CHAPITRE XXXL
Tout le monde, dans le château , attendoît avec impatience le lendemain^ jour soJennel qui devoit faire dans la vie d' Alphonsine une époque si intéres^ saute. Alphousine passa toute cette jouriiée entre s^ mère et le bon curé , qui lai fit une récapitulation de toutes les instructions religieuses qu'il lui avoit données, et particulièrement sur sou baptême* Alpbonsine, au moment de jouir de tous les bienfaits du Créateur, écpa-
toit ce pasteur vénérable avec un profond attendrissement ; Diana s'eriivroît d'avance du bonheur qu'elle alloit enfin procurer à sa fille , elle avoit tout préparé pour le rendre aussi frappant que surprenant. Uniquement occupée d'Alphonsine^ n'employant que pour elle les ressources de son esprit et de son imagination^ elle étoit la plus ingénieuse y ainsi que la plus tendre dé toutes les m^res.
On se coucha de meilleure heure que de coutume ; car on vouloit se lever aux premiers rayons de l'aurore. La mère et la fille couchoient dans deux petits lits jun^eaux , placés l'un à côté de l'autre. Elles dormirent peu. A mesure que les heures de la nuit s'écouloient^leur agitation devenoit si vive , qu'elles prirent le parti de se lever long-temps avant le jour. Diana revêtit Alphonsine d'une longue robe de mousseline, du tissu le plus fin, et d'une blancheur éclatante ; elle assujettit sur sa tête ses beaiix' cheveux blonds avec un peigne orné de
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grosses perles ânes ; sob coUl^r et sa ceinture, fonnés de perles semblables^ ëtoient attachés avec des agrafes d'éme*^ raudes ; un bouquet de jacinthes blan-»
ches naturelles acheva de c<Hn|déter cette parure, aussi noble qu'élégante.
Lorsqu'Alphonsine fut habillée y elle se jeta dans les bras de Diana, <c O ma mère ! lui dit-elle, noua allons donc contempler ensemble les cteux et la nature ! vous n'avez pas voulu les revoir sans moi ; mais dans ce moment de surprise et de )oie, vos yeux, j'en sub s4re, ne seront attacl^s que sur votre enfant. ««.
Daignez me promettre de les élever aus^ vers les cieux en même temps que moi. . .
*— Oui , répondit Diajpa ; car en regaiv dant ce ravissant spectacle, je sentirai mieux l'impression que lu recevras. .. Et toi, mon enfant, qui vas prendre ta place sur la teire , et cette portion de bonheur que Dieu destine à toutes ses créatures !
toi, qui vas connoltre toute la puissance bienfaisante de l'Eternel ; toi , ma fille enfin , à qui le ciel n'a voulu donner
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Tusage de toutes tes facultés qu'avec la connoissance réflédue et la raison; tv.
dois penser sur-tout , dai» ce four me* morable ^ k l'auteur de toos les biens ; au milieu de tputes les xaerveilles qui vont t'environner, en recevant à la fois tant de dons magnifiques ^ û mon Al<^ phonslne, que rétonnement y l'admira*tien et la joie , ne soient dans ton jeune et sensible cqsur que de l'amour et de la reconnbissance. jo Gomme Diana disoît ces mots, Alphonsine aperçut ^ à travers les jalousies , poindre le jour ; elle embrassa sa mère avec transport, en la conjurant de partir. Diana se cou^ vrit d'un long voile, qu'elle Rendit aussi sur sa fille , dont elle t^ioit la main, et elle sortit ainsi avec elle de son appar*^ tement.
Il étoit convenu que Diana se rendroit à l'églisç avant toutes les person^ nés du château , et même avant la comtesse etDazeli> parrain et marraine d'Air phons&ne : Diana votdoit être seule avec sa fille dans le plus beau moment de sa
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viç j elles descendirent un escalier derobe y qui les conduisit dans une petite cour > où elles trouvèrent . une voiture attelée. Alphonsîne, toujours enveloppée dans le voile de sa mère , et^guidée par elle, monta avec elle dans cette voiture j dont les stores étoient baissés.
Quand la voiture se mit en marche , ce bruit et ce mouvement, si nouveaux pour elle, lui causèrent une vive im«' pression de frayeur, quoiqu'elle eût été prévenue *à cet. égard. Malgré tous les discours de Diana, qu elle tenoit étroitement embrassée, elle ne put surmonter cette crainte, qui devenoit extrême dès que la voiture tournoit ou penchoit, ou que le chemin un peu raboteux lui faisoit faire quelque cahot. Il fallut gravir une montagne assez escarpée. Parvenue au sommet , on s'arrêta. wOmon enfant ! dit Diana , nous sommes arrivées ! » A ces mots Alphonsine fit éclater la joie la plus touchante ; elle pleuroit , elle trembloit, elle embrassoit sa mère, son cœur palpitoit avec une telle viva-
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cite y que Diana voulut attendre qu elle fût ua peu calaiée avant de la laisser descendre de voiture ; enfin ^ elle donna l'ordre d'ouvrir la portière , elle prit sa fille dans ses bras, elle renvoya sa voiture et ses gens ; et portant l'heureuse Alphonsine, toujours voilée , à trente pas de la 9 elle la déposa sur un siège de gazon préparé pour la recevoir. L'air vif de la montagne y malgré sa douceur et sa pureté , saisit Alphonsine ; elle demanda elle-même à se reposer une minute avant d'ôter son voile. ... De ce point de la montage, on voyoît en face une longue allée, formée par des caisses d'orangers et de rosiers ; de grosses touffes de dièvre-feuille recouvroient et cachoient les caisses ; un gazon nouvellement semé, «et bordé des deux côtés des plus belles fleurs cultivées , étaloit un tapis éclatant au milieu de cette superbe avenue , au bout de laquelle on découvroit l'église, vénérable édifice gothique, dont les ^olotines étoient ornées de
feuillages, et dont toutes les corniches III. 6
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saillantes portoient de beaux vases remplis de fleurs. A rentrée de l'allée, du siège de verdure où se reposoît Alphonsine, on voyoit, à droite, d'immenses prairies arrosées et coupées par le Xénil ; l'autre côté de la montagne offi*oit le contraste le plus frappant de^ce riant tableau; l'œil étonné n'y découvroit que d'énormes rochers , des cascades et. des forêts sauvages : ainsi l'église , située sur le sommet de cette montagne , domiinoit avec majesté une solitude inhabitée et la vallée la plus fertile ; elle sembloit être Temblême auguste du vrai Dieu, qui régit tout l'univers, qui donne aux hommes le prix de leurs travaux, qui seul encore peut régner sur les déserts qu'il remplit dé son immensité , et dont il renouvelle les plantes et les animaux.
La légère oppression qu'avoit éprouvée d'abord Àlphonsine , étant passée :
(c O maman, dit-elle, quel air parfumé !
quelle odeur délicieuse !..• Puis-je lever les yeux ?••• » Alphonsine, pour mieux
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se conformer aux intentions de sa mère^ avoit toujours tenu scrupuleusement ses yeux baissés depuis qu elle étoit sortie de la voiture. « Mon Alphonsine , s'écrîa Diana, fais-moi jouir enfin des beautés de l'univers éclipsées pour moi depuis, tant d'années y rends à ton heu-* relise ntière la lumière céleste et la nature; Ouvre les yeux, et regarde devant
toi » A ces mots, Diana, se dé-
l>arrassant de son voile , place Alphon*sine en face de l'allée d'orangers j Alphonsine fait un cri de surprise et d'admii^tion ; sa mère aussitôt, la soutenant dans ses bras, la fait retourner de l'autre côté , et lui mpntre à la fois la vallée, le fleuve, la forêt, et le soleil levant... Alphonsine, éblouie, transportée, tombe à genoux; son premier mouvement fut de risndre hommage à la majesté suprême } ^e second fut de se jeter sur le sein;d^ sa mère. Les larmes les plus pures delà piété reconnoissante et de l'amour filial inondoient son visage.
Diana ne. reg ardoit qu'elle ; c'étoit dan
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les yenx enchantés de sa fiUe qu'cUe retroQvoît tout son bonheur et qu'elle croyoit revoir les cietuc.... Alphonsine releva la tète en joignant les mains avec nne expression passionnée ^ et en se retournant vers le soleil; Diana fixe alors ses regards sur cet astre éclatant y qui n'a brillé sur sa tête que dans lés premiers jours de sa jeunesse, w Ah! s'écria* t-elle^ ma fille peut donc enfin contem«^ pler ce spectacle enchanteur!... O Dieu bienfaisant! poursuivit-elle^ daigne fixer à jamais dans le cœur de cette innocente créature tous les sentimens dont elle est pénétrée en cet instant ! Que là vue de tes chefs-d*œtrvre n'excite jamais en elle que des sensations aussi phares ; que rhabitude du bonheur et la jouissance de tes dons ne puissent qu*augmen* ter dans son âme la gratitude et l'adoration qui te sont dues!... — O ma tendre
mère, dit Alphonsine, que j'étois loin de Ij me faire une idée dé la puissance et de j la bonté divine!... Avec quelle sincérité i je vais prononcer les vœux de mon bap-
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téme y et renoncer aua: pompes de sa^ tan et du monde ! Eh ! quelle pompe humaine peut égaler celle qui nous environne !.... » En disant ces paroles^ A1-* phoDsine ne pouvant plus soutenir l'éclat des rayons du soleil ^ tourna ses yeux pour les reposer sur Tavenue 4e fleurs ; Diana lui dit qu'il éloit temps de st rendre à l'église y et toutes les deux se mirent en marche. Alphonsine, guidée par l'odeur des roses y voulut voir enfin sa fleur bien*aimée ; elle s^approcha dW rosier y et contempla avec ravissement cette fleur éclatante^ si chère à son sou^ venir. Appelée par Diana ^ elle la suivit ^ mais en s'arrêtant à chaque pas pour admirer les diverses fleurs semées i^vec profusion sur son chemin^ et pour sentir leur parfum. Elle aperçut pour la première fois de brillans papillons couleur de pourpre et d*aaur, qui voltigeoientsur les arbustes : elle les prit d'abord pour des fleurs animées qui s'échappoient de leurs tiges ; car elle pensa que cet air si vif et si pur qu'elle respiroit^ pouvoit
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leur donner le mouvement et la vie.
Elle éprouva la même surprise en voyant des oiseaux ; mais bientôt toute son attention se porta sur la façade de Tiéglise:
à mesure qu'elle en approchoit. , un profond respect rèligieiix la, rendoît p«u. à peu silen<^euse: et recueiUîie. . Le csiré vint : recei^ioîr Diana à la porta .de rëglise^^il étoit suivi ^e son clergé^ revêtu comine Jui de/superbes habite -.écla^ tâns de broderies d'or et d'argent, pieuse oârapde que Diana leur a Voit envoyée la veille. /En enti^ant' dçtns cet édifice sacré ^ Alphonsine éprouva un saisissement qui la rendit un instant im*mobile^ Cette église^ :vas^te et majestueuse, étoit ornéf , dans toute son étendue, de guirlandes d^ lis et de roses.
Chacun; de ces. festons dç fleurs étoit ratfeaj^hé par un gros globe de cristal de couleur, contenait uqe bçugie aUuqiée; une multitude de cierges éclairoiisot le maitre-autel, nouvell^ement doir^, couvert de fleurs, et sur lequel le Sain^trSacrement étoit exppsé. Yingt- quatre en-
fans vêtus de blanc ^ avec des ceintures bleties et argent , encensoient l'autel.
Lorsqu'Alphonsine entra dans le chœur, elle tressaillit; elle éntendoit les sons éclatans de l'orgue. Alors les jeunes énfans chantèrent avec douceur et justesse le F^eni Creator. Alpbonsine crut être admise au concert céleste des anges. Janiais la pieté des saints même n'a pu être plus exaltée y plus tendre y que ne le fut la sienne dans ce moment. Instruite des mystère de la religion^ elle se trouvoît pour la première fois de sa vie dans le sanctuaire du vrai Dieu, avec toute son innocence et toute sa raison : le spectacle de la nature, qui venoit tout à coup de se dévoiler à ses yeux, étoit tout à la fois pour elle i^ne découverte merveil^ leuse , et la preuve la plus frappante des vérités religieuses. Sa foi s'étoit accrue . encore par son admiration au milieu de tant de prodiges , qu'elle n'ignoroit pas que la science humaine ne sauroit expliquer. Son - esprit recevoit sans obstacles toutes les clartés
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divines de la révélation ^ et les mystères de la religion lui paroissoient beaucoup moins étonnans^que ceux de la nalure.
Le curé la conduisit vers un confessionnal. Alphonsine approcha du tribunal de la pénitence avec l'àme, la figure d'un ange , et le maintien , le repentir d une humble pénitente. Elle se répëtoit (et malgré sa pureté ^ avec raison j»ans doute) qu'elle n'avoit jamais assez aimé l'Être étemel , créateur de l'univers^ rédempteur et bienfaiteur des hommes. Avec un cœur palpitant d'amour et de reconnoissance, elle versa des pleurs amers ^ f n s'accusant de tiédeur et d'ingratitude ••... 9 et elle reçut Fabsolution avec toute la joie que peut inspirer la grâce inespérée la plus précieuse.
Le curé invite ensuite Alphonsine à le suivre^ et la conduit vers les fonts baptisnfiaux; la comtesse, Inès, Dazeli et leur suite y venoient d'entrer dans l'église : on se range autour du baptistère. Diana n'osant, dans un lieu si saint et devant
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tant de tëmoins^ se moritrer comme mère, se couvre de son voile, et se place, en soupirant, àFëcart, à quelques pasde sa fille. Lacérémonie commença; tous les yeux étoient attachés sur Alphoosine : oh ne T^^^oit jamais vue si touchante et si belle. Sa figure angëlique avoit quelque chose de solennel, qui joignoit à son charme naturel une dignité céleste. Elle prononça les vœux de son baptême avec enthousiasme ; et après avoir promis de renoncer aux pompes mondaines, tout à coup elle détacha . précipitamment sa ceinture et son collier de perles et d'émeraudes, et ensuite elle se retourna vers sa mère, comme pour la consulter. Diana, devinant son dessein , fit un signe d'approbation; alors Alphonsine , mettant un genou; en terre , et présentant au curé cette magnifique parure : a Mon père , lui dit-elle, bénissez cette offrande, afin quelle, soit déposée pour jamais sur Tautel du Seigneur. » Elle fît cette action
avec une simplicité et une expression
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qui attendrirent vivement tous lei spectateurs. Durant cette cére'monîe, Diana, inondée de pleurs , se repréeentoit cett€ nuit d'un immortel souvenir , où venant de recevoir sa fille , et la pressant contre son sein , elle avoit elle-«iéme imprimé sur sa tête le sceau sacré du cfaristîa* nîsme. Elle pensoit avec délices que c étoit elle qui avoit assuré son salut ; elle demandoit avec ardeur à Dieu de cultiver dignement cette ânae si belle et si pure , en disposant tellement ses impressions , que par la suite les séductions ordinaires du vice ne servissent jamais qu'à la rappeler a la vertu.
Après le baptême , le curé conduit Alphonsine vers le grand -autel. Alphonsine , transportée de joie , et néanmoins troublée , interdite ^ respirant k peine , s'avance les mains jointes. Le curé lui montre le Saint*- Sacrement.
C'est avec un saisissement inexprima* ble y et le plus profond sentiment d'bumilité, de reconnoissance et d'adoration y qu'elle ose fixer ses regards sur
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le cristal qui reaferme ie Sauveur des hommes 9 et le Créateur des deux et de l'univers.... Tel que l'Ëcriture nous peint les anges, brûlans d'amour et tremblans de respect autour du trône de TËternel ; telle Alpfaonsiue , pénétrée dune sainte frayeur , adore et tremble en apercevant le soleil d'or qui contient l'hostie consacrée....; km âme innocente et pure y pal* un essor sv^ Mime y s'élevant au «dessus de rhuma** nité^ conçoit une idée distincte de la majesté divine.. ... Cette pensée fut ra« pide ; quel mortel auroit assez de force d'imagination pour s'y fixer et pour
l'approftHidifr ? Alplionsine ne peut
soutenir l'éclat de cette lumière sumatu* relie , elle baisse les yeux , et , terrassée d admiration , elle ne sent plus que le besoin de s'humilier dans la poussière; elle se prosterne , elle étend ses bras sur le marbre, et ses pieuses larmes mouil* lent les marches de l'autel.
Cependant on lui dit qu'il faut se rendre cfaee le curé ; elle se relève , on
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la guide. Lorsqu'elle futiiorsderégllse, elle se précipita dans les bras de sa mère^ comme pour se féliciter avec elle de tout le bonheur dont elle jouissoit.
On visita avec intérêt la maison du curé, qui, placée derrière 1 église, étoit par conséquent dans la même. situation que cet édifice. On découvroit de son salon les prairies et les chaumières de sa paroisse; de l'autre côté, les fenêtres de son oratoire donnoient sur la partie sauvage de la montagne ; là il pouvoit se livrer à la méditation, tandis qu'à l'autre, extrémité de sa maison, il.dominoit sur les villages et sur les champs :
digne pasteur, heureusemeat placé entre la solitude et son peuple , il cherchoit , il trouvoit Dieu dans le désert,. et il pouvoit d'un coup-d'œil veiller sur le troupeau nombreux et docile confié à ses soins et à sa vigilance.
. Il avoit préparé une élégante collation, composée d'excellent laitage et des plus beaux fruits de ^a saison; mais Alphousine ne se mit point à table, elle
vola veï!S w»e fenêtre quelle vit ouverte ; rien ne put Ten arracher , ni la dktraîre de la contemplation d'une vite si ravissante.
On ypultft retOKimer au château avant que le soleil eût pris toute son ardeur; Diana ^ la comtease.^ Alphonsine^ Inès et 'Daseli.^ rae^tèccoatt ensemble dans une ealècfae oiftverte des cotés, et l'un {H'it le chemin du dhàteau. Alphonaine, durant cette cousrse 9 i^ie montara «pas la m^iûdre frayeur ; Je icœur trop délicat de Diana en fut ofiensé en secret ; elle se rs^peloit que ses caresses et ses dis*cours^ pendant le trajet An château à la montagne , n avaient pu distraire ou rassurer sa fiUe , et elle voyait que des aiibres et des fleurs lui faisoient oublicar liimtes ces craintes si vives ; et y pour Sfwrcroît de peine, elle se reprochoit de ne partager qu'à demi dans ce momeut Ja joie et le bonheur d'Alphonsine.
Ah ! plaignons les foiblesses mater*nelles I Une mère n'est jamais injuste^
^rs même qu elle est déraisonnable ;
in. 7
J2 ÀLPfidNaiNS.
vans. » Une heure après cet eaAretieii ^ Alphonsioe eut un bouquet de rociea^ fait' par sa mère^ et dont toutes le& épktes furent otées avee aoin, aiin4e lui £Kiie«a vafipeler les roses de la caverne.