‹ Altérations et Conservation Des Médicaments Chimiques et GaléniquesChapitre 21 sur 37 · CORTO0=CE · texte numérisé non relu

CORTO0=CE

2HBr + O — H20 + 2Br.

Contrairement à ce qui se passe avec le chloroforme, le bromoforme est décomposé par l'action seule de la lumière, et on constate la formation d'acide bromhydrique.

Il se fait d’abord la réaction :

CHBr3—CBr? -- HBr, et si le milieu n’est pas complètement sec, on a : CBr? + H20 —CO + 2HBr, | de sorte que, finalement, la réaction globale pourrait s’écrire : CHBr3 + H20 — CO + 3HBr.

Le bromoforme est donc encore plus altérableque le chloro-

MENT RES forme ; il doit être conservé dans des flacons jaunes, bouchés à lémeri, complètement pleins et placés à l'obscurité. On à reconnu que l'addition d'une petite quantité d alcool absolu favorise sa conservation.

L'iodo orme est un produit altérable à l'air et à la lumière, soit à l’état solide, soit en solutions alcoolique ou éthérée ; les solutions se colorent alors fortement en rouge brun, par suite de la mise en liberté d’iode. L'action décomposante de la lumière parait être limitée. G. Fceury (1) a admis que cette limitation devait tenir à ce que la liqueur se colorant fortement en rouge brun, comme la teinture d'iode, devait arrêter à la surface du liquide les rayons violets et ultra-violets et empêcher par conséquent l'action chimique de se poursuivre. Îl.a appuyé cette manière de voir sur l'expérience suivante :

De l'iodoforme dissous dans un mélange d’alcool et d’éther a été placé dans un matras de verre blanc, en contact avec un excès de poudre d'argent. Le matras a été exposé à la lumière solaire, tantôt directe, tantôt diffuse ; on agitait souvent pour faire combiner avec l'argent l’iode mis en liberté. Au bout de plusieurs Jours, le liquide ne se colorait plus. L'argent, mélangé d'iodure, a été recueilli sur un filtre taré, lavé à l’alcool et séché. On a trouvé ainsi que la quantité d’iode provenant de la décomposition de 1 gramme d’iodoforme s'élevait à 02,946 au lieu de 0#',966, quantité correspondant théoriquement à la décomposition complète, Si lon considère que liodoforme pouvait n'être pas absolument pur, il y a lieu de trouver les nombres suffisamment concordants pour permettre d'admettre que l’iodoforme est décomposé en totalité quand on prend la précaution de faire disparaître l’iode du champ de la réaction, au furetà mesure de sa mise en liberté.

J. Boucaurr (2) a montré que la présence de l'air, c'està-dire de l'oxygène, étaitabsolument indispensable pour permettre à la lumière de déterminer la décomposition de l'iodoforme ; celle-ci est un phénomène d’oxydation.

(1) Décomposition de l'iodoforme par la lumière; Jowrn. de Pharm. et de\Chim. 61-97; 1897:

(2) Sur la décomposition de l’iodoforme en solution ; Journ. de Pharm. et de Chim., [6], VILL, 213, 1898.

ScnoorL et van Dex BERG (mémoire cité) ont opéré sur l'iodoforme non dissous. Ils ont placé de l’iodoforme dans des ‘tubes de verre aussi bien purgés d’air que possible, et ils ont constaté ainsi qu'à la lumière solaire l’iodoforme ne subissait qu'une décomposition tout à fait insignifiante, due d’ailleurs aux traces d'air restant dans les tubes.

Ils ont étudié la décomposition de l’iodoforme sous Finfluence de l'air et de la lumière, et ils ont constaté qu'il s’agit bien d’une oxydation, qui est limitée par la quantité d'oxygène en présence. Dans tous les cas, qu'il y ait excès ou déficit d'oxygène, les produits de décomposition sont les mêmes ; on constate la formation d’iode, d'oxyde de carbone, d'anhydride carbonique et d'eau.

Sans nous arrêter aux réactions intermédiaires qui se passent sans doute dans cette décomposition, les réactions finales peuvent être formulées :

2CHB + 50 — 2C02 +- H20 -+ 61 (1) 2CHB + 30 — 2C0 + H20 + 6I (2)

la formule (2) représentant d'ailleurs la réaction principale,

Si l’on compare le chloroforme, le bromoforme et l’iodoforme entre eux, au point de vue de l’action qu'exerce la lumière solaire seule, on peut faire les remarques suivantes :

Le chloroforme n'est pas décomposé ; le bromoforme est décomposé avee formation d'acide bromhydrique et de dérivés bromés encore mal étudiés : l’iodoforme ne subit qu’une décomposition insignifiante due aux traces d'air qu'il est très difficile d’expulser complètement.

En présence de l'air et de la lumière, les trois médicaments sont décomposés et l’iodoforme donne les mêmes produits de décomposition, quelle que soit laquantité d'oxygène qui entre en réaction.

Enfin, sous l'influence combinée de l'air et de la chaleur, à 100°, à l'abri de la lumière, l'iodoforme se montre le plus facilement altérable ; le bromoforme subit une décomposition très peu marquée avec formation de brome et d'acide bromhydrique; le chloroforme ne parait pas altéré.

Le ditodoforme ou éthylène periodé, qui est très résistant vis-à-vis des réactifs les plus énergiques, comme l'eau régale,

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est cependant instable à la lumière qui le décompose en code et acétylène diiodé, composé très toxique sen une odeur désagréable et irritante.

L’essence de térébenthine officinale ou térébenthène gauche absorbe l'oxygène avec rapidité à latempérature ordinaire ; des acides apparaissent et le produit finit par se convertir en une résine solide. La présence de la lumière, le contact de divers oxydes métalliques accélèrent cette oxydation.

Avant de s’oxyder ainsi, le carbure contracte d’abord avec l'oxygène des combinaisons spéciales et transitoires, donnant à l'essence des propriétés oxydantes très remarquables, comparables à celles de l'ozone, que Scnæxsein, le premier, à bien mises en lumière ; l’essence de térébenthine peut ainsi déterminer l'oxydation progressive de certains composés sur lesquels l'oxygène de l'air serait incapable d'agir directement. En même temps que ces composés art spéciaux, il se produit de l’eau oxygénée (KixGzerr). Il se fait également du cymène par perte d'hydrogène.

Au contact de l’eau et de l'air, l'essence de térébenthine donne des cristaux de terpine hydratée.

Les essences, comme l'essence de citron, dans la composition desquelles entrent des hydrocarbures analogues au térébenthène, peuvent donner lieu à des altérations semblables qui se traduisent à la longue par une résinification plus ou moins profonde, rendant le médicament tout à fait inutilisable.

Le caoutchouc, qui est à peu près exclusivement constitué par des carbures camphéniques à poids moléculaire élevé, absorbe l'oxygène de l’air. Cette absorption est d'autant plus rapide qu’ellese fait sur une plus grande surface. Le caoutchouc perd ainsi son élasticité, se change en matières résineuses et devient impropre aux usages pharmaceutiques. La gutta percha est oxydée de même et devient cassante.

Alcools, phénols et dérivés.

L'alcool éthylique absorbe facilement l'humidité de l'air.

D'une facon générale, les alcools et leurs éthers doivent être protégés du contact de l'air humidequi peut hydrater et oxyder les premiers et saponifier les seconds.

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