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A côté de principes susceptibles de déterminer dés oxydations, les êtres vivants, et en particulier les plantes, renferment des ferments solubles qui peuvent produire des hydratations ou Lydrolyses. Certains de ces ferments solubles agissent sur des sucres; tels sont l’énvertine ou sucrase, a maltase, la lactase, la tréhalase, Va gentiobiase ; d'autres s’attaquent à des polysaccharides de poids moléculaire élevé, qu'ils transforment en sucres simples; tels sont l'inulase, l'amylase, les cytases, la pectinase, la séminase. Parmi les ferments hydrolysants des glucosides, on peut citer l’émulsine, la myrosine, la gaulthérase, la rhamnase. Les ferments protéolytiques, comme la pepsine, la trypsine, la papaïne, désagrègent les matières albuminoïdes. Les lipases qui dédoublent les matières grasses sont très répandues dans les graines à albumen huileux. La présure, ferment coagulant, se retrouve chez un très grand nombre de végétaux.
Dansla plante même, l’action des ferments solubles s'exerce pour le plus grand profit de l'organisme qui les sécrète. Ils constituent des moyens d'action excellents en vue de la consommation, au moment du besoin, des aliments mis antérieurement en réserve. Leur action est intermittente, adaptée aux nécessités de la nutrition. À la mort de l'organisme, les ferments solubles ne sont pas détruits, mais leur action n'est plus dirigée, n'est plus réglée en vue d’un but déterminé ; si les circonstances sont favorables, elle s'exerce alors d’une facon continue et détermine ainsi des modifications profondes dans la composition chimique de l'organisme tout entier.
À l’heure actuelle, ces faits sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'insister sur leur importance. On sait maintenant quelles différences capitales de composition peuvent se rencontrer entre un organe végétal frais et le même organe préalablement desséché ; il suffit de citer, comme exemple, un cas qui à été bien étudié à ce point de vue, celui de ls racine de gentiane (1).
Ace point de vue, les modifcétions chimiques qui se pas-
(1) En. BouRQUELOT et H. HÉrissEy. — Recherches sur le gentianose: Ann. Chim. Phys., [7], XX VII, 1902. .
TANRET. — Contribution à l'étude de la gentiane ; Those méd., Paris, 1905.
Ro sent pendant la dessiccation des drogues simples nous apparaissent comme très importantes ; et leur étude, pour chaque cas particulier, mériterait d'être l’objet de recherches méthodiquement poursuivies.
Nous n'avons pas ici à envisager la dessiccation des drogues. Les quelques notions qui. précèdent sont cependant utiles à retenir. En effet, pendant la préparation de certains médicaments, nous voyons entrer en jeu l'activité des divers agents fermentaires que la drogue a conservés intacts, malgré sa dessiccation, et qui, suivant la faveur des circonstances, détermineront des modifications chimiques plus ou moins profondes. Supposons, par exemple, qu’on veuille préparer à froid l'extrait aqueux d'une drogue contenant à la fois un glucoside et le ferment hydrolysant de ce derniér ; en présence de l’eau, l'enzyme agira sur le glucoside et suivant la durée du contact, suivant la température, suivant l’état d’acidité ou d’alcalinité de la liqueur, une partie seulement ou la totalité du glucoside pourra se trouver dédoublée. Si la colature aqueuse résultant du traitement par l'eau est ensuite évaporée à une température élevée, alors, le ferment sera détruit etil n'y aura plus lieu de s'occuper de son action ; mais si l’évaporation, comme cela se pratique le plus souvent dans l'industrie, est faite à basse température sous pression réduite, le ferment restera inaltéré dans le médicament et son action pourra toujours se manifester au gré des circonstances.
J'ai envisagé l'exemple d’un extrait résultant d'un macéré aqueux parce que, d'une facon générale, les ferments hydrolysants n'agissent pas dansun milieu notablement alcoolique. Comme on l’a dit plus haut, il en est tout autrement des oxydases.
Pour supprimer cette cause constante d’altération des médicaments résultant de la présence d'agents enzymotiques, BourqueLor (1) a indiqué un procédé très simple et tout à fait approprié, qui consiste à traiter les drogues par l'alcool bouillant.
(1) Ferments solubles oxydants et médicaments; Journ. de Pharm, el de Chüm., [6], LV, 4814, 4896. — Etude sur les altérations des médicaments par oxydation; Congrès international de médecine. Section de thérapèutique, 410, 1900.