‹ Altérations et Conservation Des Médicaments Chimiques et GaléniquesChapitre 22 sur 37 · EE · texte numérisé non relu

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Certains éthers, comme le cklorure de methyle et le ehlorure d'éthyle, nécessitent des dispositifs spéciaux pour leur conservation; ils entrent en effet en ébullition à des températures inférieures à la température ordinaire.

L'acétate d'éthyle se dédouble facilement et devient ainsi ortement acide, s’il n’est pas parfaitement desséché.

La lumière diffuse décompose rapidement l'iodure d'éthyle ; 1 se colore bientôt en rose par l'iode mis en liberté. Exposé directement aux rayons du soleil, il rougit en quelques minutes.

L'éther officinal s'oxyde au contact de l'air; il peut ainsi contenir de l'alcool vinylique et de l'eau oxygénée. Il est vraisemblable qu'il se fait d'abord du peroxyde d'éthyle (C*HS)‘O* qui n'est stable qu'en milieu anhydre et qui se décompose en présence de l'eau en alcool et eau oxygénée. L'eau oxygénée ainsi produite agit alors sur l’éther pour donner de l'alcool vinylique. ;

Le nitrite d'amyle est très altérable ; il faut le conserver dans des ampoules scellées, à l'abri de la lumière. Il se forme, au cours de sa conservation, des composés de nature aldéhydique, qui réduisent le nitrate d'argent ammoniacal.

L'isosulfocyanate d'allyle, incolore quand il vient d'être distillé, se colore en jaune quand on le conserve; sous l'action prolongée de l'air et de la lumière, il prend une couleur rouge brun et dépose des flocons jaunes, en même temps qu’il y a mise en liberté d'acide sulfocyanique.

Quand il est pur, le phénol ne se colore pas et ne subit aucune altération dans l'air sec, en présence de la lumière : il se liquéfie rapidement dans l'air humide.

Le thymol, cristallisé et pur, est inaltérable, mais la lumière décompose son dérivé iodé, l'aristol, avec mise en liberté d'iode.

* La résorcine prend graduellement une teinte rouge sous l'influence de l'air et de la lumière.

Le pyrogallol se colore aussi dans ces conditions: il est surtout très altérable en ‘solution aqueuse. Celle-ci absorbe lentement l'oxygène de l'air; en présence d'un alcali, la décomposition est immédiate.

La créosote qui se colore peu à peu en jaune, surtout à la

lumière, doit être conservée dans des flacons en verre Jaune, bien bouchés.

Comme l'acide pyrogallique, l'acide gallique est très oxydable; sa solution aqueuse brunit à l’air, en absorbant de l'oxygène.

L'oxyiodogallate de bismuth ou airol est inaltérable à la lumière, mais l’air humide le décompose peu à peu en le colorant en rouge.

Le tanin, même à l’état sec, se colore peu à peu sous l'influence de la lumière solaire. Ses solutions aqueuses brunissent peu à peu en absorbant l'oxygène de l'air; en outre, il s’y développe rapidement des moisissures qui provoquent le dédoublement du tanin de telle sorte qu’il apparaît dans ja liqueur, entre autres produits, de l’acide gallique et du glucose.

Aldéhydes et acétones.

La solution aqueuse d’aldéhyde formique parait assez stable, tant que sa teneur n’atteint pas 50 pour 100, ce qui est le cas du soluté officinal de formaldéhyde qui doit renfermer 35 parties d’aldéhyde pour 100. Toutefois, si on n’observe généralement pas la production de précipités dus à la formation de polymères solides, il doit cependant s’y produire certaines modifications essentielles. On constate en effet que la solution de formol ne réagit bien sur les hydrazones des sucres, en particulier sur la benzylphénylhydrazone de l’arabinose, que si elle est fraïichement distillée.

D'après les recherches de J.-W. ne Waar (1), la lumière serait sans action sur les solutions de formaldéhyde; il faut en tout cas éviter de conserver ces dernières à une its rature trop élevée.

On sait depuis longtemps que l’hydrate de chloral est décomposé par l'air et la lumière. Scnoorz et vax Dex BERG (mémoire cité), qui ont étudié les produits de cette décomposition, sont arrivés aux conclusions suivantes :

En présence d’un excès d'oxygène et par une insolation suffisante (32 jours d'exposition au soleil, de 10 heures à

(1) Pharm. Weckb, n° 70, 4907; d’après Ap. ZtG., XXH, 929, 1907.

3 heures et demie chaque jour), l'hydrate de chloral est entièrement décomposé d’après la réaction :

2CCB.CHO.H20 + 7 O0 — 4C0? + 3H20 + 6 CI.

Si le chloral hydraté est en excès, il y a formation d’anhydride carbonique, d'oxyde de carbone et d'acide chlorhydrique.

Dans des tubes vides d'air, sous l'influence de la lumière seule, on observe une décomposition partielle, avec formation d'acide chlorhydrique et d'oxyde de carbone.

L'Aydrate de chloral doit être conservé à l'abri de l'air et de lalumière. Il en est de même de nombreux dérivés du chloral, tel que l’Aypnal ou monochloralantipyrine, le chloralamide ou chloralformiamide, le chloralammonium ou alcool trichloroamidoéthylique, Yural ou chloraluréthane, le somnal ou éthylchloraluréthane. Le chloralimide est inaltérable à l'air, à la lumière et à l’humidité.

Le bromal se décompose vraisemblablement suivant des réactions analogues à celles observées avec le chloral.

Acides et sels organiques à bases minérales ; anhydrides d'acides.

L'acétate d'ammonium dissous exposé à l'air se dissocie peu à peu en perdant du gaz ammoniac et la solution primitivement alcaline devient acide.

Le sous-acétate de plomb liquide absorbe rapidement l’anbydride carbonique de l'air, en donnant un dépôt blanc de carbonate de plomb.

Le valérianate d'ammonium est très déliquescent dans l'air humide ; dans l'air sec, il se dissocie en perdant du gaz ammoniac, pour donner un sel acide, contenant trois molécules d'acide pour une molécule de base.

Au contraire, le valérianate de zinc perd lentement à l'air de l'acide valérianique, en se transformant ainsi progressivement en valérianate basique.

Les savons doivent être enveloppés de papier paraffiné et conservés dans un lieu sec. Le savon médicinal, qui a été préparé simplement par action directe de la lessive de soude sur l'huile d'amande, se recouvre d’efflorescences blanchâtres,

RO dues vraisemblablement à du carbonate de sodium, lorsqu'il contient un excès d’alcali ; s’il renferme au contraire de l'huile non saponifiée, il prend peu à peu une teinte jaune.

D'après le Codex, le benzoate de mercure doit être récemment préparé. On constate, en effet, qu’au bout d’un certain temps, ce benzoate cesse d’être complètement soluble dans la solution de chlorure de sodium. Cela tient sans doute au mode de préparation du produit ; je me suis assuré, en effet, que du benzoate de mercure, préparé par action de l'acide benzoïque en milieu alcoolique sur l'oxyde jaune de mercure, était encore entièrement soluble dans le chlorure de sodium, après plus de deux années de préparation.

Comme le valérianate, le benzoate d’ammonium, exposé à l'air, même en solution, perd de l'ammoniaque et se transforme en benzoate acide.

L’acide lactique officinal, abandonné à lui-même à la température ordinaire, bien qu'il contienne quelques centièmes d’eau, se change peu à peu en anhydride lactique où acide lactyllactique. Dans une atmosphère sèche, cette transformation se fait très rapidement.

Le lactate de strontium est inaltérable dans Fair sec. Il en est de même du lactate ferreux, lorsqu'il est bien desséché ; mais dans-l’air humide, ou er solution, ce sel se peroxyde très vite.

L'acide tartrique ne subit aucune altération dans l’air sec; mais ses solutions aqueuses sont facilement envahies par des Mucédinées, comme le Penicillium glaucum et le Sterigmatocystis nigra, pour lesquelles elles constituent un milieu de culture très favorable.

Le tartrate borico-potassique doit être enfermé dans des flacons bouchés. Ce sel, qui se dissout facilement dans l'eau froide au moment de sa préparation, devient quelquefois très peu soluble au cours de sa conservation (SOUBEIRAN) ; pour obtenir de nouveau le sel à l’état soluble, il faut le dissoudre dans l’eau chaude et évaporer la solution ; le résidu se redissout alors facilement dans l’eau froide.

Le tartrate ferrico-potassique doit être préservé de l'air et de la lumière ; cette précaution est encore plus importante

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