‹ Altérations et Conservation Des Médicaments Chimiques et GaléniquesChapitre 32 sur 37 · PER DIN SE EE · texte numérisé non relu

PER DIN SE EE

Lorsque ces préparations n’ont pas été faites dans des conditions d’asepsie complète, comme elles constituent d’excellents milieux de culture pour les bactéries, elles ne tardent pas à subir une véritable putréfaction qui y fait apparaitre des plomaïnes pouvant rendre leur emploi extrêmement dangereux. Si elles contiennent des germes pathogènes, ceux-ci peuvent se développer après l'administration du médicament et déterminer chez l'organisme qui fera usage de ce dernier les infections morbides correspondantes. Aussi, le Codex recommande-t-il de ne délivrer les ampoules qui contiennent des extraits organiques injectables « qu'après s’être « assuré qu'un certain nombre d’entre elles, prises au hasard « de la masse, ne donnent pas de culture après avoir « séjourné à l’étuve chauffée à + 37° pendant quarante-huit « heures » (1).

Les sérums liquides, lorsqu'ils ont été infectés au moment de leur préparation, sont toujours troubles, les germes s'étant généralement développés; ces sérums doivent être rejetés.

En dehors de ces altéralions résultant du développement des microorganismes, les diverses préparations physiologiques, extraits injectables, sérums, vaccins, subissent peu à peu, sans modification apparente, une diminution progressive de leur activité comparable à celle qui a été signalée pour les ferments solubles.

Cette altération est plus ou moins rapide suivant les médicaments considérés, suivant l’état des animaux qui les ont fournis, suivant les divers modes de préparation ou de conservation utilisés, etc. L'expérience seule permet de fixer les limites pendant lesquelles ces médicaments pourront être utilisés. « Le sérums thérapeutiques liquides, employés

(4) Il importe d'opérer à l’étuve et de ne pas se contenter d'un simple examen se bornant à constater que la préparation est restée limpide. II peut, en effet, exister dans des solutions médicamenteuses restées telles des germes vivants qui attendent, pour se développer, que des circonstances favorables interviennent. C’est ainsi que dans le so/uté de gélatine insuffisamment stérilisé, les spores du bacille du tétanos peuvent garder toute leur virulence : aussi, a-t-on constaté parfois des cas de tétanos survenus à la suite d’injections de solutés de gélatine préparées sans précaution suffisante.

« jusqu'à cé jour, conservent leurs propriétés au moins « pendant une année. » (Codex 1908.)

Le pharmacien ne peut faire plus que de placer ces médicaments dans les meilleures conditions de conservation possible, fixées par l'expérience : il doit les soustraire à l'action de la lumière et de la chaleur.

Formes pharmaceutiques diverses non encore étudiées.

Caustiques. — Le caustique au chlorure de zinc, «divisé en flèches ou en cylindres, doit être conservé dans un flacon contenant de la chaux vive ; en effet, il se liquéfie peu à peu à l’air humide. Le caustique de Vienne est conservé dans un flacon herméliquement bouché, ou mieux, dans des tubes à essai scellés à la lampe, de facon à éviter l'accès de l'humidité et de l’anhydride carbonique de l’atmosphère.

Le meilleur mode de conservation des crayons médicamenteux consiste à les enfermer isolément dans des tubes de verre convenablement. calibrés, que l’on peut boucher avec des bouchons ordinaires, des bouchons de caoutchouc ou des bouchons paraffinés, suivant la nature du médicament.

Les supposiloires et les ovules doivent, entre autres précautions, être préservés d’une température trop élevée qui pourrait déterminer leur fusion.

Les cigarettes doivent être conservées en lieu sec.

Nous n'avons envisagé dans ce travail que les formes pharmaceutiques les plus importantes et les plus usitées; celles qui n'ontpas été mentionnées ne sont pas susceptibles, d’ailleurs, de donner lieu à des observations spéciales. Leurs altérations et leur mode de conservation peuvent du reste facilement se déduire des diverses remarques faites anté-' rieurement; ainsi, en est-il des collyres, des collutoires, des gargarismes, des lotions, des lavements, etc.

Quels sont les signes qui permettent de reconnaitre qu'un médicament est altéré et doit être rejeté de la consommation pharmaceutique ?

Sil se produit des modifications de certaines propriétés

organoleptiques, des changements de couleur, d'odeur, de saveur, de consistance, etc., etc., on se rend compte facilement, après un examen superficiel, que le médicament s’est plus ou moins profondément altéré. Il en est de même si le médicament est envahi par des microorganismes dent le développement se traduit soit par des fermentations variées, soit par la formation de mycéliums ou de dépôts organisés, soit simplement par l’apparilion d'un trouble comme cela se passe avec beaucoup de bactéries.

Dans certains cas, au contraire, il n’y a aucune altération apparente, et cependant le médicament a perdu toute valeur thérapeutique, par suite de [a disparition de ses principes actifs. Lesaltérations apparentes (changement de couleur, ete.) ne sont donc pas, si l’on peut dire, parallèles aux altérations réelles. Par contre, en effet, un médicament dont certains caractères organoleptiques sont déjà profondément modifiés peut cependant, dans une certaine mesure, avoir conservé les propriétés qui le font rechercher pour l'usage thérapeutique.

En résumé, pour juger du bon état de conservation d'une substance médicamenteuse quelconque, drogue simple ou médicament composé, il n'y a qu'un moyen sûr, c'est la détermination, par des procédés appropriés, de sa teneur en principes actifs (1).

Lorsqu'ils'agit de médicaments (graisses, dissolvants, excipients divers, etc.) auxquels cette détermination n’est pas applicable, on en prend les diverses constantes chimiques et physiques et on compare les résultats obtenus avec les données fournies par l'examen du même produit récent et bien préparé. ;

Enfin pour certains médicaments très complexes, comme les électuaires, certaines huiles médicinales, certains extratts il n’y a guère que l'examen des propriétés organoleptiques, joint à quelques essais chimiques très sommaires, qui puisse nous servir de règle pour décider si le médicament doit être rejeté ou conservé.

(1) La nécessité de la détermination de la teneur en principes actifs des drogues et des médicaments au cours de leur conservation à été nettement formulée par Fimo. (Note sur les feuilles et les fleurs employées en pharmacie; Juurn. Pharm. et Chim., [3], XLI, 451, 1862.)

Il est impossible d'indiquer par des chiffres les durées de conservation des diverses formes médicamenteuses ; les altérations de divers échantillons d’un même médicament, comme nous l'avons vu pour les extraits, peuvent en effet être très différentes les unes des autres dans des conditions de conservalion en apparence identiques. Seul, l'examen attentif d’un médicament déterminé peut permettre de juger de la constance de ses propriétés thérapeutiques.

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