoique dbn Juaû ne fût pas dissimulé , on poûvoit rafemeiii:

prévoir ses opimoil& ou sa conduite :

tantôt il agissoit d'uitô manière s^^ et simj^e 9 tantôt il prcfûoitf les résdiufions \eé fdus ei^traordinaîres > et les sditenoit avec persévérance; Sa raison dans de deptairïes-occasiduis ^ sa bît^arf erie dkns d'autres , ne' perûûiéttment de fait^- aucune conjecture sur l^i.

Don Juan y âgé de trente-detix ans ^ avoit une belle figure^ un maintien froid et sévère ; il étoit naturellement frondeur, et vivement frappé des vices et des travers de la société ; il mettoit son amour-propre à ne ressembler à personne. Il y parvenoit sans effort, en

j suivant ses premiers nioavemens y qui ! ëtoient toujours d'une générosité chevaleresque. Bien *ne donne plus de sîn*^ gularité dans le monde qu'un parfait désintéressement^ et que le dén^^ient sincère d'ambition. Cependant^ don Juan^ par principes^ ne voulant pas mener une vie oisive , s'étoit distingué dans la carrière militaire. Croyant devoir à sa réputation d'y faire son che»^ min avec distinction y il avoit sollicité les grades et les honneurs que méritoient ses services. Son kme étoit sen^ sible ; il portoit en amour et en amitié cette grandeur de sentimens qu'il avoit naturellement dans toutes les occasions de sa vie. L'idée de corrompre une femme lui faisoit horreur; il avoit aimé pendant cinq ans la duchesse d'Alzuna avant son veuvage , mais en la fuyant toujours ; il fit même un long voyage pour se guérir de cette passion. Il étoit au fond de la Russie lorsque le duc d'Alzuna mourut; le roi eut aussitôt l'idée de procurer à son favori cette grande

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alliance , il fît pressentir la duchesse i qui.^ ayant en secret de rinclination pour Dazeli, répondit de manière à donner beaucoup d'espérance. Ce fut alors que le roi rappela Dazeli à la cour , et que Dazeli conjura le roi de lui laisser une liberté dont il ne feroit jamais le sacrifice à l'ambition. La duchesse ne s'étoit pas formellement déclarée^ le roi ces$a de la faire solliciter y et pendant quelques mois il ne fut plus question de ce mariage ; mais un parent de même nom que la duchesse , ayant dit publiquement que Dazeli n avoit renoncé à ses prétentions à cet égard que parce qu il savoit bien que les parens de la duchesse/ et lui surtout^ nauroient pas souffert qu'il y persistât^ Dazeli fut lui demander raison de ce discours. Cette explication produisit un duel^ dans lequel Dazeli montra la valeur la plus brillante, et une extrême générosité. Après avoir blessé son ennemi , il devint son défenseur, en faisant révoquer l'arrêt d'exil prononcé contre lui. Don Juan

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arriva dans ces entrefaites , il déclara son amour; la duchesse lui répondit naïvement que son cœur n'étoit plus libre , qu'elle aimoit Dazeli. Il ne se plaignit point; mais il résolut de donner sa démission d'une charge qui Tobligeoit à résider à la cour^ et d'aller ensuite passer quelques années dans une terre qu'il possédoit dans le royaume de Grenade y voisine de celle de dona Diana.

La duchesse ^ ne contraignant plus ses sentimens^ fit parler au roi sans détour. Ce prince fit vainement de nouvelles tentatives auprès de Dazeli. La duchesse^ qui avoit regardé son duel comme une déclaration d'amour ^^ fut aussi surprise qu'affligée et blessée, £lle partit brusquement pour la France, et don Juan se rendit dans sa terre, où il arriva deux mois après le départ de la comtesse et d'Inès.

Don Juan avoit beaucoup entendu parler de l'histoire de Diana; il éprouvoit un extrême désir de connoltre cette paère intéressaute > si célèbre par sa

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beauté, ses fautes^ ses malheurs^ et sa tendresse passioimée pour sa fille. Il ei^ treyoyoit confusément que cette jeune Alphonsine, si pure^ si naïve ^ élevée d'une .manière si singulière, pourroit seule lui faire oublier la duchesse d'Âlzuna. Il ne fît pas la moindre tentative pour être admis chez Diana, et même il passa deux mois sans chercher à voir ces deux objets, qui excitoient^en lui une si vive curiosité. Mais. durant ce temps, il prit sur leur genre de vie, et sur leur caractère, des informations qui le pénétrèrent d'attendrissement et d'admi* ration. ILsavoit que Diana ne recevoit personne , du moins il voulut la voir. Il fut, un jour de grande fête, à la messe dans l'église paroissiale de la terre de Diana; là il vit Diana et sa fille dans le banc du seigneur. Diana étoit enveloppée dans une mante de taifetas qui cacfaoit entièrement son visage ; mais Alpbonsine n'avoit pointde voile; don Juan fut aussi touché qu'ébloui de son éclatante fraîcheur et de sa beauté. Al--

pIiOB5ine> les regards fixés sur son livre ^ et les yeux baissés en sortant de la messe 9 ne voyoit personne dans l'église; elle Q'aperçut pas don Juan, qui retourna chez lui profondément ému et presqu'entièrement guéri de sa passion pour la^uchesse d'AIzuna.

On étoit au mois de décembre ; mais l'hiver, si doux en Espagne, n'empêcha pas Diana et sa fille de faire de longues * promenades dans les champs. Don Juan savoit qu'elles alloient souvent chez Nugna, cette jeune paysanne qu'elles avoient tirée de la misère, et qu'AIphonsine aimoit beaucoup.

Don Juan fut plusieurs fois se pro«mener aux environs de la chaumière ; il n'y trouva pas ce qu'il cherchoit ; il ne se rebuta point, il y retourna un matin, sur la fin de janvier. Comme il sortoit du petit bois qui touchoit à la maison de Nugna, il aperçut une jeune fille éplorée , qui sortoit de la chaumière en courant de toute sa force. Il lui demanda ce qu'elle avoit; elle répon**

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dit que sa jeune dame écmt fort md, et qu'elle âlloit chereber le cbiturgien duebàteau^ qui^ pâT Yotàté de DktiÉa^ yisîtoit un vieille d lâàlade ^ dati^ une chaumière voÎMïe. Don Juan Vdle clies Nugna^ la port« éloit cmvertè ; il y ayoit un grand mouT'em;ent dans la petite salle basse. Il entre , et yait> au milieu de la famille de Nugna^ Alpbonsine évanouie dans les bras de Diana. Don Juaiï ayoît sur luîttû flacon de sel d'Angteferre; il le présenta a Diâna^ A peine Âlphôn-sine Teut -^ elle senti ^ qti'elle ouvrit les yeux; et, regardaiùt autour d'elle avec un air attendri mêlé d'efiro) : u Ce liiàlr beureu-x ! dît-elte, il n'e^t donc plus ici ? » En disatft ces paroles, AërOt lanlies s'écbappèrent de ses yeuiÈ . . ^ ^ Cahiiez-'Vôus^ mon eafaût , rtfprit Diana , vous ncF le verrea phis...— -*J'y penserai toujours...

— Vene^ respirer k grand ait' dans le jardin. » A ces mots, Diaiia se leva y en prenant sa fiHe sotis le bMS. Elle se retourna vers dou Juan^ lui rendit son flacon, en le retnérciant^ et> sortant de

la salle ^ elle emmena sa fille dans le jardin. Don Jnan n'osa les suivre; mais^ éprouvant la plus vive curiosité de savoir ce qui s'étoit passé , il questionna la vieille grand'mère de Nugna , qui s'étoit remise dans son fauteuil^ en reprenant son rouet aussitôt qu'elle avoit Tu Alphonsine se lever et marcher. Don Juan ne pouvoit s'adresser mieux pour s'instruire ; la bonne vieille s'engageoit volontiers dans de longs récits. Potu* ne rien laisser à désirer à don Juàd y elle voulut prendre les choses d'un peu haut^ car elle entreprit de conter à sa manière l'histoire de la captivité de Diana ^ et toute l'éducation d' Alphonsine dans le souterrain; maïs don Juan finterrompit^ en lui disant qu'il n'ignoroit aucun de ces détails. « Eh bien! reprit Nugna^ il faut donc simplement vous dire que Pédrillo^ le dernier des trois enfans de ma cousine Barbara , étoit le plus beau garçon qu'on pût voir. Il a aujourd'hui cinquante-huit ans; mais dans le temps dont je vous parle ^ il y a environ qua-

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ranteàns.... — Boa Dieu! quarante ans i s'écria don Juan.— Oh ! oui, tout autant^ repartit la vieille.— Ma bonne mère, ce n'est pas l'histoire de Pédrillo que je vous demande, c'est la cause de l'évanouissement de la jeune Alphonsine....

—Eh ! justement, c'est où j'en veux venir. — Mais de cette manière vous n'y viendrez jamais. Est-ïl donc nécessaire de remonter à une époque si reculée ?....

—Très-nécessaire : je ne dis jamais rien de trop: soyez tranquille. Pédrillo, le troisième enfant de ma cousine Barbara étoit. . .—Le plusbeau garçon du monde :

vous l'avez déjà dit.... — ^Quand on vous interrompt, il faut bien recommencer...

—Je ne parlerai plus, je vous le promets.' — Pédrillo, dernier né de ma cousine Barbara, étoit le plus beau garçon qu'on pût voir, et avec cela toujours de bonne humeur, toujours joylux , toujours le' premier à la danse, toujours prêt à courir pour obliger l'un ou l'autre Ah! pauvre Pédrillo ! quand je

me rappelle ce temps-là (et je m'en

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reasouvien» c<Hunie d'hier), le ccpur m« feiut!— N Ici la vieille fit une pause, €8aay4 $esy«ux moutUés de larmes; et recontmençant à fikr : f Un beau jour, continua-t-elle, Pédrillo, oial^^ père et mère, ma^e toute sa famille, s'^gagea watelpt sur uu yaisseau -du roi* Quand il paftit, je lui dis : Pédnllo, il t'en flfTÎ^vera quelque mallieur. Ne sai»tttdoitc pas le proverbe? Qui part nudgré sfis parerts ,~ ne fait jgmais un bon voyçg€ ; il t'eu arrivera quelque malheur... ;Et ceci n'est par nu conte. Je lui difi .^4la davant témoins, en présence de «a 4éf^^tfl nme, ma cou&iue Barbara, et ijto feallA' le curé. Pé^illo partit^ on fut quinze ans sans ^ enlcudi'e parler.

Lnfîuil revint au pays, mais coiument?..

avec deux béquilles et deux jambes de bois!.', et quelles jambes de bois! deux petits bâtons, avec deux petites boules au lieu de pieds!... Ma cousine Barbara vivoit eacore. Illui dit ; Ma mère, consolez-vous; j'ai perdu mes deux jambes, mai» c'est pour le service du roi. Je ygi^ ii[. 1 3

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rapporte nne bonne renommée ^ une bonne pension: Je me passerai bien de mes jambes , car je n'ai plus envie ne courir le monde ^ et je ne veux plus vous quitter.

» Nous sommes tous accoutumés depuis long-temps à voir Pédrillo avec ses jambes de bois ; il a conservé toute sa bonne. humeur^ il est encore plus gai qu'aucun de nous. Lorsqu'il vient nous voir, ce qui est rare, parce qu'il demeure à deux lieues d'ici , il nous met tous en joie. Il est venu ce matin , il nous faisoit mille contes, quand nos deux damessont arrivées chez nous; elles nous entendoieht rire de la porté. Notre jeune dame est entrée gaiment, en nous demandant de qui nous faisoit tant rire; et Nugna ,^ lui montrant Pédrillo : Voilà , dit-elle, celui qui nous divertit tous par ^a bonne humeur. Notre jeune dame a été toute saisie, en regardant Pédrillo ; elle né savoit pas que l'on put vivre sans jambes; et sa respectable mère, qui lui a appris de si belles choses dans la car

Verne, avoit oublie de lui. parler des jambes de bois. Elle est devenue pale comme la mort y en disant . : O le pauvre malheureux! ••• Elle trenibloit comme uae feuîUe. PédrUlo s'est approché d'elle. Quand elle l'a vu ir^archer sur ses petits bâtons^ elle a été si touchée , si surprise , si effrayée, qu'elle est tombée comme morte sur une chaise .... » Ce récit fut interrompu par Nugna, qui vînt dire que Diaiia et sa fille étoient parties; quAlpbbnsine, en pleurant, lui avoit fait beaucoup de questions sur Pédrillo; qu'elle avoit demandé ce qu'on pourroit lui donner qui lui fit plaisir; et que, d'après les réponses de ^ugna, on luienverroitunebelle vàçhç et^eux chèvres. Don Juan appritavec plaisir que Pédrillo éloit un de ses vassaux. Il.retqurna chez lui , le cœur e t l'esprit remplis de tout ce qu'il avoit vu et entendu. Le jour même il envoya à la vieille grand'mère.une énorme provision de lin pour filer; et le lendemain, aussitôt qu'il fit jour , il se rendit chez Pédrillo. Ce der-

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nier 9 très-flatlé de k TÎÂte de son seigneur ^ Itti fit tait touM êk petite hUA- ^ tàtion. « Pëdrillo ^Itii dkdon Jtiati yjtsKns que vous ftvee envié d'avoir une ^racbe ; et 9 en attetîdaat^ je veux voi8 donser un pré« Youb ccmnoisses ocdui <{ui est âu bout de ràSéed'onmes, à émq cents pas d'ici ? je t^us le donne^ » Pédritto ne Sut comment eirpi^inier sa siurpriae et ta foie; ïùdky dentx heures après ^ Ma fco»lieur ^nt Sfiii ccmible ^ lorSqv'ii vil arriérer une superbe vache et deux ckèvres.

Alors^ maigre se& deux jambes de bob, il se trouva vérttablement le phe àeu^ reui: de tou^ les hommes»

Don Snàtày qui^iquea jMivs après, écn^ vit à Diatta; itîui di^dàroit^ sans préam^bule. Ses s;entiniens pour Alpbonsîne., et lui demandoit sa main ^ en promet^ tant à Diana de ti^ jamais la séparer de cette fille chérie. Diana fut très^urprise d une déclamation qui n'aveit été précédée d'àucuM entrevue* Ne voyant personne, et ne causant jamais avec la Comtesse sur la société et sur les gens

du mondes (Clle ne ooimmssaît de àom Juatt ^M le noAof de sa famille ^ Tom des ^h» iiluBtree de l'Espagne. Elle sa'voit eûcore qm'il étoh parent dliiès^ et ^e, pour le mariage projeté de cette dernière 5 comme il avoit fallu lui xtonir TMt uti tuteur qui lui tint lieu de père, oti âvoit choisi don Juàn ; ainsi Diana ^ avant de répcmdre à la lettre qu'elle vor noit de recevoir 9 écrivit à la comtesse ^ pour la questioraiaer sur don Juan d'OropésÀ^ et ebe chargea le curé de re*eueSlir quelques lumières à ce sujet. Ces informations furent toutes à la gloîi^ de don Juan : eltes apprirent ^ aussi à Diana là visite qu'il avoit faîte da»s la chàtiiïiière de Nugna, et le don du pré^ qui cooiplétoit le bonheur du bon PédriUo. Ce détail surtout intéressa vive- .

ment Dtana en faveur de don JuaU. La comtesse^ il est vrai , mai^oit qu'il avott de la singularité dans le caractère ; maïs elle rèndoit une entière justice à ses grandes qualités. Diana répondit à don Juan^ avec l'expression de la recon-

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noissance , que ses sentîmens la touchoient et rhonoroient^ qu eUd n'avoit point d'engagemens y mais que sa fille n'ayant que quinze ans ^ elle ne songeroic à la marier que dans un an ou deux ; que d'ici là elle ne changerolt rien à son genre de vie; qu elle ne^recevroit personne dans la solitude absolue à laquelle depuis sa délivrance elle s'e'toit consacrée. Don Juan lui écrivit, pour lui dire qu'il étoit satisfait, qu'il respecteroit et qu'il admiroit ses résolutions; qu'il âttendroit, se flattant que, dans le temps qu'elle, indiquoit y elle daigneroit le recevoir et l'entendre. Depuis ce jour, il ne fît plus de démarches 'pour revoir Alpbonsine , il ne la rencontra plus.

Sur la fin de l'hiver, quelques affaires l'obligèrent à faire un voyage à Cadix.

En partant, il écrivit à Diana; il lui mandoit qu'il emportoit les mêmes sen* timens, et qu'il reviendroit dans les premiers jours du mois d'août.

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