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2° Causes intrinsèques de nature biologique.
A. Causes d’altération intrinsèques de nature organisée.
Tous les médicaments — sauf ceux qui ont été préparés aseptiquement et ceux qui ont été stérilisés après leur préparation — contiennent des microorganismes ou des germes de microorganismes. Si l’on peut dire que, dans la plupart des cas, il s’agit d'agents venus de l'extérieur, il n’est cependant pas niable que, parfois, ces germes font véritablement corps avec le médicament lui-même. Ainsi en est-il des sucs de fruits qui contiennent naturellement, en grande quantité, des germes de Saccharomyces. Ces levures jouent même un rôle important dans la préparation du suc, mais, pour conserver ce dernier, il sera absolument nécessaire de les détruire ensuite par un traitement convenable, par exemple par la chaleur.
A défaut d'un tel traitement, les microorganismes restent vivants dans le médicament, comme cela se passe dans les pulpes et les sucs végétaux préparés à froid; c'est là en grande partie la cause réelle, quoique indirecte, de ce fait que ces derniers médicaments, par suite de leur conservation difficile, sont à peu près complètement tombés en désuétude.
Les médicaments, dans lesquels il entre des poudres végétales ou des amidons, peuvent contenir des œufs d'insectes ou d’acariens qui se trouvent dans la drogue primitive. Dans des circonstances favorables, les œufs pourront éclore; le développement de l'être qui en résultera entraînera ensuite l’altération et même la destruction plus ou moins complète du médicament.
B. Causes d’altération de nature biochimique.
I faut ranger dans ce groupe toute une série de causes d’altération des médicaments sur lesquelles l'attention des pharmaciens n’est attirée que depuis un temps relativement court.
On à vu plus haut qu'un grand nombre d'êtres organisés peuvent se développer dans les médicaments; ces êtres organisés sécrètent des /érments solubles ou enzymes de nature
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variée, dont l’action spécifique peut intervenir sur certains principes immédiats déterminés; ces derniers peuvent être ainsi modifiés suivant des processus variables, d’ailleurs, selon les ferments considérés.
Si on envisage, d'autre part, les médicaments préparés avec des êtres vivants ou des parties d'êtres vivants, en particulier avec des drogues d’origine végétale, on conçoit que les ferments solubles, qui sont partout répandus, doivent entrer souvent dans la composition même de ces médicaments. C’est bien là ce qui se passe en effet si les ferments ne sont pas détruits au cours des manipulations qui conduisent à l'obtention du médicament; ils restent alors pour ce dernier une cause constante d’altérations, susceptible d'entrer en jeu suivant le hasard des circonstances plus ou moins favorables qui interviendront.
L’addition aux médicaments de drogues, en apparence, les plus indifférentes, peut être ainsi une cause d’altération des plus importantes. On n’en saurait fournir de meilleure preuve qu'en rapportant certains faits observés depuis longtemps avec la gomme arabique et dont BourqueLor (1) a donné, il y a seulement quelques années,une explication satisfaisante.
Dans une traduction française d’un passage du Manuel de Pharmacie de GœrrzinG, d'Iéna, on trouve ce qui suit (2) :
.… «Des phénomènes inconnus, et jusqu’à ce jour inexpli- « qués, peuvent également compromettre le Pharmacien. Un « mélange de résine de gaïac, de gomme arabique, de sucre, « et d’eau de menthe poivrée, offrit, la première fois qu'on « le composa, une couleur d'un bleu grisâtre. On fit répéter « le médicament, et il devint sensiblement bleu ; peut-être « s’était-il établi, pendant la manipulation, un commence- « ment de fermentation et d'acidification. On sait que les « acides communiquent à la résine de gaïac:une teinte « bleuâtre. Cette teinte est surtout sensible lorsqu'on y « ajoute de l'esprit de nitre dulcifié. »
Il semble bien, d’après cette citation, que l’auteur ne ral-
(4) Les incompatibilités de la gomme arabique dues à ses propriétés oxydantes ; Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XIX, 473, 524, 1904. (2) Bulletin de Pharmacie, I, 220, 1809.